jeudi 2 septembre 2021

Musique. Le compositeur grec Mikis Theodorakis est mort



Le grand compositeur grec Mikis Theodorakis est mort à l'âge de 96 ans à Athènes. Ancien résistant et opposant à la dictature des colonels qui lui valu un exil en France, membre du KKE, Mikis Theodorakis était devenu célèbre en composant la musique du film Zorba le Grec (1964), reprise à travers le monde. On lui doit aussi la musique de films comme Z ou Serpico.

Né le 29 juillet 1925 à Chios, en Egée, dans une famille d'origine crétoise, Mikis Theodorakis est l'auteur d'une oeuvre gigantesque et le plus célèbre des compositeurs grecs. Il est devenu le symbole de la résistance en Grèce à travers les époques. Dès le début de la dictature des Colonels, qui démarre le 21 avril 1967, Theodorakis est arrêté.

Pendant la crise financière qui frappe la Grèce, il manifeste contre les mesures d'austérité imposées par les créanciers du pays (BCE, UE, FM). Il avait été blessé par des gaz lacrymogènes en février 2012 lors d'une violente manifestation devant le Parlement à Athènes.

Engagé auprès des communistes au cours de la guerre civile qui éclate en Grèce à la suite du conflit mondial, il est déporté dans l'île-bagne de Macronissos, où il est torturé.

 

Theodorakis a composé plus de mille mélodies, reposant souvent sur des poèmes des plus grands auteurs helléniques, ainsi que sur des textes de Lorca ou de Neruda, mais aussi composant de la musique symphonique, des ballets, des opéras ou des hymnes nationaux. Il a donné plusieurs concerts à la Fête de l'Humanité, comme ici en 1971 ou ici en 1974.

Compositeur prolifique oeuvrant aussi à la rénovation de la musique populaire de son pays, Mikis Théodorakis a également laissé son empreinte sur la vie politique du pays. Résistant contre les nazis, militant communiste pendant la guerre civile (1946-1949), combattant contre la dictature des colonels (1967-1974), il a été député au Parlement dans les années 1980 et ministre dans un gouvernement dirigé par le conservateur Konstantínos Mitsotákis au début des années 1990, mettant fin aux scandales de l'époque du PASOK et de Papandréou.

Une polémique en France

En 2012, surgit en France une polémique issue de la droite, ressortant des propos tenus en 2003, où le compositeur estimait notamment que "les Sionistes contrôlent 99 % de la vie musicale mondiale". En pleine campagne pour la présidentielle, l'UMP Jean-François Copé  critique « Jean-Luc Mélenchon dont l'un des grands amis est Mikis Théodorakis, lequel professe ouvertement des propos antisionistes, antisémites, dans des termes extrêmement choquants ».  Nathalie Kosciusko-Morizet puis  Alain Juppé reprennent les accusations. Tous trois seront condamnés  par le tribunal correctionnel de Paris en 2015 pour avoir taxé publiquement Jean-Luc Mélenchon d'« accointances antisémites ». 

Dans une longue lettre datée du 15 juin 2012, publiée le 23 juin en version française sur son site internet personnel, et reprise ensuite dans l'Humanité, Míkis Theodorákis répond à ses détracteurs : « Je suis Grec et fier de l'être, car nous sommes le seul peuple en Europe qui, pendant l'occupation allemande (1941-1944), non seulement n'a pas exercé de poursuites contre les juifs mais, au contraire, les a aidés à vivre et à survivre avec tous les moyens dont nous disposions […] « Donc, me qualifier de raciste et d’antisémite n’est pas une simple calomnie, mais l’expression de la pire bassesse morale» .

Le compositeur a été à plusieurs reprises hospitalisé ces dernières années en raison de problèmes cardiaques.

 

mercredi 1 septembre 2021

« L’école abîmée », l’éditorial de Laurent Mouloud dans l’Humanité.


Les cloches de la rentrée sonnent ce matin pour 12 millions d’élèves. Mais, pour Jean-Michel Blanquer, c’est celles du bilan qui vont tintinnabuler à ses oreilles. À huit mois de l’élection présidentielle, le ministre de l’Éducation nationale entame sa dernière année rue de Grenelle, sous ce quinquennat du moins. Il devrait battre – le 13 septembre – le record de durée à ce poste. Une longévité synonyme de bâton de maréchal pour l’ancien haut fonctionnaire sarkozyste. Mais d’interminable agonie pour les personnels et le service public de l’éducation en général.

