vendredi 3 décembre 2021

« Mon chien », le billet de Maurice Ulrich.



Qu’est-ce qu’une vie bonne pour les mortels ? C’est, selon Luc Ferry, la question centrale de la philosophie à laquelle il répond dans sa dernière chronique du Figaro intitulée « Une brève histoire de la philosophie », inspiré peut-être par cet humoriste à Paris qui nous annonce une histoire de la peinture en moins de deux heures. Là, c’est en cinq minutes. Donc, les hommes auraient d’abord voulu se mettre en accord avec le cosmos, puis avec Dieu, puis avec une pensée du devenir collectif de l’humanité, puis avec eux-mêmes et un peu avec les autres… Mais Luc Ferry va plus loin avec, dit-il, en héritage du christianisme, cet événement majeur que fut le mariage d’amour et la mise en harmonie de soi avec ceux que nous aimons ou pouvons aimer. Ainsi sommes-nous passés du cosmos, de Dieu et de l’humanité à une nouvelle transcendance, « celle de cette figure inédite du sacré qu’est l’être aimé ou possiblement aimé ». Moi, ma femme et mon chien fidèle. Ou bien il a quelque chose à se faire pardonner. 

 

jeudi 2 décembre 2021

« Récidive », l’éditorial de Sébastien Crépel dans l’Humanité.

 


La France va-t-elle vivre les cinq mois décisifs qui viennent sous la pression d’un délinquant récidiviste ? La question se pose avec une acuité redoublée alors que le candidat à la présidentielle en question vient d’ajouter à son passif d’individu raciste condamné par les tribunaux une nouvelle potentielle infraction, cette fois à la loi qui protège les droits d’auteur et de leurs ayants droit.

Non content de piller le répertoire des idées d’extrême droite, le polémiste néo-candidat s’est mis en tête de récupérer tous azimuts de grands noms de la culture française, qu’il dit chérir d’une passion qui n’a rien de réciproque. De Voltaire à Barbara, de Racine à Brassens, c’est à un rapt éhonté auquel chacun a pu assister pour le lancement de sa campagne aux accents vichystes et ultraréactionnaires. Et que dire des résistants, de De Gaulle à Jean Moulin, enrôlés pour des idées qu’ils ont combattues parfois jusqu’à la mort ?

Au-delà de cette bouffonnerie dont il vaut mieux rire, le sans-gêne de la démarche, son affranchissement de toutes les frontières de la décence font naître une inquiétude légitime quant au niveau de caniveau auquel la campagne peut rapidement descendre si on ne fixe pas des bornes pour empêcher cette pente mortelle. À la différence des États-Unis où un Trump a pu être élu à la faveur de la litanie de bobards et de provocations dont il a fait son fonds de commerce, tout n’est pas permis en France et c’est heureux, n’en déplaise à l’extrême droite. La loi établit les limites de la liberté d’expression ainsi que celles des emprunts aux artistes et auteurs pour empêcher leur dévoiement dans des buts malveillants. Fabien Roussel, le candidat communiste, a soulevé le premier la question de rendre inéligible une personne condamnée pour propos racistes. Aujourd’hui, des sociétés, des auteurs ou leurs descendants entendent porter en justice l’affaire de l’utilisation de leurs œuvres sans autorisation. Il va falloir que la République se positionne : transgresser la loi ou la servir, il faut choisir.

« Services », le billet de Maurice Ulrich.



La déclaration d’impôts, ce n’est pas toujours facile… Parfois, c’est vrai, il suffit juste de valider, en quelques clics, la déclaration préremplie. Mais, souvent, c’est plus compliqué et c’est pourquoi certains journaux et magazines donnent à leurs lecteurs de précieux conseils. Par exemple, il est en principe impossible, rappelle un de nos quotidiens, « d’alléger l’impôt sur les revenus de plus de 10 000 euros, en cumulant des réductions et des crédits d’impôt ». D’autant que si on emploie des salariés à domicile, par exemple, les 10 000 euros peuvent être très vite atteints. S’il faut, sinon, pour ne pas les dépasser, oublier de compter sur certains placements, on peut toujours en revanche choisir des investissements dans le cinéma ou vers l’outre-mer qui bénéficient d’un plafonnement majoré à 18 000 euros. Mais, en réalité, en s’y prenant bien, la réduction réelle, souligne un expert, peut atteindre de 40 000 à 60 000 euros… C’est aussi le cas pour les investissements dans les monuments historiques et quelques autres… C’est un plaisir de rendre service aux lecteurs.

