UN HOMMAGE SERA RENDU À MAURICE SEBBAH
LE VENDREDI 5 MARS À 10 HEURES
RENDEZ-VOUS A L'ANCIEN CIMETIÈRE DE
ROMAINVILLE
UN HOMMAGE SERA RENDU À MAURICE SEBBAH
LE VENDREDI 5 MARS À 10 HEURES
RENDEZ-VOUS A L'ANCIEN CIMETIÈRE DE
ROMAINVILLE
L’apparition des variants, leur
dissémination sur les territoires, leur contagiosité explosive dans certaines
régions bousculent les stratégies sanitaires mises en place en France, mais également
en Europe et dans le monde.
Dans ce contexte d’insécurité sanitaire
parsemé de nombre d’inconnues, un débat légitime se fait jour sur la meilleure
manière de faire face à la pandémie. Continuer dans la voie sanitaire suivie
jusqu’à présent ou changer ? Il y a ceux qui prônent une stratégie « zéro
Covid », et citent en exemple la Nouvelle-Zélande ou l’Australie. Une
stratégie visiblement efficace d’après les chiffres. Mais ultra-contraignante,
insoutenable même pour un pays comme la France, assurent les opposants à cette
option, faisant valoir l’insularité néo-zélandaise, la densité et la mobilité
de la population européenne, sans oublier l’acceptabilité sociale et démocratique
d’une telle mesure. Ceux-là prônent donc une stratégie de « vie avec le
virus », qui passe par « respecter au maximum les gestes barrières, ne
pas rencontrer trop de personnes, accepter de se faire tester, mettre en place
les dépistages très fréquents », et cela jusqu’à l’immunité
collective.
Il est important que ce débat ait lieu. Il faut que
les peuples et leurs représentants comprennent et maîtrisent les causes de
l’insuffisance des moyens hospitaliers et de vaccins et, dans ce contexte, les
conséquences positives et négatives de chacune de ces stratégies afin de pouvoir
se déterminer et assumer en connaissance de cause. Mais il faut également que
le débat ait lieu jusqu’au bout sur tous les autres sujets et questions qu’a
fait surgir le virus. Que cela soit sur le plan sanitaire, économique, social
ou sociétal. C’est la condition pour ne pas subir la stratégie du choc décrite
par Naomi Klein, qui ferait encore reculer nos droits démocratiques et sociaux.
Car ce qui se joue aussi, dès maintenant, ce n’est rien de moins que la
direction que vont prendre nos sociétés pour les prochaines décennies.
Bon, quand c’est à gauche qu’on parle d’augmenter les
impôts pour les plus fortunés, c’est facile. Dogmatisme, absence de sens des
réalités, passion morbide et destructrice de l’économie… En deux mots et sur
les plateaux c’est réglé si l’on ajoute à tout cela la jalousie et la haine des
riches qui seraient le quotidien des nostalgiques de la guillotine. Quand c’est
Louis Gallois, président du conseil de surveillance de PSA et grande figure du
patronat français, sans compter son passage dans diverses administrations au
plus haut niveau, qui propose, comme il vient de le faire, un impôt temporaire
de cet ordre pour contribuer à la solidarité face à la crise, c’est un peu plus
compliqué. On s’en sort comme on peut. Pour Alexandre Devecchio, de la
rédaction en chef du Figaro sur LCI, c’est « de la
naïveté ». Naïf, Louis Gallois ? Si c’est le Figaro qui
le dit… L’ultralibérale Agnès Verdier-Molinié, elle, « ne sait pas ce
qu’on cherche avec ce débat ». Vraiment ? Et on devrait la croire ?
C’est naïf.
Une ordonnance rédigée par le ministère de la Justice pourrait porter atteinte au financement des AGS, régime de garantie des salaires, pourtant vital en période de crise économique.
Le sujet est technique mais pourrait avoir
des répercussions sur la vie de dizaines de milliers de salariés. Depuis
plusieurs mois, le ministère de la Justice planche sur une ordonnance réformant
l’ordre des créanciers lors des procédures collectives. Derrière cette formule
barbare se cache une réalité très simple. Aujourd’hui, lorsqu’une entreprise se
retrouve placée en liquidation judiciaire (ce que l’on appelle une procédure
collective), le mandataire judiciaire, nommé par le tribunal de commerce, va
commencer par payer les salaires. Lorsque l’argent fait défaut dans les caisses
de l’entreprise, il verse ces salaires à partir d’une avance faite par le
régime de garantie des salaires (AGS). Ensuite, il va vendre les actifs de
l’entreprise (machines, murs du magasin, véhicules automobiles,
stock, etc.), ce qui va lui permettre de payer les créanciers, selon un
ordre fixé par la loi. Actuellement, l’AGS bénéficie d’un « super-privilège »,
c’est-à-dire qu’il est très bien positionné sur la liste : il peut ainsi se
rembourser des sommes avancées précédemment. C’est précisément ce qui est en
jeu aujourd’hui.
