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mardi 31 janvier 2023

Jusqu’où la guerre ? (Patrick Le Hyaric)



Avec la livraison de chars allemands de type Léopard, couverte par l’envoi de chars Abrams américains à l’armée ukrainienne, nous entrons dans une nouvelle phase de la guerre. Une nouvelle étape dangereuse. Une guerre que les protagonistes veulent durable au mépris des intérêts des peuples.

L’agresseur, la Russie de Poutine, en violation du droit international, n’a certes pas atteint ses objectifs d’occupation de la totalité de l’Ukraine et du remplacement du gouvernement de Kiev, mais elle sème depuis des mois un interminable cortège de morts et de blessés, d’atrocités, de privations et d’exodes, de destructions d’équipements et de services publics. Tout en bombardant régulièrement des villes et des villages, son armée semble se concentrer sur le flanc Est, théâtre d’immondes boucheries.

Des militaires ukrainiens témoignent que de jeunes Russes enrôlés dans l’armée d’occupation sont offerts comme chair à canon, quand ce ne sont pas les prisonniers intégrés – souvent de force – à la tristement célèbre milice privée Wagner.

L’Ukraine réarmée, par les États-Unis et les puissances de l’OTAN, résiste et la fourniture d’armes galvanise le président ukrainien qui désormais réclame des avions de combat et des missiles supersoniques.

S’il se le permet, c’est qu’il a l’autorisation de l’OTAN de parler ainsi, au risque de la confirmation d’un changement de la nature de la guerre. L’insistance de sa demande d’envois de chars sophistiqués occidentaux incite à réfléchir à au moins à une question. L’armada des chars ukrainiens est-elle détruite alors que les médias occidentaux ne cessent de vanter les déboires de l’armée russe ? Après être passés d’une guerre quasi interne entre le pouvoir de Kiev et les régions séparatistes de l’est à une guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, nous assistons à une guerre internationalisée entre la Russie et l’OTAN.

En tout état de cause, l’envoi de chars signe la certitude d’une guerre longue, souhaitée de part et d’autre, sur le dos du peuple ukrainien. Car ce sont les enfants, les femmes, les hommes, les travailleurs ukrainiens qui subissent le déluge de souffrances et de peines d’une guerre sanglante et destructrice, pour laquelle ils ne sont en rien responsables.

L’Ukraine est désormais la proie économique et géopolitique entre impérialismes antagoniques. Il faut faire cesser cela ! et vite ! Les enfants de la Russie et les familles populaires en paieront aussi le prix du sang et des larmes. Au-delà, l’internationalisation de la guerre a déjà des effets collatéraux en cascade contre les peuples du monde entier.

Pendant ce temps, les spéculateurs et quelques grandes firmes, souvent à base nord-américaine, de l’armement, de l’énergie, de l’agro-alimentaire, des transports engrangent des masses énormes de capitaux tout en reconfigurant le capitalisme mondialisé. Ainsi, leur domination, rendue encore plus agressive, s’accroît pour soumettre les travailleurs du monde entier et les peuples aux sacrifices et aux restrictions de libertés.

Les dirigeants américains ont donné le ton dès le début de l’année, puis les ministres européens de la défense réunis sur la base militaire américaine de Rammstein, le 26 janvier, ont exécuté. La secrétaire adjointe à la défense a été claire sur les intentions : donner à l’Ukraine tous les moyens dont elle aura besoin pour inverser la dynamique, percer les lignes de défense russe et reconquérir ces territoires.

C’est donc l’enterrement définitif des accords de Minsk. Il ne s’agit donc plus d’aider l’Ukraine à se défendre, mais de passer à l’offensive. On glisse peu à peu sur la dangereuse pente d’une co-belligérance et d’une confrontation, de plus en plus directe, entre les pays de l’OTAN et la Russie.

La voie serait ainsi ouverte à tous les risques, à tous les imprévus, à l’erreur fatale. Ce n’est donc pas de sommet de guerre dont a besoin l’humanité aux prises d’une multitude de crises, interagissant entre elles, au point d’en menacer l’existence.

Ce sont des sommets pour la paix, la sécurité humaine et environnementale globale qui devraient être convoquées en urgence. On ne peut accepter la reprise de cette folle course aux armements sur le continent européen, alors qu’il y a tant de besoins à satisfaire pour les services de santé, d’éducation, pour le droit à une alimentation de qualité, à l’énergie décartonnée, au travail émancipé.

Le lien entre progrès social, écologique, humain va de pair avec les combats pour la paix et le désarmement. Il y a urgence à le faire entendre. La guerre ne sera gagnée par et pour aucun peuple. Par contre, l’union des peuples peut faire gagner la paix. Les conditions d’une négociation après un cessez-le-feu sont connues : repartir des frontières du 21 février 2022 ; respecter et garantir la souveraineté territoriale de l’Ukraine et de la Russie ; retourner aux accords de Minsk avec l’organisation d’élections sous le contrôle de l’ONU dans les quatre régions de l’Est de l’Ukraine ; statut de neutralité de ce pays en lien à la mise en place d’une architecture de sécurité commune aux deux pays et à l’Europe tout entière, comme alternative à l’OTAN – qui n’aurait plus lieu d’être.

Au lieu de s’asseoir docilement dans le fourgon américain, la France devrait porter une diplomatie de paix. Encore faudrait-il pour cela que le Parlement puisse en débattre régulièrement afin de décider d’initiatives, non pas de livraisons de chars Leclerc ou d’avions-Rafale, mais de discussions entre les dirigeants ukrainiens et russes, en lien avec l’Organisation des Nations unies.

La France pourrait produire des actes en direction de la Chine ou de l’Inde pour peser avec elles en faveur d’une sortie de la guerre.

Nous ne sous-estimons pas le niveau des efforts à produire, les contradictions à dépasser, les pressions à lever. Mais la voie de la paix est la seule pour la construction durable de notre humanité commune.

