samedi 8 avril 2023

Intervention de Brigitte Moranne : "Budget primitif au conseil municipal du 06 Avril 2023"

 


Intervention Budget primitif au conseil municipal du 06 Avril 2023

Groupe « Communiste-anticapitaliste et citoyen »

 

Monsieur le Maire, Madame la Maire adjointe, mes chers collègues,

Permettez-moi de saluer la qualité du travail réalisé par les services et la qualité du document qui nous est donné d’étudier, mais au-delà du bordereau strictement financier, il intègre une démonstration qu’il nous faut apprécier.

Pour construire le budget 2023, la municipalité a intégré l’augmentation de la population qui a progressé de 10% en deux ans. Notre ville comporte aujourd’hui 31469 habitants. La Ville devra supporter entièrement les besoins croissants de la population dans un cadre budgétaire contraint du fait du décalage de 3 ans dans la prise en compte des chiffres de l’INSEE. Si cette forte progression de la population induit une augmentation des recettes en termes de tarification et une progression de la fiscalité suite à l’augmentation de logements, elle induit aussi de nouveaux besoins en termes d’équipements et de services publics qui pèseront lourdement sur les budgets futurs.

La ville a aussi intégré le contexte inflationniste estimé à 5,2 % en moyenne sur l’année. Comme nous l’avions exprimé lors du débat d’orientation budgétaire, nous constatons une forte dégradation des conditions dans lesquelles nous devons réaliser le budget primitif 2023, avec en particulier la flambée des prix énergétiques, dont l’augmentation est estimée entre +160% et 204%, mais pas seulement, car l’inflation touche l’ensemble des produits dont l’alimentaire et le carburant ainsi que l’augmentation des taux d’intérêts des banques Un contexte d’autant plus difficile que nous sommes face à un gouvernement qui fuit ses responsabilités

Le budget primitif présenté aujourd’hui, s’inscrit dans le cadre de l’engagement pris en début de mandature par la majorité municipale et est en conformité avec les orientations présentées au conseil municipal du 16 Février 2023. Nous y trouvons la marque de la volonté de notre majorité de préparer l’avenir à partir d’une gestion saine et utile à toutes et tous

Il est la traduction concrète des ambitions qui sont les nôtres pour notre commune Ce budget est marqué par une triple ambition :

D’une part, celle de la maitrise des coûts de fonctionnement de notre administration, tout en renforçant un service public de qualité et de proximité Cependant , malgré des efforts de gestion, la progression réelle des dépenses de fonctionnement s’élève à 9,63% Cette évolution est essentiellement due aux mesures exogènes déjà citées  qui représentent plus de 62% de l’augmentation des dépenses réelles de fonctionnement , mais elle est aussi liée à l’augmentation des besoins de la population et de la fréquentation des services.

Le budget de fonctionnement s’équilibre entre recettes et dépenses.

Les dépenses de fonctionnement sont à la fois liées aux dépenses contraintes mais aussi aux ambitions politiques de la municipalité.

Malgré un contexte exigeant où les ressources évoluent moins vite que la population et où chaque jour est plus incertain, notre groupe trouve dans ce budget différents motifs de satisfaction :

Le soutien qui est accordé aux politiques publiques dans de nombreux domaines : Education, sport, jeunesse, vie associative, petite enfance restauration scolaire, insertion, égalité territoriale notamment avec la création du centre social à Gagarine

Concernant les ressources humaines, les charges en personnel évoluent de 7,32%. Cependant, en intégrant le GVT ainsi que les mesures gouvernementales que notre groupe juge insuffisantes mais non compensées (augmentation du SMIC, CTI et revalorisation du point d’indice) la masse salariale progressera moins vite que l’évolution de la population.

La ville poursuivra l’effort engagé dès 2021 consistant à pourvoir les postes vacants, et ce dans un contexte de manque d’attractivité, créer des postes nécessaires à l’amélioration du service public. Notre groupe souligne l’engagement de la ville, en matière de santé/sécurité au travail, d’aide à la restauration des agents et à la formation. Nous nous félicitons de la pérennisation du chèque cadeau aux agents contractuels, vacataires et aux agents en insertion Nous soulignons aussi sa revalorisation

Concernant les charges financières, au cours des deux derniers exercices, la ville a réduit le poids des intérêts de la dette, en réduisant son encours. Néanmoins, la remontée des taux d’emprunt risque d’impacter les emprunts toxiques dont l’encours pèse pour 23%. La situation de la dette pourrait donc évoluer au cours de l’année.