Depuis 2017, Jean-Michel Blanquer a appliqué avec constance une méthode simple : enchaîner les réformes libérales à un rythme effréné.

 

L’habile technocrate, proche du think tank de droite Institut Montaigne, a profondément abîmé l’école. Depuis 2017, Jean-Michel Blanquer a appliqué avec constance une méthode simple : enchaîner les réformes libérales à un rythme effréné (bac « à la carte », Parcoursup…), tout en étouffant les contestations par le développement d’une bureaucratie autoritaire et un profond mépris du dialogue social. Que dire à ces syndicats qui en sont réduits à découvrir les protocoles sanitaires dans la presse ? Il y a aussi le bilan comptable. Les budgets successifs ont supprimé 7 490 emplois dans les collèges et lycées, alors que les effectifs augmentaient de 63 662 élèves. La crise du recrutement n’a pas été enrayée, faute de revalorisation salariale suffisante. Au final, avouons que le « bon élève » d’Emmanuel Macron, comme l’appelaient certains médias, mérite plutôt le bonnet d’âne.

Voir aussi : Éducation. Une rentrée sous le signe de l’appréhension

Après quatre ans et demi de ce régime-là, la défiance atteint des sommets en salle des professeurs. Selon un récent sondage, 81 % des quelque 800 000 enseignants se déclarent contre la politique éducative de leur propre ministre. Une colère dans les établissements accentuée par la gestion minimale de la crise du Covid, dont beaucoup s’inquiètent des conséquences à long terme sur le niveau des élèves les plus en difficulté. De tout cela, Jean-Michel Blanquer n’en a cure. Conduire un ministère contre la volonté de ceux qui y travaillent au quotidien est devenu, depuis tout ce temps, une habitude. 

 

"La feuille de paie", l'éditorial de l'Humanité-Dimanche par Patrick Le Hyaric



De quel « retour de la croissance » parlent donc le gouvernement et les commentateurs économistes des grands médias bien en cour ? De la croissance des profits ou de celle des salaires ? Pour les premiers, c’est exact. L’accumulation de capitaux n’est pas ralentie par la pandémie, ni le versement de dividendes aux propriétaires des grandes entreprises. Le magazine « Challenges » a récemment montré que les 500 familles les plus fortunées et les plus puissantes de France ont doublé leur patrimoine depuis le début du mandat de M. Macron pour atteindre 1 000 milliards d’euros.

Tel est le résultat des décisions prises au cours des trois derniers quinquennats. Les conditions ont été créées pour que la rémunération du travail stagne au nom de l’abominable dogme capitaliste de la « baisse du coût du travail ». Pire, le revenu réel par ménage a diminué de 0,6 % au cours du premier trimestre de cette année. Durant la même période, le taux de marge des entreprises, qui permet de mesurer pour une large part la répartition entre la rémunération du capital et celle du travail, a bondi de 36 %. Et la pression nouvelle qu’exercera sur l’ensemble des travailleurs la contre-réforme de l’assurance-chômage, s’ajoutant aux lois et ordonnances de modification du droit du travail et au refus d’augmenter le salaire minimum, va encore amplifier ce phénomène anti-salariés et pro-capital.

Tout a été mis en place pour affaiblir le monde du travail au sein des entreprises. Même lorsque certains salariés ont pu toucher « une prime d’activité », c’est l’argent public qui a été mobilisé afin de ne pas détériorer le taux de marge des entreprises, qu’elles soient grandes ou petites. Le blocage du point d’indice des salariés des secteurs publics a des effets dévastateurs sur leur fiche de salaire. L’enjeu de l’augmentation des rémunérations du travail doit donc être remis avec force dans le débat public.

