Qu’est-ce qu’une vie
bonne pour les mortels ? C’est, selon Luc Ferry, la question centrale de la
philosophie à laquelle il répond dans sa dernière chronique du Figaro intitulée
« Une brève histoire de la philosophie », inspiré peut-être par cet humoriste à
Paris qui nous annonce une histoire de la peinture en moins de
deux heures. Là, c’est en cinq minutes. Donc, les hommes auraient d’abord
voulu se mettre en accord avec le cosmos, puis avec Dieu, puis avec une pensée
du devenir collectif de l’humanité, puis avec eux-mêmes et un peu avec les
autres… Mais Luc Ferry va plus loin avec, dit-il, en héritage du christianisme,
cet événement majeur que fut le mariage d’amour et la mise en harmonie de soi
avec ceux que nous aimons ou pouvons aimer. Ainsi sommes-nous passés du cosmos,
de Dieu et de l’humanité à une nouvelle transcendance, « celle de cette
figure inédite du sacré qu’est l’être aimé ou possiblement aimé ». Moi, ma
femme et mon chien fidèle. Ou bien il a quelque chose à se faire
pardonner.
vendredi 3 décembre 2021
« Mon chien », le billet de Maurice Ulrich.
jeudi 2 décembre 2021
« Récidive », l’éditorial de Sébastien Crépel dans l’Humanité.
La France va-t-elle vivre les cinq mois décisifs qui viennent sous la
pression d’un délinquant récidiviste ? La question se pose avec une acuité
redoublée alors que le candidat à la présidentielle en question vient d’ajouter
à son passif d’individu raciste condamné par les tribunaux une nouvelle
potentielle infraction, cette fois à la loi qui protège les droits d’auteur et
de leurs ayants droit.
Non content de piller le répertoire des idées d’extrême droite, le
polémiste néo-candidat s’est mis en tête de récupérer tous azimuts de grands
noms de la culture française, qu’il dit chérir d’une passion qui n’a rien de
réciproque. De Voltaire à Barbara, de Racine à Brassens, c’est à un rapt éhonté
auquel chacun a pu assister pour le lancement de sa campagne aux accents
vichystes et ultraréactionnaires. Et que dire des résistants, de De Gaulle à
Jean Moulin, enrôlés pour des idées qu’ils ont combattues parfois jusqu’à la
mort ?
Au-delà de cette
bouffonnerie dont il vaut mieux rire, le sans-gêne de la démarche, son
affranchissement de toutes les frontières de la décence font naître une
inquiétude légitime quant au niveau de caniveau auquel la campagne peut
rapidement descendre si on ne fixe pas des bornes pour empêcher cette pente
mortelle. À la différence des États-Unis où un Trump a pu être élu à la faveur
de la litanie de bobards et de provocations dont il a fait son fonds de
commerce, tout n’est pas permis en France et c’est heureux, n’en déplaise à
l’extrême droite. La loi établit les limites de la liberté d’expression ainsi
que celles des emprunts aux artistes et auteurs pour empêcher leur dévoiement
dans des buts malveillants. Fabien Roussel, le candidat communiste, a soulevé
le premier la question de rendre inéligible une personne condamnée pour propos
racistes. Aujourd’hui, des sociétés, des auteurs ou leurs descendants entendent
porter en justice l’affaire de l’utilisation de leurs œuvres sans autorisation.
Il va falloir que la République se positionne : transgresser la loi ou la
servir, il faut choisir.
« Services », le billet de Maurice Ulrich.
La déclaration d’impôts, ce n’est pas toujours facile…
Parfois, c’est vrai, il suffit juste de valider, en quelques clics, la
déclaration préremplie. Mais, souvent, c’est plus compliqué et c’est pourquoi certains
journaux et magazines donnent à leurs lecteurs de précieux conseils. Par
exemple, il est en principe impossible, rappelle un de nos quotidiens, « d’alléger
l’impôt sur les revenus de plus de 10 000 euros, en cumulant des
réductions et des crédits d’impôt ». D’autant que si on emploie des
salariés à domicile, par exemple, les 10 000 euros peuvent être très vite
atteints. S’il faut, sinon, pour ne pas les dépasser, oublier de compter sur
certains placements, on peut toujours en revanche choisir des investissements
dans le cinéma ou vers l’outre-mer qui bénéficient d’un plafonnement majoré à
18 000 euros. Mais, en réalité, en s’y prenant bien, la réduction réelle,
souligne un expert, peut atteindre de 40 000 à 60 000 euros… C’est aussi
le cas pour les investissements dans les monuments historiques et quelques
autres… C’est un plaisir de rendre service aux lecteurs.