La Ville doit aussi faire preuve de prudence et provisionner en vue de pénalités financières lourdes dans le cadre des contentieux d’urbanisme appartenant au précédent mandat

Une ZAC de l’horloge initialement conçue avec un niveau d’équipements publics très faible au regard de l’explosion démographique, est en réalité déficitaire.

Dans le cadre des transferts de compétence, le financement de son déficit sera supporté à 50%par Est Ensemble et 50% par la Ville, soit un reste à charge d’au moins, 6,2 Millions à l’horizon 2026/2027. Un budget de 1,5 M a été inscrit pour cette année ; La construction d’une nouvelle école dans ce quartier sera nécessaire

Dans ce contexte défavorable pour les collectivités locales, et malgré ses efforts de gestion et la recherche de financements, la ville a dû opter pour une augmentation de la taxe foncière à hauteur de 3,84 points de base soit 10%.

Concernant les investissements

La ville prévoit de poursuivre la rénovation et la réhabilitation de ses infrastructures et de son patrimoine vieillissant. (Écoles et autres bâtiments communaux, voiries et équipements sportifs) de poursuivre sa politique sur la transition écologique, de lancer des travaux des 2 premiers sites pilotes de stratégie paysagère, d’augmenter son parc de véhicules électriques.

Le Budget primitif 2023 prévoit aussi de nouveaux équipements publics

La Ville n’ayant plus de réserve foncière, elle sera amenée à rechercher des solutions pour la réalisation de certains équipements publics en lien avec l’augmentation de la population. D’ores et déjà, elle y affecte 1,3 Millions de crédits.

Concernant les AP/CP, la ville a dû continuer à assumer financièrement un certain nombre de projets antérieurs qui ont réduit ses marges financières mais qui sont en passe de s’achever en 2023 excepté le NPRU Gagarine.

Pour conclure, ce budget démontre l’attachement de la majorité pour une gestion progressive et responsable des finances publiques. Il allie également efficacité et proximité, solidarité et innovation, pour une ville qui bâtit l’avenir, tout en s’assurant que tous ses habitants puissent en bénéficier. C’est pourquoi le groupe « Communiste, anticapitaliste et citoyen votera le budget primitif 2023.

Je vous remercie.

Brigitte Moranne

vendredi 3 mars 2023

« Boîte de Pandore », l’éditorial de Sébastien Crépel dans l’Humanité.



À chaque réforme des retraites, c’est la même histoire. Celle de la der des ders, qui va accomplir ce que les précédentes réformes n’ont prétendument pas fait, alors qu’elles nous avaient pourtant été vendues pour cela: redresser les comptes pour «sauver» le système par répartition, et mettre pour longtemps nos retraites à l’abri des vents mauvais. On peut ouvrir les paris: cette réforme, comme celles dhier, ne sera sûrement pas la dernière. Après elle en viendra une autre, plus antisociale encore. Elle est déjà en discussion: il suffit de prêter loreille à ce qui se murmure sur les bancs de la droite au Sénat, et de lire entre les lignes de ses amendements. De quoi est-il question? De tout ce que, cette fois, le gouvernement naura pas accepté dinclure dans son projet.

Prenons les régimes dits spéciaux. Leur suppression a bien été ratifiée une première fois par les députés – c’est même le seul article qu’ils ont voté – mais les sénateurs LR en demandent plus: ils veulent abroger la «clause du grand-père», cette disposition selon laquelle les salariés déjà embauchés gardent le bénéfice des régimes auxquels ils ont cotisé. En réalité, cette «clause» a tout du trompe-l’œil pour acheter la paix sociale – sans y parvenir, les salariés des dits régimes n’étant pas dupes du tout. L’argument des jusqu’au-boutistes libéraux coule de source: comment, s’étranglent les sénateurs LR, les salariés dune même profession cotiseront à deux systèmes différents pendant 43 ans, le temps que les derniers affiliés à ces régimes aient achevé leur carrière? Quelle usine à gaz!

