Le premier ministre britannique avait réussi à se
hisser, en compagnie de l’États-Unien Donald Trump, de l’Indien Narendra Modi
ou encore du Brésilien Jair Bolsonaro, parmi les champions d’une planète
politique droitière où le gagnant est le plus filou, le plus faussaire ou le
plus retors des démagogues, capable de vendre son credo libéral et nationaliste
à des populations déboussolées. Monsieur Téflon, selon le sobriquet que lui
attribua une partie de la presse britannique, célébrant comme du grand art ce
populisme lui permettant de rester en scène quoi qu’il arrive, n’a finalement
pas résisté à la montée en puissance d’un climat intérieur de plus en plus
tendu.
Près de 10 % de flambée des prix, un pouvoir
d’achat en berne, une précarité renforcée et des services publics exsangues
alimentent une montée en puissance des résistances, avec des mouvements de
grève d’ampleur inédite comme dans les chemins de fer. Cette effervescence annonce
un été social chaud. Comme a pu le constater notre envoyé spécial à Durham dans
le nord de l’Angleterre, où un traditionnel Gala des mineurs s’est transformé
en gigantesque rassemblement revendicatif hostile à la politique du premier
ministre qui vient d’être « sorti ».
Au-delà du scandale ou du mensonge de trop, c’est en
fait la forte inquiétude liée à cette évolution qui a conduit les conservateurs
à débarquer Boris Johnson. Pour préserver l’essentiel : la
poursuite du national-libéralisme du
Brexit dont se réclament tous
les prétendants au fauteuil suprême. Pareil acharnement promet d’aiguiser encore le
besoin d’alternative. Toutefois, les dirigeants d’un Parti travailliste englués
dans le blairisme, au point d’interdire tout geste de soutien aux grévistes,
n’y répondent pas. Le mouvement syndical est prévenu. Il sait qu’une fois
de plus outre-Manche, il devra trouver en son sein les forces qui répondent à
ses aspirations politiques.

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