Assemblée nationale. Une loi pour que les citoyens s’emparent des biens communs.
La question s’impose
partout dans le monde. Pourquoi la propriété et la gestion de biens aussi
essentiels que l’eau, l’énergie ou les médicaments seraient-elles laissées à
des groupes privés et au marché ? Un texte de loi examiné ce jeudi apporte une
réponse.
Lorsque la première vague de Covid s’est abattue sur la France, certains
ont pu croire qu’Emmanuel Macron avait vu un bout de lumière. « Ce que
révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens, et des services qui doivent
être placés en dehors des lois du marché », s’exclame alors le président
de la République. Nous sommes en mars 2020. Depuis, plus rien ou presque. Le
chef de l’État a repris sa marche au service d’une finance vorace et
déconnectée des besoins réels. Mais cette phrase a retenu l’attention du député
communiste Pierre Dharréville, qui présente, ce jeudi, à l’Assemblée nationale,
une proposition de loi visant à protéger les « biens communs ».
« Nous avons tout un monde à nous réapproprier et à partager de façon
équitable. Il y a urgence à construire la société autrement qu’autour d’un
grand mouvement de privatisation et de marchandisation des ressources et des
services. Sans commun, sans protection des biens communs, nous courons à notre
perte, nous n’avons d’ailleurs qu’une seule planète », mesure l’élu, qui
a lancé un « inventaire des biens communs » dans sa circonscription des
Bouches-du-Rhône dès le début de son mandat.
Le besoin de propriété collective
Il n’est pas le seul à se pencher sur cette question. Partout, dans le
monde, des mobilisations se font jour contre l’accaparement de l’eau, des
terres, des infrastructures et des savoirs par quelques-uns, au détriment du
plus grand nombre. « Le sujet d’actualité majeur qui entre en résonance
avec ma proposition, c’est bien sûr celui des vaccins contre le Covid. Les
grandes puissances s’avèrent incapables de se rassembler pour faire pression et
obtenir la levée des brevets ainsi que le partage des vaccins avec l’ensemble
de l’humanité, alors qu’il s’agit de biens communs par essence », insiste
le parlementaire. À ses yeux, le monde fait aujourd’hui face à un « processus
d’absolutisation de la propriété privée, qui se retourne plus que jamais contre
l’intérêt général », et qu’il convient de rompre au plus vite.
C’est aussi l’absence de propriété collective des ressources énergétiques
et des moyens de production qui a participé cette année à une explosion
historique des prix du gaz et de l’électricité. Et c’est encore la volonté que
les services publics ne soient plus gérés comme des biens communs mais comme
des secteurs à privatiser avec des salariés à exploiter qui conduit l’exécutif
à dépecer l’hôpital public et fermer des lits, sans s’assurer de l’égal accès
aux soins de tous sur l’ensemble du territoire.
Créer un statut dans le Code civil
Mais que propose la loi de Pierre Dharréville ? « Elle est en deux
parties. Il s’agit d’abord d’intégrer un statut et une définition des biens
communs dans le Code civil », explique l’élu, qui propose ici de
compléter l’article 714. Celui-ci affirme déjà qu’ « il est des
choses qui n’appartiennent à personne et dont l’usage est commun à tous. Des
lois de police règlent la manière d’en jouir ». Le parlementaire PCF
incite à ajouter cet alinéa : « Le statut de bien commun peut être
attribué à des biens matériels ou immatériels, quel que soit leur régime de
propriété, au regard de leur destination commune, de l’usage collectif qui en
est ou pourrait en être fait, de leur caractère de ressource nécessaire à
toutes et tous, des droits fondamentaux qui peuvent s’y rattacher, de
l’histoire collective qui a permis leur constitution, ou encore d e
leur caractère de rareté et de leur caractère patrimonial remarquable eu égard
aux menaces qui pourraient les mettre en danger. »
Et pour la deuxième partie de la loi ? « Il s’agit ici d’utiliser
la saisine citoyenne du Conseil économique, social et environnemental (Cese) à
travers une pétition, afin d’attribuer ce statut à tel ou tel bien. Un conseil
citoyen est ensuite installé afin d’organiser la gestion et la protection de ce
bien. » Si la loi était votée, de telles démarches pourraient être
lancées aussi bien pour l’eau que pour les barrages électriques, les bâtiments
patrimoniaux, les forêts et les rivières, les moyens de production, les
autoroutes, les médicaments, etc.