Voilà pourquoi il ne faut pas toucher à l’écheveau du gouvernement: en tirant, cest la pelote entière qui se dévide. Que la droite nobtienne pas gain de cause sur tout lui importe peu, ses élus prennent date. Ils n’oublient pas qu’ils ont fait campagne pour la retraite à 65 ans. Cette réforme est pour eux la boîte de Pandore. Si elle passe, la voie sera ouverte pour la suivante. Si elle est stoppée, c’est non seulement Emmanuel Macron, mais aussi tous ceux qui préparent le mauvais coup d’après qui seront en échec. 

 

« Nombril », le billet de Maurice Ulrich.



Ce n’est pas très sérieux, quoique… La métamorphose du tourisme inquiète Luc Ferry. 700 millions de personnes en Europe et, écrit l’ancien nouveau philosophe dans le Figaro, c’est avec ça que l’on entend retrouver «une sorte de moi authentique. Bon voyage vers votre nombril». Ainsi, «depuis plusieurs années, les yogis amateurs ou professionnels ont investi lespace public et les réseaux sociaux. Voilà quils sinstallent sur les pontons des bateaux de croisière». Mais lui, que diable va-t-il y faire? Voilà des années qu’il y participe en invité rétribué. Grèce, Suède, Norvège, Mékong… Et voici comment il évoquait, dans une vidéo, un bâtiment de la flotte Ponant, qui, il est vrai, n’a rien à voir avec les géants à 5 000 passagers. «Cest un 5 étoiles sur l’eau. Comme un yacht privé avec un service exceptionnel, une gastronomie digne de nos meilleurs restaurants…» ​​​​​​​Mais il y donne des conférences. Ce doit être pour rendre, comme le voulait Diderot, «la philosophie populaire» et développer l’esprit critique. 

 

jeudi 2 mars 2023

« Les dix plaies d’Égypte », l’éditorial de Cédric Clérin dans l’Humanité.



Le gouvernement serait-il pris de panique? Il est vrai quavec larrivée de la réforme des retraites au Sénat, lexécutif est coincé entre plusieurs marteaux et plusieurs enclumes. La droite, qui domine la Chambre haute, veut faire adopter des amendements pour alléger la régression pour les «mères» (pas les femmes, donc). Mais les députés de droite, dont il s’agira ensuite de s’assurer les voix pour faire voter la loi à l’Assemblée, préfèrent axer leurs revendications sur les carrières longues. Si le gouvernement cède aux deux, les économies que permettrait la réforme, dont ses promoteurs peinent déjà à convaincre de l’utilité, deviendraient faméliques au regard des efforts demandés aux salariés. Casse-tête en vue.

La droite sénatoriale a également fait, depuis longtemps, de la fin des régimes dits «spéciaux» un cheval de bataille. Elle voudrait donc accélérer leur suppression. Si le gouvernement accepte ce recul supplémentaire, cela reviendrait à rompre le contrat passé avec les salariés concernés au beau milieu de leur carrière. De quoi alimenter légitimement la colère dans des secteurs stratégiques en vue du blocage du pays prévu à partir du 7 mars. Nouveau casse-tête.

Voilà donc l’exécutif otage des droites et sous la pression de salariés massivement opposés à la réforme. De quoi faire perdre les pédales au porte-parole du gouvernement, Olivier Véran. Celui-ci n’a pas hésité à déclarer que, dans un contexte de sécheresse, bloquer le pays serait «prendre le risque dune catastrophe écologique, agricole ou sanitaire». Que, face au papillomavirus, ce serait «négliger la santé de nos enfants» ou qu’avec l’inflation, on risquerait d’ «alourdir une facture déjà salée». Rien que ça. «Faites grève et les dix plaies d’Égypte sabattront sur la France», nous dit-il en substance. On se souvient qu’en 2005, lors du débat sur le traité constitutionnel européen, certains n’hésitaient pas à promettre une sorte d’apocalypse en cas de victoire du non. Cette panique est un signe que la victoire du mouvement social est possible.

 

« Le verre plein », le billet de Maurice Ulrich.