C’est d’autant plus indispensable que cette rentrée est marquée par de fortes hausses des produits de première nécessité, dont il faudrait sans attendre diminuer le taux de TVA. Le prix des carburants fait des bonds alors que le baril de pétrole reste moitié moins cher qu’en 2008. Les tarifs du gaz et de l’électricité flambent. Les coûts de la rentrée scolaire et universitaire sont à la hausse. Ces augmentations interviennent sous le quintuple effet des modifications climatiques, de la pandémie, de privatisations, de pertes de souveraineté industrielle et agricole et de recherche de profits les plus élevés possible. La concurrence justifiant les privatisations qui devaient permettre de diminuer les prix aboutit à l’inverse. Les profits du groupe Total comme de Shell sont au beau fixe. Les mauvaises récoltes de blé dur conduisent à l’augmentation des prix des pâtes et, demain, du pain. Les prix d’une multitude d’autres matières premières explosent. Nombre d’entre elles manquent, du papier au bois, au carton, au caoutchouc, ou certains matériaux de construction et des matières servant à fabriquer les circuits électroniques des voitures ou des batteries.

La destruction de nos propres capacités de production a aggravé notre dépendance aux importations et met déjà des usines automobiles à l’arrêt, provoquant du chômage partiel, donc des baisses sérieuses de rémunération, alors que la pression à la hausse de ces produits va s’intensifier. On pourrait connaître des situations similaires dans les secteurs de la construction et des travaux publics. Il y a bien urgence à repenser une nouvelle cohérence visant la réindustrialisation, la reconquête d’une agriculture paysanne, la réappropriation collective et sociale de pans entiers de l’économie et des services, et l’augmentation de la rémunération du travail et des pensions de retraite afin d’améliorer le pouvoir d’achat. Toute notre société en a un impérieux besoin, pour une nouvelle efficacité économique et écologique. Oui, l’enjeu de la feuille de paie doit faire l’objet de mobilisations nouvelles. La Fête de l’Humanité, dans moins de dix jours, résonnera de cette exigence.

Jean Kanapa, l’intelligence au service du Parti communiste



Gaël De Santis

L’écrivain communiste Jean Kanapa est né il y a cent ans cette année. Quand il meurt, en 1978, le quotidien Libération aura le goût douteux de titrer « La mort du crétin le plus célèbre ». Une référence au qualificatif dont l’a affublé Jean-Paul Sartre dans les années 1950, irrité par le dogmatisme de celui qui était alors dans le moule stalinien. Ce qu’il était, comme nombre de représentants de sa génération, avant de devenir un grand dirigeant communiste. Un dirigeant communiste qui bousculera les lignes et travaillera à l’émancipation du Parti communiste français du bloc de l’Est, au service de Waldeck Rochet et Georges Marchais. C’est le parcours de cet artisan de l’eurocommunisme que retrace celui qui fut l’un de ses proches, l’écrivain Gérard Streiff. Outre donner des éléments sur les relations Est-Ouest, le Puzzle Kanapa montre combien le PCF s’est attaché à faire de la démocratie et des libertés un élément important de sa conception du socialisme dans les années 1970, mais aussi que les réticences à quitter le giron soviétique furent fortes, à la base comme au plus haut niveau.

 

« Bascule », l’éditorial de Sébastien Crépel dans l’Humanité



Le patronat n’ouvre jamais le portefeuille de bon cœur quand il s’agit de parler salaires. Il faut qu’il soit parvenu au point où ne pas le faire risque de lui coûter plus cher, en pertes de chiffre d’affaires et de rentabilité, pour envisager d’infléchir le partage de la valeur ajoutée en faveur des travailleurs. Ce moment de bascule est proche. Dans certains secteurs en tension comme le BTP, la logistique, l’agriculture, les services à la personne ou la restauration, la pénurie de main-d’œuvre est telle que le patronat est au bord de la crise de nerfs. Ce n’est pas seulement le temps maussade qui freine le service en terrasse, mais une météo des recrutements au plus bas. À l’heure où les étudiants regagnent leurs amphis, les offres d’embauche languissent aux vitrines des cafés, tandis que les vendanges pourraient bien tourner au vinaigre si les saisonniers manquent à l’appel.

Partout, les jambes et les bras se font désirer dans ces métiers qui, en plus d’être difficiles, sont très mal payés. Alors que la reprise pointe son nez après une année de chômage forcé pour cause de pandémie, les candidats sont rares à accepter de se casser le dos pour des salaires de misère. Qui osera les blâmer ? Que celui qui n’a jamais ployé sous une hotte de 80 kilos de raisin ramasse la première grappe, avant de donner des leçons.