« Ce texte va déstabiliser le régime de garantie des salaires »
Le texte de l’ordonnance gouvernemental,
extrêmement technique, donne lieu à une furieuse bataille d’interprétations
depuis plusieurs semaines. Les opposants, qui réunissent pour une fois dans le
même camp syndicats de salariés et patronat, accusent le gouvernement de
vouloir assécher les finances de l’AGS, en le rétrogradant dans l’ordre des
créanciers. Fondé en 1974, sur fond de crise économique, le régime de garantie
des salaires risque bien sûr de jouer un rôle majeur dans les mois qui
viennent, si une vague de faillites s’abat sur le pays : en plus du versement
des salaires, il avance également les indemnités de licenciement lorsque les
finances de l’entreprise ne le permettent pas. Aujourd’hui, l’AGS bénéficie de
deux sources de financements : une fraction des cotisations patronales, et les
sommes recouvrées par les mandataires judiciaires lors des liquidations, s’il
reste suffisamment de fonds.
« Si l’AGS touche moins d’argent lors des
liquidations, alors cela diminuera mécaniquement le niveau de ses fonds de
roulement, assure Michel Beaugas, secrétaire
confédéral de FO. Aujourd’hui, les salariés victimes de liquidation
judiciaire doivent souvent attendre jusqu’à deux mois pour percevoir les
sommes auxquelles ils ont droit (salaires, indemnités de licenciement, congés
payés). Le risque est que, demain, l’AGS mette encore plus de temps pour payer
les salariés. » Si jamais la réforme portait atteinte aux finances de
l’AGS, il y aurait bien sûr une façon très simple de compenser le manque à
gagner, en augmentant le montant des cotisations patronales… « Ce type
de solution est très peu du goût du Medef », ironise Michel Beaugas.
« C’est même le contraire qui se produit
systématiquement, abonde Denis Gravouil, de la
CGT. Lors des négociations concernant la réforme de
l’assurance-chômage, en 2017, le patronat disait vouloir faire un effort, en
augmentant de 0,5 % le montant des cotisations chômage. En réalité, dans
le même temps, il décidait de diminuer d’autant le montant de la cotisation
AGS ! Autant dire que, pour eux, il est toujours hors de question d’augmenter
leur contribution. »
Du côté de la CFDT, on est aussi vent
debout contre le projet de réforme. « Alors qu’une augmentation des
faillites d’entreprises est à craindre, ce texte va déstabiliser le régime de
garantie des salaires, voyant ses possibilités de récupération des sommes
avancées fortement réduites, écrit le syndicat. Au final, ce
sont les salariés qui en subiront les conséquences, avec une dégradation de la
prise en charge des salaires et de leurs indemnités. »
Pour les opposants à la réforme, il n’est pas question
pour autant de parer l’AGS de toutes les vertus : personne ne remet en cause
l’importance capitale de son rôle dans les faillites d’entreprises, à plus
forte raison dans la situation actuelle, mais beaucoup critiquent sa
gestion. « Cela fait des années que nous demandons que cet
organisme devienne véritablement paritaire, pour que les syndicats aient voix
au chapitre, confie Denis Gravouil. Aujourd’hui, ce sont
uniquement les organisations patronales qui y siègent. »
Des dépôts de bilan en hausse
À
l’automne, le nombre de dépôts de bilan a chuté de 40 % par rapport à la
même période l’an passé, grâce aux aides publiques et à la (relative)
mansuétude de l’Urssaf vis-à-vis des entreprises. Mais de nombreux instituts
craignent une hausse des faillites, en France et dans le monde, lorsque les
mesures de soutien à l’économie auront pris fin. Selon Euler Hermes, le nombre
de dépôts de bilan dans le monde pourrait grimper de 16 % cette année.
Vote anticipé pour 2022, flou persistant autour des
élections intermédiaires… L’exécutif tâtonne en réformant les scrutins à venir.
Pourtant, des propositions existent pour revitaliser notre démocratie.