Patrick Le  Hyaric

Le 30 janvier 2023

 

mardi 8 juin 2021

 


Mon soutien à Raquel GARRIDO ET Tony LAÏDI (Robert Clément)

Celles et ceux qui me connaissent, et parfois me lisent, n’auront pas été surpris par mon choix en faveur de Tony LAÏDI pour les élections départementales des 20 et 27 juin, que j’avais exprimé dans deux écrits précédents. À une dizaine de jours du premier tour, je souhaite vous faire part de quelques une des raisons qui motivent ma décision. D’abord, je considère que le vote en faveur de Raquel GARRIDO et Tony LAÏDI se situe dans la continuité de mon soutien en faveur de la liste « Autrement-Romainville à Vivre » lors du scrutin municipal de l’an dernier. Cette liste avait, en effet, reçu le soutien de différents mouvements et partis politiques. Si ma mémoire ne me fait pas défaut, c’était « Autrement », « Europe Écologie Les Verts » « le PCF » « Génération.s », et la « France Insoumise ». Or, il se trouve que Tony LAÏDI se présente aux côtés de Raquel GARRIDO, pour la France Insoumise, l’une des composantes de la majorité municipale de notre ville. Ainsi, je situe mon choix comme   le prolongement naturel de la position qui a été la mienne il y a un an. Je connais Tony LAÏDI. C’est un homme passionné, courtois, à l’écoute et attentif à la parole de toutes et tous. Adjoint de François Dechy, et chargé de la jeunesse et des sports, il assume cette responsabilité avec un grand esprit d’ouverture et de loyauté, fidèle qu’il est, aux engagements pris devant les électrices et les électeurs, en juin 2020. Tony est profondément attaché à l’union et au rassemblement des composantes de la gauche et des écologistes, dans  le respect de chacun(e) composantes de la majorité municipale. Alors que dans trois ans se tiendront les Jeux Olympiques et Para-Olympiques, qui devraient constituer un accélérateur de projets et d’ambitions pour les habitants, la jeunesse et les sportifs, la présence au Conseil départemental,  de Tony LAÏDI, avec ses connaissances et sa riche expérience serait, je crois, un apport, un atout d’une grande richesse.

 

Par ailleurs je suis toujours très attentif aux idées et propositions, le plus souvent pertinentes, portées par des candidat.e.s, de gauche en matière de santé, d’égalité des droits, d’accueil de la petite enfance, de solidarité, de transports, d’écologie sociale, d’emploi, de logement, de culture ou bien encore de sport… Il n’est nullement dans mon intention de douter de la créativité et de l’inventivité de ces élu.e.s. Ils en ont fait preuve dans la crise sanitaire que nous venons de vivre. Cependant un volet manque la plupart du temps  dans cet énoncé. Celui des moyens dont dispose le département pour mettre en œuvre ces politiques. C’est pourtant une évidence. Pendant que des centaines de millions d’euros sont accordées aux grandes entreprises, les collectivités territoriales sont mises au régime sec, alors qu’en grande partie, les investissements dépendent d’elles. L’État est redevable de deux milliards d’euros au département de la Seine-Saint-Denis au titre des dépenses sociales, particulièrement pour le Revenu de Solidarité Active (RSA), qui voit le nombre d’allocataires exploser. Le gouvernement a annoncé une expérimentation pour le département. C’est un premier pas. Cependant, au nom de la solidarité nationale, cette mission doit redevenir celle de l’État.  C’est cette parole que porteront Raquel GARRIDO  et Tony LAÏDI  à l’Assemblée départementale.

 

Le 31octobre 2019,  le premier ministre d’alors, rendait visite au département. Celui-ci avait dévoilé, en grande pompe, un plan d’action. Le chef du gouvernement avait dévoilé 23 mesures pour « venir en aide au département », après la parution d’un rapport parlementaire qui pointait les inégalités et les défaillances de l’État en Seine-Saint-Denis, en matière d’éducation, de justice et de sécurité. Un an après, le 25 septembre 2020, c’est au tour de Jean Castex de nous rendre visite, accompagné de plusieurs ministres pour annoncer quelques bribes du « plan d’action » promis par son prédécesseur. Chacun.e en conviendra, il est temps de passer de la parole aux actes. C’est ce que n’ont cessé d’exiger les conseiller.e.s communistes. Avec elles et eux, Tony LAÏDI portera la voix des habitants de notre ville.

 

Depuis de nombreuses années, les services publics n’ont pas été épargnés. Au nom de la réduction de la dépense publique, nombre de services publics de proximité ont disparu du paysage. Notre ville, en quelques années, a vu disparaître la recette-perception, le centre d’accueil de la sécurité sociale, l’antenne de Pôle-Emploi. Pour être « plus efficaces » nous disaient leurs auteurs. Comment parler d’efficacité pour nos concitoyen.nes qui exigent davantage de proximité et d’humanisme dans leur vie quotidienne ? Les conseiller.e.s départementaux ou régionaux ont comme devoir, j’en ai la conviction, de défendre, en toutes circonstances, les intérêts des populations, et cela quelle que soit la couleur politique des gouvernements, à l’origine de ces décisions. Je prends l’exemple des fermetures successives des points d’accueil de la sécurité sociale. En 2015, les centres de Drancy, du Blanc-Mesnil  et de Neuilly-sur Marne avaient fermé leurs portes. En 2021, la fermeture de trois autres est annoncée : Bondy, Pantin et Les Lilas. Dans les deux cas, ces mesures réclament la réprobation et le refus des conseiller.e.s du département, en 2015 comme en 2021. Les services publics de proximité ont fait la preuve de leur efficacité, ils méritent d’être défendus et développés. Raquel GARRIDO et Tony LAÏDI le feront.