C’est une loi du capitalisme : les invisibles ne cessent de l’être qu’une fois qu’ils cessent de se sacrifier pour la bonne marche de la société. Ce qui, en soi, vaut tous les plaidoyers pour la revalorisation des salaires. Celle-ci ne saurait être payée sur les deniers de l’État, comme le souhaite le patronat déjà gavé d’aides publiques. Ni compter comme prix du silence sur tout le reste : les conditions de travail, la pénibilité, les cadences, la formation, la réduction du temps de travail… La Fête de ­l’Humanité des 10, 11, 12 septembre et la journée d’action intersyndicale du 5 octobre seront des moments forts pour en débattre et faire entendre les revendications incontournables.

 

« Scrabble », le billet de Maurice Ulrich.



Ne nous le cachons pas, c’est mal parti pour les retraites, très mal. Google, écrivaient hier les Échos, « poursuit sa course folle contre la mort ». Le groupe vient de mettre un milliard de plus dans un de ses laboratoires pour accélérer les recherches de médicaments contre le vieillissement et les maladies liées à l’âge. Mais ce n’est pas tout, de récents travaux, apprend-on, suggèrent que les humains pourraient vivre plusieurs centaines d’années. Ce n’est pas encore l’éternité dont on sait qu’elle est longue, surtout vers la fin, mais c’est un début. Déjà, des expériences menées sur des vers montrent que certaines manipulations génétiques ont permis de multiplier leur durée de vie par cinq, ce qui chez nous représenterait une vie de quatre à cinq cents ans. Ça en fait des heures de scrabble en Ehpad. Des tests ont commencé sur les souris. Et donc, ils ont bonne mine, le Medef, Bruno Le Maire, Emmanuel Macron, avec leur réforme des retraites… Il faut voir grand maintenant et très loin. En attendant, 60 ans, ça irait.

 

La hausse des salaires s’invite au cœur de la rentrée sociale



Marie Toulgoat

Face à la pénurie de salariés dans plusieurs secteurs, patronat et gouvernement admettent qu’une augmentation des rémunérations est nécessaire. Les syndicats veulent s’en saisir pour faire du niveau du Smic le sujet chaud de la conférence sociale qui débute aujourd’hui.

Les vacances sont finies pour le gouvernement et les organisations syndicales et patronales, qui commencent ce mercredi une série de réunions bilatérales. Tandis que les mois d’été ont été animés par une forte tension exercée sur certains secteurs d’activité, déplorant de lourdes difficultés de recrutement, l’ordre du jour des rencontres semble tout trouvé. Le secrétaire fédéral de Force ouvrière, Yves Veyrier, a déjà indiqué que la question serait le sujet prioritaire de la rentrée.

Alors que les prévisions promettent une croissance côtoyant les 6 % pour cette année, de nombreux métiers de l’hôtellerie-restauration, du bâtiment, du service à la personne, des travaux agricoles ou encore de la logistique peinent à embaucher. Selon la Banque de France, 48 % des entreprises ont rencontré des difficultés de recrutement. Si la situation n’est pas nouvelle, la crise sanitaire a amplifié le phénomène. « Dans l’hôtel où je travaille à Tours, le chef de cuisine a démissionné, le second a démissionné, tout comme la gouvernante, la cheffe de réception. Les salariés qualifiés ne veulent plus rester », témoigne Arnaud Chemain, secrétaire fédéral de la CGT commerce et services. La faute à des salaires et conditions de travail hasardeuses, que le Covid a rendu inacceptables aux yeux des travailleurs. « Avec le manque de reconnaissance, le travail du dimanche qui n’est pas mieux payé, sans treizième mois, beaucoup se sont rendu compte que la passion ne suffirait pas pour continuer », poursuit-il.

