Si la pandémie a
affaibli ses capacités à porter des revendications de long terme, la CGT a été perçue
comme particulièrement présente et combative aux côtés des travailleurs en
2020, selon le baromètre Harris Interactive.
L’année 2020 a été chamboulée pour les travailleurs de tous bords, mais la
crise sanitaire n’a pas entaché la confiance qu’ils accordent aux syndicats.
C’est ce que montre le baromètre réalisé par l’institut d’études Harris
Interactive pour la CGT, du 15 au 31 octobre 2020, auprès d’un échantillon
de 1 001 personnes. Quelques mois seulement après le premier confinement, 47 %
des Français ont déclaré faire confiance aux syndicats pour défendre leurs
intérêts. Et pour les salariés interrogés, la CFDT et la CGT se partagent la
première marche du podium avec un taux de confiance de 47 %. « On
peut toujours espérer plus, mais nous pensons que c’est un bon résultat.
D’autant que, par rapport à quelques années, il y a de plus en plus
d’entreprises, notamment dans les TPE ou les PME, où il n’y a pas
d’implantation syndicale. Or, souvent, l’image que quelqu’un a d’une
organisation syndicale est meilleure si cette personne a une connaissance
concrète de l’organisation », commente Céline Verzeletti, secrétaire
confédérale de la CGT.
L’importance des organisations syndicales en temps de Covid
Pour la syndicaliste, un tel taux de confiance traduit également l’effort
fait par les différentes instances de la CGT, alors que les travailleurs
plongeaient, en mars 2020, dans l’inconnu (placés en chômage partiel ou
contraints de travailler dans des conditions dégradées) et que les restrictions
sanitaires ont sapé le travail de terrain des militants au sein des
entreprises. « C’est sûr que nous avons eu plus de difficultés à entrer
en contact avec les salariés. Mais on savait aussi que, dans cette période
particulière, les travailleurs avaient énormément besoin des syndicats, pour
exercer en toute sécurité, pour obtenir du matériel de protection. Il y a eu
beaucoup de questions urgentes sur le travail au quotidien auxquelles nous
avons essayé de répondre avec la mise en place de numéros verts, de
sites Internet… Paradoxalement, parce que les salariés se sont trouvés plus
isolés, ils se sont rendu compte à quel point c’est important que des
organisations soient là et disponibles pour faire avancer les choses très
concrètement », poursuit la cégétiste. Le baromètre lui donne raison :
74 % des salariés interrogés ont considéré que son syndicat était présent,
et 67 % qu’il était disponible.
Ce sondage ajoute toutefois une ombre au tableau pour la centrale
syndicale. Seulement un tiers environ des Français interrogés estiment que la
CGT est réaliste et efficace. Un résultat qui s’explique, selon Céline
Verzeletti, par l’urgence sociale déclenchée par l’épidémie de Covid-19. Privée
de ses outils de mobilisation habituels par les confinements successifs, la CGT
n’a pas pu avancer autant qu’elle l’aurait voulu sur des revendications de plus
long terme. « Si on prend l’exemple de la réduction du temps de
travail, on sait que c’est une bataille difficile à obtenir. Elle demande
beaucoup de rencontres, de discussions avec nos syndicats et nos syndiqués, de
débats. C’est un travail sur le temps long, qu’on n’a pas pu mener cette
année », précise la syndicaliste.
Des combats urgents pour les entreprises menacées
D’autant que, dans ce contexte social et économique plus que perturbé, les
combats les plus urgents se situent dans les entreprises menacées de fermetures
et auprès des salariés qui risquent le licenciement, concède-t-elle. « Évidemment,
quand les salariés sont en situation de précarité, qu’ils ont peur de perdre
leur travail, ce n’est pas dans ces moments-là qu’ils sont le plus à même
d’avoir des perspectives plus longues, de pousser pour du progrès social. Quand
on est au pied du mur, on essaye de se défendre. » Une analyse
confirmée par le sondage : la réduction du temps de travail des salariés,
revendication chère à la CGT, n’est considérée comme une priorité que par
7 % des répondants, au contraire de l’augmentation du pouvoir d’achat et
de la lutte contre la précarité, jugées prioritaires par 36 % et 32 %
des interrogés.
En somme, si le syndicat
s’en tire bien, la CGT compte tout de même tirer des enseignements des
résultats de ce sondage. « On voit que l’égalité femmes-hommes et la
lutte contre le racisme sont des revendications très importantes pour les
salariés, conclut Celine Verzeletti. On s’y intéresse déjà,
mais il faut qu’on y travaille encore plus. Ces questions sont de plus en plus
prégnantes. »

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