 

Ces vingt dernières années, les collectivités territoriales et particulièrement les départements ont connu de multiples attaques. Aujourd’hui on se fait plus discrets du côté des pourfendeurs de l’échelon départemental. Emmanuel Macron a dû renoncer à leur suppression, pourtant programmée pour 2020. Cependant, les très nombreux naufrageurs des départements n’ont pas renoncé, loin s’en faut. J’ai toujours été de ceux qui ont défendu la pertinence de l’échelon départemental. Par conservatisme ? Par refus du renouvellement ? Par immobilisme ? Non, tout simplement parce que le département demeure le seul espace  pertinent pour assumer ses responsabilités, particulièrement dans le domaine social, et traiter de manière égalitaire tous les habitants. Les différents « mécanos institutionnels » ont imaginé plusieurs scénarios. Les collèges à la région, qui aurait eu à gérer 1159 établissements avec les lycées dont elle a la charge ? À la future métropole ? Et les affaires sociales ? Aux intercommunalités, devenues territoires ? Alors qu’on nous répétait à tout bout de champ que cette réforme visait à réduire les inégalités, elles n’auraient fait que les aggraver. Ces territoires, ne disposant pas des mêmes moyens, leurs politiques auraient été forcément différentes. Une fois encore, ce sont les plus modestes qui en auraient fait les frais. Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, avec l’échéance de 2022, les débats vont rebondir et avec eux, le retour de celles et ceux qui souhaitent voir les départements de la petite couronne parisienne disparaître à tout jamais. Comme un air du « défunt département de la Seine » des années 60 ! Ouvert.e.s au débat, vous pourrez compter sur la vigilance de Raquel GARRIDO et Tony LAÏDI. Je les assure de mon total soutien comme celui que j’apporte pour les élections régionales à la liste conduite par Clémentine AUTAIN, et sur laquelle figurent Christophe PRUDHOMME ET Brigitte MORANNE.

Comme l’a écrit Émile ZOLA : « Lorsque l'avenir est sans espoir, le présent prend une amertume ignoble ».

 

jeudi 13 mai 2021

Palestine solidarité ! Par Patrick Le Hyaric



Directeur de l’Humanité ; député européen 2009-2019 ; membre de la commission chargée des relations avec la Palestine.

Il est de la responsabilité des États-Unis et de l’Union européenne de faire cesser immédiatement l’offensive meurtrière et criminelle contre les Palestiniens de Gaza. Seule l’action diplomatique résolue pourra également mettre fin aux contre-offensives du Hamas, qui, elles aussi, font des victimes civiles. Une nouvelle fois, les populations, les enfants de Gaza en paient le prix fort.

Il n’y a pas d’issue militaire au conflit. La mise à l’écart de l’OLP a ouvert la dangereuse voie des armes. C’est l’action politique des gouvernements et des peuples s’appuyant sur le droit international qui, seule, est porteuse de solutions. Il est de leur responsabilité de contraindre expressément le pouvoir israélien à respecter les résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale de l’ONU. Pour moins que cela, les gouvernements occidentaux trouvent bien souvent les moyens d’appliquer des sanctions et des actes de boycott. Or, le premier ministre israélien, en quête de réélection, est laissé libre de faire monter les tensions et de déstabiliser toute une région dans des buts bassement électoralistes et sur le dos des populations civiles palestiniennes.

Quelle femme, quel homme raisonnable peut supporter ces images de fer et de feu sur Gaza, le vol des maisons de familles palestiniennes à Jérusalem, la chasse à l’Arabe, les ratonnades, et les lynchages dans les villes israéliennes, les vociférations racistes entonnées de plein cœur par une foule fanatisée ? Quel pays au monde bénéficie-t-il d’une impunité totale depuis cinquante-quatre années d’occupation et de viol du droit international ? Sans les mouvements de jeunes Palestiniens aux côtés de leurs parents, les expulsions menées par l’armée israélienne à Jérusalem, hier pourtant sanctifiée par un consensus international, se dérouleraient dans un silence plombant, tandis que chaque semaine depuis des mois des bombes israéliennes détruisent et tuent à Gaza. L’exaspération a été portée à son comble. En témoignent les mouvements spontanés inédits de la population arabe d’Israël. Il ne faut donc pas inverser les rôles, comme s’y complaisent médias et chancelleries occidentales. Ici, il y a un occupant et un peuple occupé privé de sa terre et d’un État.

Il y a bien un oppresseur et des opprimés : le processus d’apartheid et de colonisation s’accélère et s’amplifie, donnant quitus aux forces fanatisées de l’extrême droite israélienne qui, désormais, font ou défont les coalitions gouvernementales. C’était à prévoir : l’engrenage de la guerre et de la colonisation, huilé par les États-Unis de Donald Trump, renforce les éléments les plus radicaux et fascisants de la société israélienne tout en marginalisant les courageuses forces de progrès. Ces faiseurs de roi messianiques, racistes et colonialistes ont trouvé leur caution en la personne de Netanyahou, sinistre va-t-en guerre corrompu, adepte d’une conception ethnique et ségrégationniste de la nation digne des extrêmes droites continentales, qui ne lésinent d’ailleurs pas sur leur soutien envers le gouvernement israélien.

Cette fuite en avant n’est rendue possible que par la sidérante complaisance des États occidentaux avec le pouvoir israélien et ses relais d’extrême droite, dans un nouvel enchevêtrement géopolitique à l’œuvre depuis les scélérats accords d’association entre l’Union européenne et l’État d’Israël et, plus récemment, sous l’égide des États-Unis, les cyniques accords au parfum de dollar signés avec le Maroc, le Soudan, les Émirats arabes unis ou Bahreïn. Voilà qui explique le silence de la France et d’autres, qui équivaut à absoudre le gouvernement israélien d’exactions pourtant condamnées par le droit international. Le scandaleux renvoie dos à dos des responsabilités dont est désormais coutumier le Quai d’Orsay normalise dangereusement la politique ultrarépressive et raciste d’Israël, tout en dégradant considérablement l’image de la France à travers le monde. Pire, le placement en garde à vue de Bertrand Heilbronn, président de l’Association France Palestine Solidarité, et l’interdiction de la manifestation de solidarité organisée mercredi dernier à Paris témoignent d’une criminalisation inédite de la solidarité avec le peuple palestinien dans notre pays, hier moteur dans la recherche de la paix.