« Je n’ai pas voulu créer un nouveau régime de propriété, ni fournir une
liste de biens communs clés en main. Ce que je propose, c’est de créer un
mécanisme d’appropriation sociale et démocratique des biens communs, afin que
les citoyens s’en emparent eux-mêmes, un par un, et décident quoi faire et
comment gérer les biens en question », développe Pierre Dharréville. Le
député se dit persuadé qu’un tel outil peut « enclencher de fortes
dynamiques collectives », et que « la République elle-même peut se
refonder autour d’un grand mouvement de réappropriation des biens communs et
d’interrogation de la notion de propriété ».
« LaREM n’y est pas favorable »
Si elle a été « pensée
pour être raisonnable et adoptée », y compris par une majorité LaREM à
l’Assemblée, la réforme défendue par les députés PCF a été repoussée en
commission. « Le groupe LaREM n’y est pas favorable. Ce texte qui vise
à apporter des modulations législatives au droit de propriété est juridiquement
inopérant et litigieux au regard de la Constitution », a argumenté la
marcheuse Émilie Guerel. « Je ne trouve pas très défendable d’empêcher
la mise en place d’un processus d’intervention citoyenne. Mais je ne suis pas
surpris que les défenseurs de l’ordre néolibéral établi trouvent insupportable
de chercher à mettre un terme à la privatisation du monde », répond
Pierre Dharréville. Reste à savoir ce que votera l’Hémicycle, ce jeudi.
Du bon et juste usage de l’eau
L’eau, indispensable à toute vie : sa mise sous protection et son juste
partage en tant que bien commun sont rendus d’autant plus nécessaires que sa
rareté augmente avec le bouleversement climatique. Au Brésil, en Argentine et
au Paraguay, l’état d’urgence hydrique a ainsi été déclaré ces derniers mois.
Avec des conséquences en cascade sur l’agriculture, la pêche, la production
d’électricité ou encore le transport fluvial. « Quand il n’y a plus d’eau dans
les nappes phréatiques, le facteur de la consommation et du bon usage de l’eau
entre en compte », précise, à Reporterre, Christopher Carlos Cunningham, du
Centre brésilien d’alerte et d’observation des désastres naturels.
mercredi 1 décembre 2021
« Danger : haine », l’éditorial de Stéphane Sahuc dans l’Humanité.
Jusqu’où peut-on jouer avec la haine ? La candidature d’Éric Zemmour pose
la question. La provocation et l’outrance du personnage font ressurgir d’une
manière complètement décomplexée les vieux ressorts des discours de l’extrême
droite collaborationniste que même Le Pen n’avait pas réussi à réhabiliter. À
la complaisance médiatique inédite, qui permet à ce personnage d’occuper les
antennes à longueur de temps tout en dénonçant un « politiquement
correct » fantasmé, s’ajoute une complicité politique qui vise à en
faire un accélérateur de l’extrême droitisation du paysage politique.
L’objectif : présenter Emmanuel Macron comme le meilleur rempart à cette vague
brune.
Laisser Zemmour être candidat comme si de rien n’était, accepter de lui
ouvrir toutes les antennes, assumer d’extrème-droitiser le discours comme le
font les candidats LR participent de cette construction politicienne. Et cela
fait peser des risques extrêmement lourds à la société. En acceptant, voire en
légitimant, que des individus comme Éric Zemmour dégradent en toute impunité la
conscience d’un pays, on ouvre la porte au pire.