 

Assemblée nationale. Une loi pour que les citoyens s’emparent des biens communs.



Aurélien Soucheyre

La question s’impose partout dans le monde. Pourquoi la propriété et la gestion de biens aussi essentiels que l’eau, l’énergie ou les médicaments seraient-elles laissées à des groupes privés et au marché ? Un texte de loi examiné ce jeudi apporte une réponse.

Lorsque la première vague de Covid s’est abattue sur la France, certains ont pu croire qu’Emmanuel Macron avait vu un bout de lumière. « Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens, et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché », s’exclame alors le président de la République. Nous sommes en mars 2020. Depuis, plus rien ou presque. Le chef de l’État a repris sa marche au service d’une finance vorace et déconnectée des besoins réels. Mais cette phrase a retenu l’attention du député communiste Pierre Dharréville, qui présente, ce jeudi, à l’Assemblée nationale, une proposition de loi visant à protéger les « biens communs ».

« Nous avons tout un monde à nous réapproprier et à partager de façon équitable. Il y a urgence à construire la société autrement qu’autour d’un grand mouvement de privatisation et de marchandisation des ressources et des services. Sans commun, sans protection des biens communs, nous courons à notre perte, nous n’avons d’ailleurs qu’une seule planète », mesure l’élu, qui a lancé un « inventaire des biens communs » dans sa circonscription des Bouches-du-Rhône dès le début de son mandat.

Le besoin de propriété collective

Il n’est pas le seul à se pencher sur cette question. Partout, dans le monde, des mobilisations se font jour contre l’accaparement de l’eau, des terres, des infrastructures et des savoirs par quelques-uns, au détriment du plus grand nombre. « Le sujet d’actualité majeur qui entre en résonance avec ma proposition, c’est bien sûr celui des vaccins contre le Covid. Les grandes puissances s’avèrent incapables de se rassembler pour faire pression et obtenir la levée des brevets ainsi que le partage des vaccins avec l’ensemble de l’humanité, alors qu’il s’agit de biens communs par essence », insiste le parlementaire. À ses yeux, le monde fait aujourd’hui face à un « processus d’absolutisation de la propriété privée, qui se retourne plus que jamais contre l’intérêt général », et qu’il convient de rompre au plus vite.

C’est aussi l’absence de propriété collective des ressources énergétiques et des moyens de production qui a participé cette année à une explosion historique des prix du gaz et de l’électricité. Et c’est encore la volonté que les services publics ne soient plus gérés comme des biens communs mais comme des secteurs à privatiser avec des salariés à exploiter qui conduit l’exécutif à dépecer l’hôpital public et fermer des lits, sans s’assurer de l’égal accès aux soins de tous sur l’ensemble du territoire.

Créer un statut dans le Code civil

Mais que propose la loi de Pierre Dharréville ? « Elle est en deux parties. Il s’agit d’abord d’intégrer un statut et une définition des biens communs dans le Code civil », explique l’élu, qui propose ici de compléter l’article 714. Celui-ci affirme déjà qu’ « il est des choses qui n’appartiennent à personne et dont l’usage est commun à tous. Des lois de police règlent la manière d’en jouir ». Le parlementaire PCF incite à ajouter cet alinéa : « Le statut de bien commun peut être attribué à des biens matériels ou immatériels, quel que soit leur régime de propriété, au regard de leur destination commune, de l’usage collectif qui en est ou pourrait en être fait, de leur caractère de ressource nécessaire à toutes et tous, des droits fondamentaux qui peuvent s’y rattacher, de l’histoire collective qui a permis leur constitution, ou encore d e leur caractère de rareté et de leur caractère patrimonial remarquable eu égard aux menaces qui pourraient les mettre en danger. »