La mise en scène de la rivalité entre le Hamas et l’extrême droite israélienne permet ainsi d’évacuer les causes premières et fondamentales de la colère, à savoir le vol permanent des terres palestiniennes et la situation d’apartheid créée par Israël dans ses frontières depuis le vote de la loi « Israël, État-nation du peuple juif » en 2018, comme dans les territoires occupés. On peut toujours regretter la forme qu’a prise la résistance palestinienne, la confessionnalisation grandissante et désolante d’une lutte de libération nationale. Elle reste cependant la résistance d’un peuple délaissé, opprimé, spolié, emmuré, dont les parlementaires sont arrêtés et les militants enfermés dans les geôles de l’occupant comme l’est Marwan Barghouti. Ils n’ont d’autre choix que la lutte quotidienne. Il est de notre responsabilité d’amplifier la solidarité active pour trouver des solutions politiques. D’abord en interpellant nos gouvernements et l’Union européenne, mais aussi en réclamant encore une force de protection du peuple palestinien.

De puissants points d’appui existent. La saisine et l’enquête de la Cour pénale internationale pour commission de crimes de guerre par Israël, les deux rapports de l’ONG israélienne B’Tselem, celui de Human Rights Watch, la reconnaissance des actions « Boycott, désinvestissement, sanctions » comme formes non violentes de lutte.

L’action doit s’amplifier ici pour que la France demande la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, qu’elle suspende sa coopération militaire, et réengage le processus pour la reconnaissance de l’État de Palestine comme l’a déjà voté le Parlement le 2 décembre 2014.

Pourquoi n’envisagerait-on pas, en plus de nos actions quotidiennes, l’envoi, en Palestine et auprès des forces démocratiques israéliennes, de missions civiles d’observation et de protection du peuple palestinien ? Solidarité concrète avec la Palestine !

 

jeudi 29 avril 2021

Crise sanitaire : « Les départements réapparaissent ». Mais vigilance… ! (Robert Clément)


Les élections départementales, jumelées au scrutin régional auront donc lieu les 20 et 27 juin. La crise sanitaire aura engendré de difficiles et tristes moments. Mais parfois, elle nous a procuré quelques surprises. Je ne sais pas si vous l’avez, comme moi remarqué, mais depuis ce mois de mars 2020, chaque semaine, le jeudi en règle générale, nous découvrions sur nos écrans des cartes indiquant l’évolution de la pandémie, département par département. Des départements de toutes les couleurs, verts, rouges, oranges…Ces départements dont on voulait la disparition réapparaissaient, sous nos yeux ébahis. Confinés, certaines et certains d’entre nous, allaient même jusqu’à se remettre en mémoire leurs numéros, qu’enfants, nous apprenions par cœur. 32 ! Le Gers, 40 ! Les Landes…Bravo !

L’Histoire avec un grand H faisait son retour. Je me souviens de cette formule d’une journaliste du Monde, « Déconfinement, ce qu’on doit à la Révolution ». Avec la pandémie, les départements et la France jacobine étaient de retour. Par crainte sans doute, que la mémoire me joue des tours, j’ai précieusement gardé ce propos tenu par Jean-Emmanuel DUCOIN, talentueux journaliste de l’Humanité, dans son célèbre bloc-notes, je le cite : « Un peu de mémoire. Si « la nécessité fait loi », selon la célèbre expression proverbiale, et si nous assistons à une sorte de redépartementalisation de la France jacobine, n’oublions pas que ceux qui s’en félicitent désormais sont les mêmes qui, depuis plus d’une décennie, nous annonçaient avec réjouissance la disparition programmée des dits départements, pris en étau entre les régions conquérantes dopées par le modèle européen et les intercommunalités et autres métropoles créées à marche forcée. » Bien vu Jean-Emmanuel.

Sous les présidences successives de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy, de François Hollande et du petit dernier, Emmanuel Macron, l’échelon départemental devait disparaître. Il fallait en finir avec le fameux « mille feuilles territorial ». Au fil des années les projets se sont succédé, pour annoncer la mort prochaine des départements. Ainsi, la loi portant sur la Nouvelle Organisation Territoriale de la République (NOTRe) promulguée en août 2015 prévoyait la création de la métropole du Grand Paris au 1er janvier 2016, entraînant la fusion des départements de la petite couronne parisienne avec Paris. Un même schéma concernait d’autres grandes métropoles. Dès son élection, Emmanuel Macron avait confirmé cette volonté. Ainsi,  Le Monde dévoila un document de travail élaboré par le préfet d’Île-de-France. Dans ce rapport revenait le vieux projet de supprimer les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis ainsi que le maintien de la Métropole du Grand Paris dans ses limites actuelles.

Cependant la messe était loin d’être dite. Les départements d’Île de France ont fait front commun. Christian Favier, le Président du Val de Marne a été à l’initiative d’une vaste campagne sur le thème « Mon Département, j’y tiens ». Une pétition s’est couverte de milliers de signatures dans toute la région. Elle fera tache d’huile dans de nombreux départements, dans tout le pays. Actions et initiatives se sont multipliées durant toute l’année 2018. Le 30 novembre les sept présidents des Conseils départementaux se feront confirmer par la ministre Jacqueline GOURAULT que les départements ne seraient pas supprimés.

Certains ont assimilé ce significatif recul du gouvernement comme une victoire d’élus ayant défendu « UNE INSTITUTION » « LEUR PRÉ CARRÉ ». Il n’en n’est rien. Je peux en témoigner pour avoir participé à la campagne des départementales en 2015. Nous nous sommes efforcés de faire appel au bon sens et à l’intelligence de nos concitoyen-n-e-s. Une fois de plus, nous allions les éloigner davantage des pouvoirs de décision. Il était envisagé de confier à la région la responsabilité des collèges,  qui aurait eu à gérer 1159 établissements avec les lycées dont elle a la charge. Sincèrement quelle efficacité pouvait-on en attendre ? Les affaires sociales devaient revenir aux intercommunalités – devenues territoires. Alors qu’on nous répétait sur tous les tons que cette réforme visait à réduire les inégalités sociales et territoriales, elles se seraient aggravées. Le département à fait la preuve qu’il est le seul espace pertinent pour traiter de manière égalitaire tous les citoyens. Les missions de cette collectivité font partie intégrante de la vie quotidienne des habitants. Collèges, Santé, Crèches, Revenu de Solidarité Active (RSA), Aide sociale à l’enfance, Prévention spécialisée, voirie, assainissement, espaces verts, biodiversité, culture…Voilà ce que les candidat-e-s du Parti communiste et du Front de gauche ont porté dans cette campagne 2015.

