D’abord, un constat, qui procurera à n’en pas douter un peu de soulagement
à beaucoup. La simple participation à la réunion initiée, samedi, par Yannick
Jadot, montre que les formations qui y étaient représentées sont, quoi que
chacune en dise, dépositaires d’un bien en partage avec les autres, qui les
rassemble et les dépasse. Cet actif en commun, c’est la gauche. Celle-ci n’est
donc pas morte. Écologistes, communistes, socialistes, insoumis et radicaux ne
sont pas venus boire le thé ou jouer aux cartes, mais parler convergences et
actions communes à l’approche de rendez-vous électoraux cruciaux. Preuve que
chacun inscrit toujours son avenir à l’intérieur de cette grande famille
maintes fois déchirée et recomposée, mais toujours vivante.
Ce n’est pas rien de le dire. Il y a peu encore, cela n’allait guère de soi
pour un Yannick Jadot, par exemple, qui faisait tout son possible pour ne
surtout pas être étiqueté de gauche. Voilà non seulement qu’Olivier Faure et
lui claironnent leur volonté de conclure au plus vite un contrat d’union
écolo-socialiste, mais que l’ex-tête de liste des Verts aux européennes se
prend à rêver d’une coalition plus large sur sa gauche, avec les communistes et
les insoumis.
Malheureusement, ce zèle
ressemble surtout à une OPA sur l’union… et sur la primaire de son propre
parti. Yannick Jadot est trop ambitieux pour qu’on le croie sur parole en train
de faire primer les intérêts du rassemblement avant son propre destin. Passer
pour le chantre de l’union, après avoir été celui de l’autonomie de l’écologie,
est un bon produit d’appel, à l’heure où le rassemblement est réclamé par des
électeurs soucieux que la gauche ménage ses chances de défaire la tenaille
Macron-Le Pen en 2022. Pour y parvenir, encore faut-il ne pas laisser
à l’arrière-plan l’ingrédient principal, celui auquel la gauche se heurte :
l’accord sur les contenus et les programmes. Des pas ont été accomplis vers ce
but. Mais l’opération du duo Faure-Jadot en éloigne.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire