Y aura-t-il un dirigeant européen pour siffler la fin de la récréation ? La
question mérite d’être posée devant l’affligeant spectacle de
l’assujettissement aux caprices de l’industrie pharmaceutique. Même quand il
s’agit de sauver des vies. Même quand le monde entier est suspendu à la
vaccination pour tenter de sortir d’une des pires épreuves qu’il ait connues
depuis la Seconde Guerre mondiale. En toute opacité, comme nous le révélions
dans notre édition du 14 avril, Pfizer poursuit sa course au profit sur le
dos de la pandémie et des finances publiques.
La multinationale américaine explique, toute honte bue, qu’elle est déjà
bien charitable de ne pas augmenter davantage les prix du vaccin et pleurniche
de ne pas voir les cours de la Bourse s’envoler à la hauteur de ses espérances.
Elle dégagera déjà une marge de 4 milliards pour son seul vaccin
anti-Covid en 2021… On comprend mieux pourquoi la Commission européenne
rechigne à faire la transparence sur les prix des sérums, alimentant au passage
la spirale du complotisme des antivaccins. Cette situation n’a pourtant rien
d’une fatalité, si tant est que nos dirigeants décident de refaire de la
politique, de reprendre la main sur les grands laboratoires. Les drames de
l’explosion épidémique liée aux variants au Brésil ou en Inde rappellent que
les riches auront beau construire des murs pour se protéger de la misère qu’ils
ont créée, nos destins sont liés. Plus nous perdons de temps à lever les
brevets, plus la perspective d’une réelle sortie de la pandémie s’éloignera.
L’histoire jugera, quand
nous compterons les morts, le cynisme des dirigeants européens qui auront
refusé la levée des brevets, pourtant réclamée à cor et à cri par le président
de l’OMS. Il n’est pas trop tard. À l’instar de la campagne « Pas de profit sur
la pandémie », menée par le PCF, la pression populaire ne doit pas retomber.
Rappelons à Emmanuel Macron ses propos tenus il y a un an quand il
promettait la main sur le cœur que les vaccins devraient être des « biens
publics mondiaux ». La France s’honorerait à mener ce combat et
entraînerait avec elle ses partenaires européens. Allez, un peu de courage,
Monsieur le président !

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