Je me réjouis d’avoir vu, le président du Conseil Départemental de la Seine-Saint-Denis, dire non avec ses collègues socialistes, à ce coup de Jarnac, et à mettre en ligne durant toute l’année 2018 une pétition de défense des services publics sur le site du Département. Cela tranche avec l’ambiguïté qui était celle des candidats socialistes, en 2015. Elles, ils, soutenaient la loi NOTRe, qui entérinait la fusion des départements de la petite couronne parisienne en 2020, et dans le même mouvement, se présentaient candidat-e-s pour une institution, que cette même loi proposait de faire disparaître. À la veille du prochain scrutin, nous y aurons gagné en clarté, et c’est mieux ainsi.

Comment pourrais-je ne pas me féliciter de ce nouveau positionnement de Stéphane TROUSSEL lorsque l’on prend connaissance de son propos, publié dans une tribune du JDD, le 24 janvier 2016, sous le titre : « Grand Paris, petite souris? », 10 mois après avoir été réélu Président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis. Je le cite : « Moderniser la gouvernance de la capitale pour répondre mieux à la réalité des besoins est une belle idée. Une urgence même. Mettre fin aux inégalités territoriales qui minent son développement et qui s’enracinent dans un découpage politico-administratif dépassé par la réalité de la vie des habitants serait une idée progressiste, mais ce sera pourtant la grande occasion manquée… J’AVAIS PROPOSÉ QU’ON FUSIONNE À TERME LES DÉPARTEMENTS DE PARIS ET DE LA PETITE COURONNE POUR CONSTRUIRE UNE MÉTROPOLE PUISSANTE,  REDISTRIBUTRICE ET DÉMOCRATIQUE. JE RESTE CONVAINCU QUE C’EST UNE BONNE SOLUTION, MAIS LE MANQUE D’AUDACE ET DE COURAGE L’EMPÊCHERA ».

En cette fin avril 2021, confinés autrement, nous continuons d’apercevoir sur nos écrans ces départements en première ligne avec les communes, poursuivant leurs actions solidaires. Vigilance pourtant ! Méfions-nous des apprentis sorciers, des adeptes des big-bangs institutionnels, capables de faire entrer par la fenêtre, ce qu’on a, sous la pression, fait sortir par la porte. Notre monarque prépare le printemps 2022, accompagné de comparses tout autant porteurs de mauvaises intentions. Les scrutins régional et départemental nous donnent l’occasion de leur rappeler que nous restons mobilisés. Pour ma part, j’exprimerai mon attention par mon vote en faveur de Tony LAÏDI, de Raquel GARRIDO, de Solenne LE BOURHIS et de Nic PIROLLI, leurs suppléant-e-s, pour un département bien ancré à gauche. Aux régionales, pour la liste conduite par Clémentine AUTAIN, sur laquelle figurent Christophe PRUDHOMME, Brigitte MORANNE et Mohamed DJENNANE.

 


lundi 1 février 2021

« Pandémie et débat au Conseil municipal ». (Robert Clément)

 


Citoyen de notre ville, comme beaucoup, je demeure attentif à tout ce qui fait la vie quotidienne de ses habitants. Une vie chamboulée, secouée depuis un an,  par un virus qui sème inquiétude, angoisse et parfois la mort d’un(e) ami(e) ou d’un proche. Notre territoire a été particulièrement touché depuis le mois de mars 2020. La crise sociale pèse sur les salarié-e-s, les étudiant-e-s, les retraité-e-s, le monde de la culture, les petites entreprises. Les personnels de santé, les salarié-e-s de la seconde ligne, qui ont tant donné,  éprouvent une grande lassitude face à un horizon sanitaire toujours menaçant.

C’est donc tout naturellement que j’ai visionné les débats du dernier Conseil municipal. C’est sur la partie consacrée à la COVID 19, que je souhaite faire part de mon point de vue. Refuser toute polémique politicienne sur un sujet aussi grave peut-il conduire à écarter tout échange, fut-il contradictoire ? Je ne le pense pas, dès lors qu’il est respectueux et posé. La fonction d’un(e) élu(e) local(e) n’est-elle pas de répondre aux inquiétudes de ses concitoyens, à leurs interrogations, de défendre leurs intérêts, et si besoin est, de faire part de leur opinion, parfois critique ?

Lors de ce Conseil municipal, madame Philippin, élue de La République En Marche, a défendu l’idée que le gouvernement avait une stratégie vaccinale, que le département de la Seine-Saint-Denis disposait de 17 centres de vaccinations, que 10 autres, dont celui de Romainville, s’étaient porté volontaires, et que nous avions besoin de solidarité et de patience. Dont acte, c’est parfaitement son droit ! Mais il y a les chiffres annoncés et la réalité !

Faire front ensemble, face à cette pandémie, bien sûr ! Solidarité, évidemment ! Celle-ci s’est d’ailleurs magnifiquement manifestée dans notre ville, grâce aux multiples initiatives des associations, que je tiens, pour ma part, à saluer. Mais en quoi, cela devrait-il conduire à une sorte de consensus, sans qu’il soit possible d’engager le moindre débat contradictoire ? À la solidarité, au nécessaire rassemblement de nos concitoyens pour vaincre le virus, j’y ajoute un autre terme : celui la transparence ! C’est celle-ci qui me conduit à apporter quelques nuances, le mot est faible, aux propos de Madame la conseillère municipale.