La démocratie est mise à rude épreuve par
le coronavirus. Après les élections municipales de mars et juin 2020, frappées
par un taux d’abstention historique, l’incertitude plane toujours sur la tenue
des scrutins locaux pour l’heure prévus en juin. Le gouvernement remettra au
Parlement, le 1er avril, un rapport sur « les risques sanitaires
attach és à la tenue du scrutin et de la campagne
électorale » sur la base de l’avis du Conseil scientifique. « Le
report des dates des élections départementales et régionales (au-delà
du mois de juin – NDLR) irait à l’encontre de la
Constitution », avait toutefois prévenu, le 27 janvier, devant
les députés, Jean-Louis Debré, l’ancien président du Conseil constitutionnel.
Face aux incertitudes sanitaires et à
l’abstention qui ne fait que s’amplifier de scrutin en scrutin, l’exécutif n’a
décidé d’intervenir qu’à la marge sur les modalités d’un autre rendez-vous
majeur, la prochaine élection présidentielle. Dans son projet de loi concernant
le scrutin de 2022, qui compte des mesures comme la généralisation du vote par
correspondance pour les détenus ou la déterritorialisation des procurations, un
amendement s’est fait remarquer. Glissé en dernière minute par le gouvernement
au Sénat, il instaure pour la première fois le vote par anticipation pour 2022.
Concrètement, tous les électeurs se rendraient dans des bureaux, où leur
suffrage serait effectué sur une machine à voter, à une « date fixée
par décret, durant la semaine précédant le scrutin », selon l’exposé
des motifs du texte.
« Il y a un attachement fort aux institutions locales »
Derrière ce projet gouvernemental, se
cachent plusieurs pièges. « La question de la rupture d’égalité entre
les électeurs se pose, tant ce projet va rimer avec le développement
d’inégalités territoriales : a priori, on devrait avoir un seul bureau par
département ou par préfecture », décrypte le sociologue Jérémie
Moualek, ajoutant qu’ « après deux siècles de socialisation au vote par
bulletin, passer à la machine électronique va accroître les inégalités face à
la technique ». Et de poursuivre : « Il risque aussi d’y avoir une
rupture d’égalité entre les candidats : le vote anticipé va rogner des jours de
campagne médiatique. Enfin, si les machines à voter ont été autorisées dans les
années 1960, et ne concernent aujourd’hui que 60 communes, c’est
qu’il y a beaucoup de problèmes techniques et des risques de fraude. » Finalement,
l’amendement a été largement rejeté par la Chambre haute, dominée par la
droite, mais pourrait faire son retour lors de la nouvelle lecture du texte à l’Assemblée
en mars.
Officiellement, l’initiative visait à
limiter l’abstention, révélatrice d’une profonde lassitude des citoyens à l’égard
d’un système démocratique asphyxié par le présidentialisme. Selon le
« Baromètre de la confiance politique » du Cevipof, publié le 22 février,
55 % des Français estiment que notre démocratie ne fonctionne pas très
bien. Seuls 39 % ont confiance dans le Sénat et 38 % dans l’Assemblée
nationale. Le taux baisse légèrement concernant « l’institution
présidentielle » (37 %) et le gouvernement (35 %). « On
est toujours dans une situation très critique par rapport à d’autres pays
européens vis-à-vis du personnel politique, analyse Luc Rouban,
chercheur au Cevipof. Le malaise démocratique est toujours très
profond. Il imprègne l’évaluation de la politique sanitaire, avec des taux de
confiance qui ne dépassent pas les 36 %. »
L’étude indique aussi que les citoyens
aspirent à une meilleure prise en compte de leurs opinions. Ainsi, les deux
tiers des personnes interrogées pensent que la démocratie fonctionnerait mieux
si les citoyens participaient davantage aux décisions politiques. Et 84 %
estiment qu’une bonne façon de gouverner le pays est d’avoir un système
politique démocratique. En parallèle, 64 % des Français ont confiance dans
leur conseil municipal (+ 4 points) ; 56 % dans leur conseil
régional et départemental (respectivement + 7 et
+ 6 points). « Il y a un attachement fort aux institutions
locales, une défense très claire du système démocratique, mais aussi une
attente de respiration démocratique, c’est indéniable », mesure encore
Luc Rouban.
Pour revitaliser notre système
démocratique, des propositions existent. La réponse passe, par exemple, par une
réforme du mode de scrutin majoritaire à deux tours. « Depuis le début
de la Ve République, le pourcentage en inscrits
obtenus par tous les élus ne fait que baisser, rappelle Jérémie
Moualek. Adopter des scrutins qui permettent plus de représentativité
de tous les partis, dont ceux qui font des hauts scores au premier tour, c’est
une priorité. » L’introduction d’une dose de proportionnelle aux
législatives était une promesse de campagne du candidat Macron. Mais son parti
présidentiel plaide désormais pour une mise en œuvre après 2022, quand la
gauche progressiste se dit globalement favorable à cette mesure réclamée de
longue date.