Et pour la deuxième partie de la loi ? « Il s’agit ici d’utiliser la saisine citoyenne du Conseil économique, social et environnemental (Cese) à travers une pétition, afin d’attribuer ce statut à tel ou tel bien. Un conseil citoyen est ensuite installé afin d’organiser la gestion et la protection de ce bien. » Si la loi était votée, de telles démarches pourraient être lancées aussi bien pour l’eau que pour les barrages électriques, les bâtiments patrimoniaux, les forêts et les rivières, les moyens de production, les autoroutes, les médicaments, etc.

« Je n’ai pas voulu créer un nouveau régime de propriété, ni fournir une liste de biens communs clés en main. Ce que je propose, c’est de créer un mécanisme d’appropriation sociale et démocratique des biens communs, afin que les citoyens s’en emparent eux-mêmes, un par un, et décident quoi faire et comment gérer les biens en question », développe Pierre Dharréville. Le député se dit persuadé qu’un tel outil peut « enclencher de fortes dynamiques collectives », et que « la République elle-même peut se refonder autour d’un grand mouvement de réappropriation des biens communs et d’interrogation de la notion de propriété ».

« LaREM n’y est pas favorable »

Si elle a été « pensée pour être raisonnable et adoptée », y compris par une majorité LaREM à l’Assemblée, la réforme défendue par les députés PCF a été repoussée en commission. « Le groupe LaREM n’y est pas favorable. Ce texte qui vise à apporter des modulations législatives au droit de propriété est juridiquement inopérant et litigieux au regard de la Constitution », a argumenté la marcheuse Émilie Guerel. « Je ne trouve pas très défendable d’empêcher la mise en place d’un processus d’intervention citoyenne. Mais je ne suis pas surpris que les défenseurs de l’ordre néolibéral établi trouvent insupportable de chercher à mettre un terme à la privatisation du monde », répond Pierre Dharréville. Reste à savoir ce que votera l’Hémicycle, ce jeudi.

Du bon et juste usage de l’eau

L’eau, indispensable à toute vie : sa mise sous protection et son juste partage en tant que bien commun sont rendus d’autant plus nécessaires que sa rareté augmente avec le bouleversement climatique. Au Brésil, en Argentine et au Paraguay, l’état d’urgence hydrique a ainsi été déclaré ces derniers mois. Avec des conséquences en cascade sur l’agriculture, la pêche, la production d’électricité ou encore le transport fluvial. « Quand il n’y a plus d’eau dans les nappes phréatiques, le facteur de la consommation et du bon usage de l’eau entre en compte », précise, à Reporterre, Christopher Carlos Cunningham, du Centre brésilien d’alerte et d’observation des désastres naturels.

 

mercredi 1 décembre 2021

« Danger : haine », l’éditorial de Stéphane Sahuc dans l’Humanité.

 



Jusqu’où peut-on jouer avec la haine ? La candidature d’Éric Zemmour pose la question. La provocation et l’outrance du personnage font ressurgir d’une manière complètement décomplexée les vieux ressorts des discours de l’extrême droite collaborationniste que même Le Pen n’avait pas réussi à réhabiliter. À la complaisance médiatique inédite, qui permet à ce personnage d’occuper les antennes à longueur de temps tout en dénonçant un « politiquement correct » fantasmé, s’ajoute une complicité politique qui vise à en faire un accélérateur de l’extrême droitisation du paysage politique. L’objectif : présenter Emmanuel Macron comme le meilleur rempart à cette vague brune.

Laisser Zemmour être candidat comme si de rien n’était, accepter de lui ouvrir toutes les antennes, assumer d’extrème-droitiser le discours comme le font les candidats LR participent de cette construction politicienne. Et cela fait peser des risques extrêmement lourds à la société. En acceptant, voire en légitimant, que des individus comme Éric Zemmour dégradent en toute impunité la conscience d’un pays, on ouvre la porte au pire.