Les vidéos appelant explicitement à liquider des personnalités de gauche
comme Jean-Luc Mélenchon ne sont pas de simples provocations. Une partie de
l’extrême droite encouragée par la reprise du pire de ses idées à des heures de
grande écoute se sent autorisée à menacer physiquement ceux qui ne pensent pas
comme elle. Certains sont même prêts à passer à l’acte. CNews n’en a pas fait
ses gros titres mais l’arrestation, ces derniers jours, de militants
identitaires qui disposaient d’un véritable arsenal prouve que la France n’est
pas à l’abri d’un Christchurch. Il y a deux ans, Brenton Tarrant, qui a ouvert le
feu sur des musulmans dans cette ville de Nouvelle-Zélande, faisant
51 victimes, avait reconnu être un adepte du « grand
remplacement »… Pseudo-théorie fumeuse dont le candidat Zemmour a fait
son bréviaire.
Alors, non, la
candidature d’Éric Zemmour n’est pas une candidature comme les autres. Et il
est temps de donner un coup d’arrêt à ce sentiment d’impunité qui permet
d’inciter à la haine de l’autre en toute tranquillité. C’est en ce sens que la
résolution portée par Fabien Roussel de rendre inéligibles les personnes
condamnées pour provocation à la haine raciale corrige une dangereuse anomalie
démocratique.
« Vidéo », le billet de Maurice Ulrich.
Le variant Z est une vraie saleté qui a diffusé
très vite, même s’il semble marquer une pause. Il résulte de multiples
mutations. Anti-dreyfusards, ligues factieuses des années 1930, émules de
Charles Maurras, antisémite pathologique et animateur de l’Action française,
soutiens de Pétain et adeptes de la collaboration, nostalgiques des colonies,
racistes, homophobes et misogynes pour qui les femmes sont la récompense de
l’homme et le repos du guerrier. Ce sont depuis plus d’un siècle ses
différentes constituantes, complémentaires et cumulatives. Il tente de se
répandre par tous les moyens. Le livre, la parole, et même hier par la vidéo.
On crut, en lisant la une du Figaro, que c’est contre cette
contagion que le journal mettait en garde les plus fragiles : « De plus
en plus jeunes, sans contrôle ni limites, les mineurs ont accès à des vidéos
aux effets dévastateurs. » Bien dit, mais non. En fait, il s’agissait
d’un article sur la pornographie en ligne. « Instituteurs, magistrats,
psychologues sonnent l’alarme sur cette pornopandémie… » Avec le
variant Z, que faire de la pornopolitique en ligne ?
Santé. Vaccin contre le sida, pourquoi la recherche patine.
Alors qu’un an a suffi
pour mettre au point des sérums contre le Sars-CoV-2, il n’en existe toujours
aucun contre le VIH, découvert en 1983. La faute à un virus plus complexe,
plaident les chercheurs, qui voient dans l’ARN messager « un espoir ».
Pourquoi, après plus de trente ans de recherche sur le sida, aucun vaccin
n’a pu être mis au point contre le VIH, alors qu’une année à peine a suffi pour
produire plusieurs sérums contre le Covid-19 ? Alors qu’est organisée, ce
mercredi 1er décembre, la Journée mondiale de lutte contre le sida, la
question est dans toutes les têtes, des plus éminents chercheurs jusqu’aux
simples citoyens. Si la cinquième vague de Covid déferle sur l’Europe et si le
variant Omicron présente désormais « un risque mondial très élevé », selon
l’OMS, il est à craindre que l’ensemble des projecteurs soient à nouveau
braqués sur le seul Sars-CoV-2, faisant oublier d’autres menaces sanitaires.
Pourtant, même si les traitements contre le VIH ont connu d’immenses progrès,
ils ne sont pas disponibles partout, et le sida continue de tuer massivement :
680 000 personnes dans le monde en 2020 – contre 1,8 million de
décès officiellement imputés au Covid sur la même période, voire
3 millions, selon une estimation de l’OMS.