Au-delà du nécessaire respect de tous les gestes barrières, c’est dans le vaccin que réside l’espoir. Nos concitoyens l’ont compris. Alors, ne le tuons pas ! Parler clair, c’est faire le constat que les 17 centres de vaccinations sont, pour l’essentiel, situés dans le Nord et l’Est de notre département. L’hôpital André Grégoire est le seul centre de vaccinations ouvert pour un territoire de 400.000 habitants. Au 21 janvier, 150 professionnels de santé, 85 professionnels libéraux et 31 patients dialysés avaient été vaccinés. La vaccination des personnes de plus de 75 ans a commencé le 23 janvier. Les prochains rendez-vous ne pourront être pris qu’à compter du 17 février. Quant aux 10 centres, dont celui de Romainville, absolument rien ne dit qu’ils pourront ouvrir dans les prochaines semaines. J’ajoute qu’à la date du 27 janvier, le département de la Seine-Saint-Denis était bon dernier pour le nombre de personnes vaccinées (0,9%).

Si l’on se réfère à la phase 1 de la campagne de vaccination décidée par le ministère de la santé et des solidarités. Le chiffre de 100.000 évoqués par Madame la conseillère municipale est bien inférieur à la réalité. Ainsi,  c’est plus de 30.000 personnes de notre territoire qui devraient avoir reçu le vaccin, d’ici le début mars (professionnels de santé publique et privée, pompiers aides à domicile, personnes de plus de 50 ans atteintes de comorbidités, personnes en situation de handicap, personnes âgées de plus, de 75 ans…). Comment cela est –il possible compte-tenu du rythme actuel de vaccinations ? À l’évidence, la France et l’Europe gèrent une pénurie de vaccins ! Nommer les choses par leur nom, ce n’est pas intenter un quelconque procès au gouvernement.

C’est un fait, les calendriers de livraisons ne sont pas respectés par les laboratoires. Pendant combien de temps encore, notre pays, comme ceux de l’Union européenne, seront tributaires des décisions des grands laboratoires, pour qui, seuls comptent les profits financiers, qui plus est, réalisés avec l’apport de fonds publics. Il est impératif que la France et l’Union Européenne exigent, de ces groupes, que leurs engagements soient respectés. L’entreprise Sanofi vient d’annoncer dans le cadre d’un accord avec Pfizer le conditionnement de 100 millions de doses pour le mois de juillet. Une décision qui arrive avec retard et très insuffisante. Madame Philippin nous dit que cet accord pourrait permettre la production en France. Non ! Ce sera en Allemagne. La France peut s’appuyer sur l’adoption d’une la résolution du Conseil de l’Europe « appelant à dépasser le système de brevets pour sortir de la pandémie, afin d’assurer la production et la distribution, à grande échelle, de vaccins dans tous les pays et pour tous les citoyens ». Pourquoi pas dans d’autres sites de Sanofi… en France.

La COVID 19 se propage comme un feu de forêt. Les solutions doivent se propager plus rapidement encore. Aucun pays, aucun continent ne sortira de la pandémie au détriment du reste du monde. Au contraire, la seule voie de lutte contre le virus et de sortie de crise serait d’adopter des politiques publiques nouvelles et offensives de coopération et de solidarité internationales, comme l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en conjure les chefs de gouvernements et d’État depuis longtemps, avant même le déclenchement de la pandémie de COVID 19.

Le 28 janvier, le généticien Axel Kahn, considérant que l’absence de distribution de vaccins aux pays les plus pauvres, « ne permettra pas de faire face à la catastrophe » a lancé un appel solennel à Emmanuel Macron « l’exhortant de lancer une initiative à l’international, peut-être par une convocation du Conseil de sécurité de l’ONU, pour organiser une distribution équitable des vaccins sur l’ensemble de la planète, sans spolier personne. »

Cette sollicitation nous interpelle toutes et tous. Elle nous éloigne des considérations politiciennes, avouées ou non ! Elle exige des réponses claires, un pacte de vérité et de transparence de la part de nos gouvernants. Ici, nous parlons du destin des citoyens du monde !

mercredi 22 juillet 2020

UNE CRISE ANTHROPOLOGIQUE. FAUT-IL PRÉFÉRER LES LIENS OU S’OCCUPER DES BIENS ?




Une tribune de Pierre Dharréville Député PCF des Bouches- du-Rhône

Faut-il préférer les liens aux biens ? On aurait envie de le dire. Ce qui nous fait humains, nous l’avons bien éprouvé au cœur de ce confinement, c’est la relation.
D’une façon ou d’une autre, c’est dans la rencontre que se fait reconnaître notre dignité, que nous nous révélons et que nous nous épanouissons. Et l’état des rapports sociaux est profondément dégradé dans notre société et au-delà. Ils sont gravement affectés par la grande compétition de tous contre tous, par l’injonction à la rentabilité de la personne, par le culte de la réussite, par l’accumulation de richesses, par l’insécurité sociale qui pousse au repli sur la gestion de ses seuls intérêts.

C’est pourquoi, avec Lucien Sève, j’affirme que la crise anthropologique dans laquelle nous sommes plongés est au moins aussi profonde que la crise écologique. Et qu’elle résulte du capitalisme qui nous impose « une décivilisation sans rivage ». Tout cela n’a pas de sens, et s’il continue de faire preuve de formidables élans, le genre humain s’abîme. Il s’abîme parce que, comme l’écrivait Marx, l’essence humaine, « c’est l’ensemble des rapports sociaux ». Même si nous sommes chacune et chacun singuliers, nous sommes sociétaires du genre humain et pris dans son histoire et ses contradictions. Or, dans la même veine, il a aussi eu cette formule qui interroge : « L’homme, c’est le monde de l’homme. » Et le monde de l’homme n’est pas que relationnel, il est aussi matériel.

