vendredi 24 février 2023

L’urgence de trouver des solutions pacifiques en Ukraine (Fabien Gay)



Le 24 février 2022, l’horreur frappait de nouveau en Europe. Avec l’invasion de l’Ukraine par Poutine et le cénacle des oligarques russes, c’est un crime contre la paix et contre l’intégrité territoriale d’un Etat, au mépris du droit international, qui a été perpétré.

Rien ne peut justifier cette guerre, pas même les erreurs et provocations occidentales avec l’élargissement de l’OTAN depuis vingt ans. Disons-le même tout net : le peuple ukrainien a le droit de résister face l’invasion lancée par le maître du Kremlin. Ce dernier s’est inventé une légitimité à envahir son voisin pour restaurer un passé mythifié et se trouver un débouché économique dans la reconfiguration géopolitique en cours.

 

Cette guerre signifie avant tout le chaos, la mort et la destruction. 300 000 personnes ont déjà succombé sous les rafales des balles et les tirs des obus. Des millions d’Ukrainiens, femmes et enfants, ont été contraints à l’exil. Les dégâts matériels sont considérables.


Les jeunesses des deux pays, véritable chair à canon, prisonniers de combats durs et féroces, n’ont rien à y gagner, sauf à y perdre leurs vies et à ajouter du malheur au désastre. Une génération d’Ukrainiens et de Russes risque de nourrir ressentiments et haines pendant des décennies.


Tout semble indiquer que le conflit pourrait durer longtemps. L’accord pour livrer plus d’armes à l’Ukraine le prouve. Demain des chars et après-demain des avions ? Toujours plus destructrices, ces livraisons n’entraineront que plus de chaos, de morts et de fracas.

 

Alors quelle autre solution ? Il n’est pas possible de « parier » sur une prolongation du conflit en Ukraine. Les va-t-en guerre de plateaux nous accusent déjà de céder à l’envahisseur russe. Il n’en est rien. La lucidité et l’esprit de responsabilité nous imposent de trouver des solutions politiques.


Tous les efforts diplomatiques doivent être déployés pour obtenir un cessez-le-feu d’abord puis construire un plan de paix, respectant l’intégrité territoriale de l’Ukraine, sous l’égide l’ONU et des grandes puissances (y compris non occidentales). Les quelques espaces de négociation entre Russes et Ukrainiens ouverts en 2022, sur le blé et les échanges de prisonniers, montrent que rien n’est jamais fermé. Ce conflit doit être le prélude à bâtir une nouvelle architecture de sécurité collective en Europe, seul à même de construire durablement la paix. C’est à ce prix que les plaies ne resteront pas béantes pendant des générations.


Les relations internationales se tendent dangereusement comme l’illustrent les 2 113 milliards dépensés en armes en 2021. Un mouvement mondial pour la paix doit également se lever pour l’Ukraine et les autres théâtres de guerre dans le monde. Pas celui d’un pacifisme béat qui reviendrait à ne pas agir mais celui d’une voix forte pour imposer la paix et le désarmement comme projet pour l’humanité. Partout où les combats sévissent dans le monde, ce sont les peuples qui en paient le prix fort, renforçant les intégrismes et nationalismes toujours plus belliqueux. L’arme nucléaire étant une menace toujours aussi effrayante aux mains d’autocrates, il faut œuvrer à son élimination.


Les besoins sociaux immenses (dans la formation, la santé) et le changement climatique et avec lui ses défis colossaux pour nos sociétés et le vivant dans la gestion des ressources, nous imposent urgemment à changer de logiciel. Partout, nous devons coopérer et partager les savoirs, les pouvoirs et les richesses. Le prix de la paix et des communs reste le pari le plus juste pour notre avenir.

 

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