C’est bien connu, les pessimistes voient le verre à moitié vide et les optimistes le voient à moitié plein. Les premiers, en France, s’inquiètent de l’inflation qui, parce qu’elle concerne en premier lieu les produits alimentaires de base, frappe d’abord les plus modestes dont la part des dépenses contraintes est la plus forte. Certains, dans la même veine, évaluent jusqu’à 2000 euros la perte de pouvoir dachat des ménages lan passé. De lautre côté notent les optimistes, «linflation a dopé la croissance et les profits des fleurons français du CAC 40» ( le Figaro, samedi 25 février), ou bien, alors que «les dividendes ont atteint de nouveaux records dans le monde» ( les Échos, mercredi), la France, est-il précisé, est le pays qui a le plus contribué à la croissance des dividendes en Europe. Plus 44% pour TotalEnergies, 64% pour Engie, 20% pour LVMH, LOréal, 62% pour Hermès En fait ce nest pas que le verre soit à moitié plein ou vide, cest que, pendant que les verres se vident, ce sont des piscines qui se remplissent.

 

mercredi 1 mars 2023

« Objectif 7 mars ! », l’éditorial de Jean-Emmanuel Ducoin dans l’Humanité.

 


Alors qu’Emmanuel Macron entame une tournée africaine en annonçant vouloir faire du neuf tout en activant les vieilles recettes de la Françafrique – s’adapter pour perdurer, en somme –, l’explosif projet de loi sur les retraites est désormais en discussion au Sénat. Entre vacances et rentrée scolaire, le pays, en état d’extrême tension, semble comme suspendu dans l’attente des jours prochains, à la manière d’une sorte de «trêve» durant laquelle chacun retient son souffle pour mieux préparer le retour de la grande bataille. Une date occupe déjà tous les esprits: le 7 mars.

Ce jour-là, les mobilisations devraient prendre une tout autre forme et sans doute s’installer dans la durée. Des transports au secteur de l’énergie (raffineurs, EDF, etc.), la volonté de «bloquer le pays» nest pas quun affichage, mais bien une réalité sous la forme de grèves reconductibles, dores et déjà annoncées çà et là. Ainsi, à la SNCF, lensemble des syndicats appellent à laction dès le 7 mars. Nous connaissions la position de la CGT cheminots et de SUD rail. L’Unsa ferroviaire et la CFDT attendaient de consulter leurs adhérents. Les résultats de «la base» sont sans appel: plus de 80% davis favorables! Tous les cheminots rejoignent donc les grévistes de la RATP, qui avaient déjà annoncé, mi-février, participé au durcissement du combat.

Rien n’est écrit à l’avance. Mais l’affaire risque de se compliquer pour le couple Macron-Borne. D’autant que les sondages ne montrent aucun essoufflement, bien au contraire. Dans la dernière livraison de l’Ifop, seules 10% des personnes interrogées se déclaraient «tout à fait favorables» à la réforme. Du jamais-vu! Lexécutif a définitivement perdu la bataille de lopinion. Lampleur du mouvement de contestation nous prouve par ailleurs que la lutte sociale, quand elle redevient centrale, modifie le paysage et instaure en profondeur un nouveau rapport de forces. Toucher aux retraites a joué en point d’accroche, révélant une colère fondamentale et légitime: linaltérable exigence d’égalité, celle qui secoue les citoyens et élève les consciences. À rebours de l’histoire, Macron et ses premiers de cordée ont osé envoyer un message mortifère aux générations futures: «Après nous, le déluge!» Le rejet des Français est à la hauteur de ce mépris.

 

« Médecines », le billet de Maurice Ulrich.



Comment dire que le gouvernement ne se soucie pas du surendettement et de la précarité des ménages, alors qu’il vient de lancer une expérimentation appelée «Aide-Budget»? Elle repose sur un repérage précoce des situations de difficultés financières et un «accompagnement renforcé des ménages»Ainsi, pour Bercy, «quand un bailleur social repérera deux impayés de suite, il déclenchera une procédure pour proposer un diagnostic». Un peu comme avec les médecins de Molière. «Ossabandusnequeisnequer, potarinumquipsa milus. Voilà justement ce qui fait que votre fille est muette.» Factura retardam, argentus manqum. EDF, Engie et TotalEnergies seront également partenaires de cette opération, en plus d’engager comme il se doit les procédures légales de recouvrement auxquelles elles ne sauraient déroger. Les ménages seront alors orientés vers un conseil budget, qui les aidera à améliorer leur gestion. Sinon, selon une récente étude du CSA, les foyers français estiment qu’il leur manque chaque mois plus de 450 euros pour vivre correctement.