C’est avec nos corps que nous entrons en relation. Ces corps qu’il faut nourrir, qu’il faut protéger, qu’il faut transporter, qu’il faut soigner… Nous habitons le monde, dont nous ne sommes pas séparables (d’où l’enjeu de respecter notre environnement). Et nos liens (plus ou moins immatériels) ne sont pas décorrélés des biens matériels. Il n’y a pas les liens purs et les biens impurs. Ce qui est problématique, ce n’est pas qu’on puisse aspirer à certains biens, c’est l’obsession qu’ils représentent au point d’occuper tout l’espace de nos désirs ; c’est l’illusion qu’ils représentent d’un bonheur confondu avec le confort et la surabondance ; c’est la quête sans mesure et sans fin de posséder. Nous nous perdons dans cette volonté d’avoir, qui se confond avec l’être au point de l’annexer. Nos liens sont détournés et instrumentalisés, vouant les humains à d’autres fins que celle qu’on leur imagine et qui a quelque chose à voir avec le bonheur. Alors l’humain est chosifié.

Cette volonté d’avoir est le fondement du capitalisme, un régime de grands propriétaires qui ne tient que par l’exploitation du travail dont la rémunération est réinvestie dans la consommation. Mais, dans cette volonté d’avoir, il y a aussi une part légitime ; ils le diront avec éclat, celles et ceux qui manquent. Il y a ces biens dont nous avons besoin pour vivre, et dont nous avons besoin pour être liés. Alors on ne peut pas en rester à sembler inciter les gens à se contenter de peu. Dans le respect des autres et des ressources finies de la planète, chacune et chacun a droit à la vie belle. Au plein épanouissement. « L’entière croissance », disait Jaurès. La croissance de soi, pas la croissance capitaliste qui dévore tout comme un ver de terre. Qu’on en soit convaincu, la pleine émancipation, cela va bien au-delà des conditions matérielles d’existence, cela va même bien au-delà de bonnes relations aux autres, c’est l’émancipation de soi-même partie prenante de l’émancipation et de la création de l’humanité.

Alors il faut s’occuper des biens, s’en occuper autrement. C’est incontournable pour modifier les rapports sociaux. À l’heure de la privatisation du monde, il ne suffira pas de s’en désintéresser. C’est autour des biens communs que peut se jouer une nouvelle dynamique de progrès humain. C’est dans des démarches de réappropriation sociale que peut se réinventer le devenir humain. C’est pourquoi j’ai lancé, dans ma circonscription, « le grand inventaire des biens communs ». Avec tous ceux et celles qui le veulent, nous allons dresser cet inventaire, depuis la planète jusqu’au square en bas de la cité, depuis les brevets de molécules qui sauvent jusqu’au droit à la retraite, depuis l’hôpital public jusqu’à l’eau du robinet…

Nous allons y mettre la sécurité sociale, cet outil formidable de civilisation empêché de prendre tout son élan, qui fait du travail un de ces biens qu’on partage et qui donne des droits. Une des caractéristiques d’être humain est de produire et de créer : de travailler. Nous voulons que travailler ait un sens, que nul n’en soit exclu, que ce soit un geste d’émancipation : de chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins. Le pouvoir acquis par l’humanité sur la vie elle-même, à travers le travail, à travers la connaissance et la technologie, interroge notre destin commun. Que faire de ce pouvoir, de ce superpouvoir et à quelles fins ? Que devenons-nous en l’exerçant ? Nous voici face à des questionnements vertigineux, face à des enjeux de civilisation qui engagent l’avenir du genre humain.

Nous allons regarder le monde autrement, regarder nos vies autrement. Nous allons réintroduire de la politique démocratique là où elle est économique et financière. Pour être liés autrement aux autres et au monde. Pour dire ensemble quelle humanité nous voulons être.

samedi 20 juin 2020

Est-il sérieux ? À propos des contre-vérités de la liste des sortants !




AU NOM DES COMMUNISTES DE ROMAINVILLE, D’HIER ET D’AUJOURD’HUI !

Est-il sérieux d’affirmer que le PCF veut « reconquérir la municipalité », alors qu’il peut espérer avoir 4 élu-e-s sur 35 conseillers municipaux ?

Est-il sérieux d’affirmer que le PCF aurait été contre le prolongement de la ligne 11 du métro alors que ses militants ont animé le comité pour le métro dans une large union, notamment avec le regretté Mr. BOULAUDAT et avec des initiatives dont les Romainvillois se souviennent comme l’inauguration d’une station revendicative place du marché ? (voir la photo ci-dessus)

Est-il sérieux d’oublier que l’achat du cinéma le Trianon a été l’œuvre de deux Maires, Mr. Robert Clément et Roger GOUHIER au nom des villes de Romainville et Noisy-le-Sec ?

Est-il sérieux de prétendre que le PCF se serait opposé au tramway T1, c’est-à-dire un projet départemental du 93 dont  Robert Clément était président ?

Est-il sérieux d’oublier que jusqu’en 2000, des milliers de Romainvillois ont bénéficié  de logements sociaux et d’équipements publics municipaux répondant à leurs besoins à une époque où le mot social avait encore un sens ?

Est-il sérieux d’oublier, surtout dans la période actuelle, que le député communiste Roger GOUHIER, fort de la volonté des militants communistes de l’entreprise avait déposé en 1979 un projet de nationalisation du groupe HMR, aux Bas-Pays, qui fut refusée en 1981, tandis que l’entreprise quittait la ville en 2013 avec 3000 emplois perdus ?

Et puis, est-il sérieux d’oublier, que lors des dernières mandatures, madame Sofia DAUVERGNE avec ses collègues de « Romainville-Ensemble » et ceux de l’opposition de droite ont permis un peu de démocratie dans le Conseil municipal ?

Enfin, est-il sérieux, et simplement du respect, d’oublier que des élu-e-s socialistes ont longtemps géré la ville avec leurs camarades communistes dans une union de la gauche très constructive, mais c’était une autre époque ?

Et puis, on se souvient de ce retraité s’adressant à Robert Clément « Vous, monsieur, vous n’avez pas abîmé la ville ».



jeudi 14 mai 2020

"Une transformation sociale et environnementale vitale". Tribune des élu-e-s de Romainville Ensemble



Nous apportons tout notre soutien aux personnes touchées par la maladie et adressons nos sincères condoléances aux familles des victimes. La Seine Saint Denis aura été particulièrement frappée par l’épidémie. Le désengagement de l’Etat, les politiques d’austérité menées depuis plusieurs décennies ont creusé les inégalités dans de nombreux domaines : l’éducation, la justice, la sécurité et la santé. Ces inégalités ont rendu la population encore plus vulnérable face au virus. 