Sur les chantiers, souvent affectés par des pénuries de main-d’œuvre, le nombre de postes vacants est aussi au plus haut. Selon l’observatoire des métiers du BTP, sept entreprises sur dix anticipent des difficultés lors de leur recrutement. Le salaire et les conditions de travail sont invoqués dans 12 % des cas (derrière l’absence de personnel qualifié à proximité et le manque d’expérience des candidats). Même scénario dans le secteur du service à la personne. « Il s’agit d’un secteur historiquement en forte tension, du fait des conditions de travail difficiles, des temps partiels souvent imposés, ainsi que de la faiblesse des rémunérations. Le monde d’après n’a fait que greffer l’obligation vaccinale à cette situation. Il y a eu beaucoup de reconversions, souvent dans la tristesse », rapporte Stéphane Fustec, de la fédération CGT commerce et services.

La balle est dans le camp du Medef

Pour les syndicats, la seule solution pour résoudre cette situation est d’augmenter les salaires. «  Pour que les salariés soient heureux et fidèles, il faut qu’ils soient mieux rémunérés », glisse Stéphane Fustec. Sur ce constat, les organisations disposent d’alliés aussi puissants qu’incongrus : le patronat et le gouvernement. Habituellement frileux quand il s’agit de passer à la caisse, les employeurs semblent forcés par la pénurie, qui menace leur entreprise, à prendre leurs responsabilités. Nicolas Dumas, du Medef du Centre-Val de Loire, acquiesce : « L’entreprise n’échappe pas à l’évolution de la société. Elle ne fait plus rêver, notamment les jeunes, qui n’ont pas envie des contraintes liées à certaines professions dans le BTP, la mécanique, les transports ou la restauration. Il faut qu’on s’adapte. Voilà pourquoi on envisage une augmentation des salaires.  »

Certains employeurs ont même déjà mis la main à la poche pour retenir les salariés. Selon la fédération des particuliers employeurs de France, les salaires versés aux assistants de vie ont augmenté de 2,7 % en un an, ceux des salariés auprès de personnes dépendantes de 3,3 %. « La différence par rapport aux entreprises est que les particuliers ne cherchent pas à faire de profits, mais à répondre à un besoin », explique Stéphane Fustec.

Pourtant, si la hausse des salaires semble être une nécessité largement partagée, les avis sur ses modalités divergent. Le patronat, d’accord sur le diagnostic, gesticule quand il s’agit de sortir le chéquier. «  Si augmentation de salaire il y a, celle-ci doit reconnaître une montée en compétences du collaborateur  », estime Jean-François Faure, patron de AuCoffre.com (site de vente d’or et d’argent). « Derrière, ce sont les prix qui vont augmenter », grommelle Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef. De son côté, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, donne l’illusion d’avoir choisi la fermeté. «  C’est aux entreprises de faire leur part du chemin », a-t-il indiqué lundi dernier sur France Inter, se refusant à toute réduction de cotisations patronales sur les salaires. Mais les hausses peuvent aussi passer par «  les primes, l’intéressement, la participation, l’actionnariat salarié », tempère-t-il toutefois.

Au niveau des branches aussi, les syndicats ont pu observer les réticences des employeurs à revaloriser les salaires durablement. « L’une des organisations patronales de la branche hôtellerie-restauration s’apprête à lancer une grosse campagne visant à inciter les clients à verser plus de pourboires pour remédier à la faible rémunération des travailleurs ! » s’indigne le cégétiste Arnaud Chemain. Pour les syndicats, soulager les filières en tension ne peut passer que par des revalorisations pérennes des salaires, qui n’entravent pas le bon fonctionnement des systèmes de Sécurité sociale. « Le ministre de l’Économie doit commencer par augmener le Smic ! » a martelé Yves Veyrier. Revendication que la CGT et les autres confédérations comptent elles aussi porter. Seront-elles entendues par le gouvernement ? Ce sujet pressant sera en tout cas au cœur des discussions.

Une faible revalorisation pour les fonctionnaires

Le point d’indice n’augmentera toujours pas à la rentrée pour les salariés de la fonction publique, mais le gouvernement entend apaiser la colère en revalorisant les rémunérations des agents les plus proches du Smic. Environ 1,2 million d’agents de catégorie C des trois fonctions publiques (hospitalière, territoriale et d’État) bénéficieront prochainement d’une hausse de salaire comprise entre 40 et 100 euros mensuels nets, a annoncé en juillet la ministre de la Fonction publique, Amélie de Montchalin. Les syndicats ont dénoncé l’absence de mesure générale. Selon eux, très peu d’agents de catégorie C profiteront des plus hautes augmentations.