Les vidéos appelant explicitement à liquider des personnalités de gauche comme Jean-Luc Mélenchon ne sont pas de simples provocations. Une partie de l’extrême droite encouragée par la reprise du pire de ses idées à des heures de grande écoute se sent autorisée à menacer physiquement ceux qui ne pensent pas comme elle. Certains sont même prêts à passer à l’acte. CNews n’en a pas fait ses gros titres mais l’arrestation, ces derniers jours, de militants identitaires qui disposaient d’un véritable arsenal prouve que la France n’est pas à l’abri d’un Christchurch. Il y a deux ans, Brenton Tarrant, qui a ouvert le feu sur des musulmans dans cette ville de Nouvelle-Zélande, faisant 51 victimes, avait reconnu être un adepte du « grand remplacement »… Pseudo-théorie fumeuse dont le candidat Zemmour a fait son bréviaire.

Alors, non, la candidature d’Éric Zemmour n’est pas une candidature comme les autres. Et il est temps de donner un coup d’arrêt à ce sentiment d’impunité qui permet d’inciter à la haine de l’autre en toute tranquillité. C’est en ce sens que la résolution portée par Fabien Roussel de rendre inéligibles les personnes condamnées pour provocation à la haine raciale corrige une dangereuse anomalie démocratique.

« Vidéo », le billet de Maurice Ulrich.



Le variant Z est une vraie saleté qui a diffusé très vite, même s’il semble marquer une pause. Il résulte de multiples mutations. Anti-dreyfusards, ligues factieuses des années 1930, émules de Charles Maurras, antisémite pathologique et animateur de l’Action française, soutiens de Pétain et adeptes de la collaboration, nostalgiques des colonies, racistes, homophobes et misogynes pour qui les femmes sont la récompense de l’homme et le repos du guerrier. Ce sont depuis plus d’un siècle ses différentes constituantes, complémentaires et cumulatives. Il tente de se répandre par tous les moyens. Le livre, la parole, et même hier par la vidéo. On crut, en lisant la une du Figaro, que c’est contre cette contagion que le journal mettait en garde les plus fragiles : « De plus en plus jeunes, sans contrôle ni limites, les mineurs ont accès à des vidéos aux effets dévastateurs. » Bien dit, mais non. En fait, il s’agissait d’un article sur la pornographie en ligne. « Instituteurs, magistrats, psychologues sonnent l’alarme sur cette pornopandémie… » Avec le variant Z, que faire de la pornopolitique en ligne ?

 

Santé. Vaccin contre le sida, pourquoi la recherche patine.

 


Alexandre Fache

Alors qu’un an a suffi pour mettre au point des sérums contre le Sars-CoV-2, il n’en existe toujours aucun contre le VIH, découvert en 1983. La faute à un virus plus complexe, plaident les chercheurs, qui voient dans l’ARN messager « un espoir ».

Pourquoi, après plus de trente ans de recherche sur le sida, aucun vaccin n’a pu être mis au point contre le VIH, alors qu’une année à peine a suffi pour produire plusieurs sérums contre le Covid-19 ? Alors qu’est organisée, ce mercredi 1er décembre, la Journée mondiale de lutte contre le sida, la question est dans toutes les têtes, des plus éminents chercheurs jusqu’aux simples citoyens. Si la cinquième vague de Covid déferle sur l’Europe et si le variant Omicron présente désormais « un risque mondial très élevé », ​​​​​​​selon l’OMS, il est à craindre que l’ensemble des projecteurs soient à nouveau braqués sur le seul Sars-CoV-2, faisant oublier d’autres menaces sanitaires. Pourtant, même si les traitements contre le VIH ont connu d’immenses progrès, ils ne sont pas disponibles partout, et le sida continue de tuer massivement : 680 000 personnes dans le monde en 2020 – contre 1,8 million de décès officiellement imputés au Covid sur la même période, voire 3 millions, selon une estimation de l’OMS.