Nombreux sont ceux qui ont été contraints de travailler sans les protections nécessaires. Notre département est aussi le moins bien doté en termes d’accès aux soins. Durant notre mandat, nous avons alerté à plusieurs reprises le conseil municipal sur la situation financière de l’hôpital A Grégoire, la majorité n’a jamais voté nos vœux le concernant. Pourtant malgré son manque de moyens, mais grâce à la forte mobilisation des personnels, le CHI a pu se réorganiser pour faire face à l’afflux de patients. 

Nous tenons aussi à saluer l’élan de solidarité envers les plus fragiles. Sur notre ville, des initiatives citoyennes et associatives ont pallié l’insuffisance des politiques gouvernementales et locales. Cette crise aura révélé les méfaits désastreux de décennies de libéralisme. Elle exige une transformation profonde de notre société pour plus de justice sociale et environnementale.
Retrouvez nous sur Facebook : « Romainville ensemble »
Sofia DAUVERGNE
Brigitte MORANNE
Stéphane DUPRÉ
Corinne BUZON
Samia AFROUNE

vendredi 24 avril 2020

« Matrice(s) », le bloc-notes de Jean-Emmanuel Ducoin !




"L'après" sera-t-il comme avant... mais pire?

Procès. Une question s’impose désormais par anticipation, dans toute sa cruauté, et nous aurions aimé ne pas avoir à la poser: «l’après» sera-t-il comme avant… mais en pire? Personne ne saurait contester sérieusement que le désastre sanitaire et social que nous vivons en mondovision révèle l’absurdité funeste des modèles de gestion et d’organisation de nos sociétés. Cette crise, historique, ouvre pour beaucoup le champ des possibles et oblige chacun d’entre nous à ne pas rater l’occasion d’en tirer des leçons durables. Néanmoins, méfions-nous des faux-semblants, des postures, des phrases opportunistes la main sur le cœur qui laissent à penser qu’une fois la tragédie surmontée «plus rien ne sera comme avant». Les «convertis» sont trop nombreux pour être honnêtes. Mac Macron lui-même, jamais avare de détournement de sens, utilise parfois des rhétoriques qui donnent le tournis, tant et tant que, s’il ne s’agissait pas de lui, on croirait entendre parler un commissaire au Plan communiste agissant pour le renouveau de la République après la Libération. 


Un chronicœur du Monde a même osé s’interroger, avec sérieux, en ces termes: «La question est de savoir s’il s’agit simplement de la réponse conjoncturelle à un choc économique historique ou bien s’il s’agit de l’amorce d’un de ces changements en profondeur qui ponctuent la vie du capitalisme.» Et il ajoutait, toujours avec le même sérieux: «Les historiens de l’économie diront s’il a fallu qu’une chauve-souris transmette un sale virus à un pangolin, destiné à finir dans l’assiette de gastronomes chinois, pour qu’on puisse dater le passage d’une ère économique à une autre: la fin de quarante années de néolibéralisme en Europe et aux États-Unis et l’esquisse du début d’autre chose.» Résumons. L’après-Covid-19: à gauche toute? Comment ne pas instruire, d’ores et déjà, un procès en insincérité…


Traces. Vous connaissez l’histoire. Une grande espérance suivie d’une brutale ou lente désillusion. En France, telle pourrait être la définition de la gauche au pouvoir. Mais seulement. Depuis près de quarante ans, chaque crise a nourri l’espoir d’une prise de conscience globale et collective, d’un grand coup d’arrêt au capitalisme ensauvagé. Les débâcles boursières allaient stopper les privatisations, les crises financières enrayer la machine à profits. Souvenons-nous des propos si peu prophétiques de Nicoléon, après 2008, annonçant un changement de paradigme du capitalisme. Et? Rien. Disons même tout le contraire. Tout ne fut qu’accélération, aggravation, accumulation… Les exemples ne manquent pas. Bien sûr, et quoi qu’il survienne dans les prochains mois, la séquence du coronavirus aura constitué – hors guerres mondiales – la première inquiétude planétaire d’ampleur de nos existences, en une époque où le monde vit d’échanges et de transferts d’information en un temps qui défie les lois humaines. 


Cette grande peur universelle laissera des traces: ne négligeons pas la portée de cette potentielle «révolution» anthropologique. Ne doutons pas que, en apparence au moins, les responsables politiques en tiendront compte, histoire de contenir la colère populaire. Sauf que, à l’évidence, ce qui au départ laisse croire à une route pavée de bonnes intentions peut vite déboucher sur la «stratégie du choc» bien connue. Lorsque Mac Macron évoque des «décisions de rupture» parce que nous devons «interroger le modèle de développement dans lequel s’est engagé le monde», peut-on, doit-on le croire, alors qu’il conviendrait de convoquer, ici-et-partout, une coalition politique anticapitaliste capable de renverser le système? Même quand il arpente la bonne direction, le mouvement des idées de transformation ne suffit jamais à mettre à terre les matrices infernales. Et mieux vaut alors ne pas s’en remettre, pieds et poings liés, aux gouvernants responsables de la catastrophe…


lundi 13 avril 2020

Un point de vue de Patrick Le Hyaric sur la mortalité en Seine-Saint-Denis



La mortalité liée au COVID-19 est quasiment deux fois plus forte en Seine-Saint-Denis (93), qu'à Paris. Que l’on ne s’y trompe pas : l’énormité de ce désastre a essentiellement pour raison une rupture d’égalité, orchestrée depuis des décennies par les différents gouvernements qui se sont continûment succédé. 

Si l'on meurt plus dans le 93, ce n'est pas parce que c'est une "zone de non-droit". Mais bien parce que l’épidémie amplifie les inégalités sociales et territoriales. Logement exigus - désert médical- les premiers de corvée qui continuent à bosser… Ici, c’est bien le moins de service public, le moins de télétravail, qui expliquent la surmortalité.