La prise en compte du vote blanc et nul,
qui n’est pas reconnu dans les suffrages exprimés, pourrait également être une
des clés pour sortir de la crise démocratique actuelle, selon le sociologue
Jérémie Moualek. « L’élection redeviendrait ainsi davantage un moyen
– faire valoir son opinion –, qu’un but – élire un candidat »,
résume-t-il dans une tribune au Monde.
D’autres propositions ont été formulées pour lutter
contre l’abstention. À l’instar de l’une des revendications phares des gilets
jaunes : le référendum d’initiative citoyenne (RIC). La création de ce
« référendum populaire » vise à rédiger des propositions de loi, à condition
que celles-ci recueillent 700 000 signatures. Si le chiffre est atteint,
ce texte « devra être discuté, complété, amendé par l’Assemblée
nationale qui aura l’obligation (un an jour pour jour après l’obtention des
700 000 signatures), de la soumettre au vote de l’intégralité des
Français. » Cette revendication n’a jamais trouvé le moindre écho
auprès du gouvernement, qui reste réfractaire aux aspirations démocratiques
portées par les mouvements sociaux.
De la traque du prétendu islamo-gauchisme
à l’université à la dénonciation des repas végétariens dans les cantines
lyonnaises en passant par une laïcité revue et corrigée, on croirait lire dans
les causes que se choisit le gouvernement les gros titres de certains
hebdomadaires : « Gauchos, écolos, anti-fachos, à bas les nouveaux censeurs qui
veulent imposer leur idéologie ». Comme un syncrétisme des couvertures de Marianne, le
Point, le Figaro Magazine et Valeurs actuelles,
plus cohérent qu’il n’y paraît. Il ne manque que la diatribe contre les
féministes et les syndicats.
Nul hasard dans cette compilation
d’apparence éclectique. Dans un pays en proie aux doutes face à l’avenir qui se
dérobe, miné par des inégalités décuplées depuis la pandémie, et alors que les
crises multiples que nous vivons invitent à de profondes remises en cause
préludes aux grands changements, toute étincelle peut mettre le feu aux
poudres. Dans ce contexte, le gouvernement a choisi son parti, celui d’exciter
toutes les divisions. L’entreprise est d’autant plus aisée qu’elle appuie sur
une faiblesse de la gauche : sa propension à perdre de vue le commun combat
pour s’abîmer dans ses querelles.
Cela prêterait à rire, s’il ne s’agissait en réalité
de faire diversion des graves problèmes de l’heure auxquels l’exécutif
n’apporte aucune réponse. La misère noire dans laquelle sombrent des milliers
d’étudiants n’étant pas le moindre d’entre eux. De quoi sont coupables, au fond,
ceux que le gouvernement désigne pêle-mêle à la vindicte publique ? De
s’engager pour plus d’égalité et de fraternité entre tous, plus de liberté pour
chacun de choisir sa vie plutôt que la subir. Leur combat ne rétrécit l’horizon
de personne : au contraire, il élargit les possibles. Mais justement parce
qu’ils sont des empêcheurs de dominer, discriminer, exploiter sans gêne, ils
sont la bête noire des Darmanin, Vidal, Blanquer et consorts. Conservateurs de
tout poil et de tout bord, déçus de la gauche, de la droite et de l’extrême
droite, unissez-vous : tel est le credo de ceux-là pour rester au pouvoir. Les
élections de juin peuvent être une première occasion de les mettre en
échec.
La doctrine libérale est claire. La concurrence fait
baisser les prix, en principe. Sauf quand c’est l’inverse. Avec la terrible
vague de froid au Texas la semaine passée, la main invisible du marché de
l’économiste Adam Smith, censée réguler les prix pour servir au final le bien
commun, est allée directement se servir dans la poche de plus de
30 000 clients des 220 entreprises texanes productrices
d’électricité, entre lesquelles ils ont le choix. Le froid a fait flamber la
demande et les tarifs ont explosé. Le mégawattheure, à 40 dollars en temps
normal, a atteint 9 000 dollars. Mister Scot, dans la banlieue de Dallas,
a eu beau faire très attention, sa facture, normalement prélevée sur son
compte, a dépassé 70 fois son montant habituel, à 16 752 dollars. Celle
de Missis Smith, appelons-la comme ça, a atteint 6 000 dollars pour la
semaine… Des fournisseurs vont faire faillite mais les plus forts ont gagné
100 millions de dollars en quelques jours. Dans l’univers impitoyable de
Dallas sous la neige, J. R. Ewing est un Bisounours.