Parvenir enfin à mettre au point un vaccin contre le sida constituerait donc une avancée majeure, mais l’affaire n’est pas simple. Depuis des décennies, les équipes de recherche mobilisées se cassent les dents sur la « complexité » du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), mis au jour en 1983. « On n’a toujours pas identifié la réponse immunitaire qui empêcherait l’entrée du VIH dans l’organisme, ou qui permettrait de l’en faire sortir », résume Christine Rouzioux, professeure émérite de virologie à la faculté de médecine de l’hôpital Necker et membre de l’équipe ayant découvert le VIH, couronnée du prix Nobel de médecine en 2008. « Alors qu’avec le Covid, poursuit la chercheuse, le système immunitaire produit tout seul une réponse forte, localisée, qui permet d’éradiquer le virus. Il suffit de susciter cette réponse par la vaccination pour être protégé. C’est beaucoup plus simple. »

Chef du service des maladies infectieuses et d’immunologie clinique de l’hôpital Henri-Mondor (Créteil), Jean-Daniel Lelièvre confirme cette « inégalité » entre les virus : « On guérit naturellement du Covid, pas du sida. Avec le VIH, on n’a donc pas de mécanisme à copier. » Autre problème : la capacité du virus à muter, beaucoup plus importante avec le VIH. « Or, plus un virus est divers, plus il est difficile de s’en protéger. Même si on a vu les variants du Sars-CoV-2 s’accumuler, on est capable de stimuler des anticorps protecteurs contre plusieurs de ces variants. Ce n’est pas le cas avec le VIH, aux mutations trop nombreuses », explique Jean-Daniel Lelièvre.

« C’est une nouvelle porte qui s’ouvre »

Par ailleurs, l’impression que les vaccins contre le Covid ont été conçus en quelques mois est trompeuse. « Cela fait vingt ans que des recherches sur l’ARN messager sont menées et le concept, fragile au départ, a été amélioré petit à petit. Si on utilise aujourd’hui cette plateforme avec succès contre le Covid, c’est grâce à ce travail de long terme », rappelle Christine Rouzioux, également présidente de l’association Arcat/le Kiosque. Cette même plateforme pourrait-elle être utilisée contre le sida ? « Ça relance l’espoir, des labos s’y intéressent, mais cela prendra du temps », prévient Christine Rouzioux.

« C’est une nouvelle porte qui s’ouvre », estime Gilles Pialoux, chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Tenon. En août, le laboratoire Moderna a annoncé le lancement d’un essai clinique de phase 1, pour un vaccin à ARN messager contre le sida. «  De 2010 à 2015, un total de 526,6 milliards de dollars a été dépensé au niveau mondial pour soigner, traiter ou prévenir le VIH, ce qui représente un fardeau financier significatif », avait plaidé le labo, pour justifier son engagement. « C’est une des pistes intéressantes, mais qui n’aboutira pas avant plusieurs années, tempère Jean-Daniel Lelièvre. Car, après l’échec des précédents essais, on est reparti de zéro. »

Dans cette course, les milliards mobilisés contre le Covid sont-ils susceptibles de faire défaut à la recherche sur le sida ? « Il y a un manque d’investissement criant dans ce domaine, car le marché est aujourd’hui très faible pour les groupes pharmaceutiques », analyse Nicolas Manel, directeur de recherche à l’Inserm. « Quand on met un euro en France sur cette recherche, les États-Unis en mettent cent », regrette aussi Jean-Daniel Lelièvre.

Retrouvez en pages 12 et 13 notre débat sur la recherche contre le VIH.

France : dépistage en baisse

En 2020, le nombre de découvertes de séropositivité du VIH a fortement baissé en raison d’une diminution du dépistage liée à la pandémie de Covid-19, souligne Santé publique France, mardi. Il y a eu, l’an passé, 4 856 découvertes de séropositivité VIH, soit une diminution de 22 % par rapport à 2019. L’activité de dépistage du VIH, qui avait augmenté entre 2013 et 2019, a, elle, diminué de 14 % entre 2019 et 2020.