Parvenir enfin à mettre au point un vaccin contre le sida constituerait
donc une avancée majeure, mais l’affaire n’est pas simple. Depuis des
décennies, les équipes de recherche mobilisées se cassent les dents sur
la « complexité » du virus de l’immunodéficience humaine
(VIH), mis au jour en 1983. « On n’a toujours pas identifié la réponse
immunitaire qui empêcherait l’entrée du VIH dans l’organisme, ou qui
permettrait de l’en faire sortir », résume Christine Rouzioux,
professeure émérite de virologie à la faculté de médecine de l’hôpital Necker
et membre de l’équipe ayant découvert le VIH, couronnée du prix Nobel de
médecine en 2008. « Alors qu’avec le Covid, poursuit la
chercheuse, le système immunitaire produit tout seul une réponse forte,
localisée, qui permet d’éradiquer le virus. Il suffit de susciter cette réponse
par la vaccination pour être protégé. C’est beaucoup plus simple. »
Chef du service des maladies infectieuses et d’immunologie clinique de
l’hôpital Henri-Mondor (Créteil), Jean-Daniel Lelièvre confirme cette
« inégalité » entre les virus : « On guérit naturellement du Covid, pas
du sida. Avec le VIH, on n’a donc pas de mécanisme à copier. » Autre
problème : la capacité du virus à muter, beaucoup plus importante avec le
VIH. « Or, plus un virus est divers, plus il est difficile de s’en
protéger. Même si on a vu les variants du Sars-CoV-2 s’accumuler, on est
capable de stimuler des anticorps protecteurs contre plusieurs de ces variants.
Ce n’est pas le cas avec le VIH, aux mutations trop nombreuses », explique
Jean-Daniel Lelièvre.
« C’est une nouvelle porte qui s’ouvre »
Par ailleurs, l’impression que les vaccins contre le Covid ont été conçus
en quelques mois est trompeuse. « Cela fait vingt ans que des
recherches sur l’ARN messager sont menées et le concept, fragile au départ, a
été amélioré petit à petit. Si on utilise aujourd’hui cette plateforme avec
succès contre le Covid, c’est grâce à ce travail de long terme », rappelle
Christine Rouzioux, également présidente de l’association Arcat/le Kiosque. Cette
même plateforme pourrait-elle être utilisée contre le sida ? « Ça
relance l’espoir, des labos s’y intéressent, mais cela prendra du
temps », prévient Christine Rouzioux.
« C’est une nouvelle porte qui s’ouvre », estime Gilles Pialoux, chef de
service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Tenon. En août, le
laboratoire Moderna a annoncé le lancement d’un essai clinique de phase 1,
pour un vaccin à ARN messager contre le sida. « De 2010 à
2015, un total de 526,6 milliards de dollars a été dépensé au niveau
mondial pour soigner, traiter ou prévenir le VIH, ce qui représente un fardeau
financier significatif », avait plaidé le labo, pour justifier son
engagement. « C’est une des pistes intéressantes, mais qui n’aboutira
pas avant plusieurs années, tempère Jean-Daniel Lelièvre. Car,
après l’échec des précédents essais, on est reparti de zéro. »
Dans cette course, les milliards mobilisés contre le Covid sont-ils
susceptibles de faire défaut à la recherche sur le sida ? « Il y a un
manque d’investissement criant dans ce domaine, car le marché est aujourd’hui
très faible pour les groupes pharmaceutiques », analyse Nicolas Manel,
directeur de recherche à l’Inserm. « Quand on met un euro en France sur
cette recherche, les États-Unis en mettent cent », regrette aussi
Jean-Daniel Lelièvre.
Retrouvez en pages 12 et 13 notre débat sur la recherche contre
le VIH.
France : dépistage en baisse
En 2020, le nombre de découvertes de séropositivité du VIH a fortement
baissé en raison d’une diminution du dépistage liée à la pandémie de Covid-19,
souligne Santé publique France, mardi. Il y a eu, l’an passé, 4 856 découvertes
de séropositivité VIH, soit une diminution de 22 % par rapport à 2019.
L’activité de dépistage du VIH, qui avait augmenté entre 2013 et 2019, a, elle,
diminué de 14 % entre 2019 et 2020.
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