La gauche se montre
divisée sur l’attitude à tenir en cas de nouveau duel entre Emmanuel Macron et
Marine Le Pen. Une question récurrente entretenue par la Macronie, qui a
intérêt à éviter toute projection sur le premier tour.
« J e suis frappé de voir qu’ils ont tous
abandonné la lutte contre le RN. » Le ministre des Outre-Mer,
Sébastien Lecornu, s’indigne de l’attitude de l’opposition face à un Emmanuel
Macron qu’il qualifie de « rempart contre l’extrême droite en 2017 ». Dans
un entretien accordé au Figaro, le ministre présente, à juste
titre, le RN comme « une menace sur le terrain électoral », et
affirme que « cela appelle pour la majorité comme pour l’opposition
quelques devoirs ». Mais c’est bien l’opposition, notamment celle de
gauche, qui est dans le viseur de Sébastien Lecornu. Et c’est là que l’on se
frotte les yeux en lisant ses propos : « Ils donnent même le sentiment
de n’avoir qu’un seul objectif : se retrouver face à Marine Le Pen pour pouvoir
l’emporter. » Non, Sébastien Lecornu ne parle pas des partisans du
président de la République, mais bien de ses opposants. Il ne fait pas non plus
allusion au débat sur France 2 entre Marine Le Pen et Gérald Darmanin,
durant lequel ce dernier a trouvé la dirigeante d’extrême droite trop « molle », mais
à l’opposition. Il a en partie raison lorsqu’il évoque la droitisation de
certains dirigeants LR, mais, dans cette course à l’échalote du discours le
plus droitier, l’exécutif est plutôt bien placé sur la ligne de départ. Quant à
la stratégie consistant à mettre le discours du RN au centre du débat politique
pour bénéficier d’un « front républicain » au second tour de
la présidentielle de 2022, elle est utilisée à fond par l’actuelle majorité
dans l’espoir d’être reconduite.
La banalisation du RN progresse
Sauf que, du fait de la politique liberticide et antisociale conduite par
Emmanuel Macron, cette perspective devient moins évidente. Marine Le Pen est
même donnée à 47 % ou 48 % face à l’actuel président au second tour
de 2022, selon certains sondages (lire l’encadré). Le « front
républicain », dans cette configuration, apparaît de moins en moins
naturel pour de nombreux citoyens, et Emmanuel Macron est chaque jour un peu
moins crédible comme candidat permettant de « faire barrage », notamment
aux yeux des électeurs de gauche. Un débat récurrent qui provoque de vives
discussions… En 2017, Jean-Luc Mélenchon s’était déjà refusé à donner une
consigne de vote, en se limitant à dire « pas une voix pour
Le Pen ». Sur France 3 le 7 mars, le candidat de la
France insoumise a réitéré sa position d’il y a quatre ans. « Je ne
reprendrai jamais l’initiative de dire faites ceci, faites cela, parce que les
consignes n’ont aucun poids aujourd’hui, il faut vivre avec son époque ! » a-t-il
averti, tout en refusant de mettre un signe égal entre Emmanuel Macron et
Marine Le Pen. Il semble cependant qu’un tabou soit franchi. La banalisation du
RN avance des deux côtés du champ politique et l’idée même de « front
républicain » divise non seulement les électeurs de gauche, mais aussi
les dirigeants des formations.
Interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur la perspective d’un duel entre
Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le secrétaire national du PCF, Fabien
Roussel, a préféré en préalable rappeler qu’il y avait un premier tour avant le
second. « Je ne ferai jamais en sorte que l’extrême droite gouverne et
je ferai tout pour qu’il y ait un candidat de gauche, les valeurs sociales, au
second tour de cette élection présidentielle », a martelé le dirigeant
communiste. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, reste sur
sa doxa : « S’il y a bien un parti politique qui n’a jamais fait défaut
dans le combat contre l’extrême droite, c’est bien le PS », en
rappelant notamment les désistements lors des élections régionales de 2015.
D’ici à 2022, la gauche va d’ailleurs de nouveau affronter cette échéance, et
se retrouver confrontée à la question. En Paca par exemple, où elle ne siège
plus au conseil régional depuis 2015, des élus de plusieurs partis militent
pour une liste d’union qui permettrait à la gauche de revenir dans le jeu et
d’éviter, peut-être, d’avoir à se désister au second tour…
« Mais, une fois de plus, on enjambe le premier tour comme si l’on actait
une défaite », commente Frédéric Dabi, analyste politique. « Quand on pose
la question du second tour, on ne mesure pas le premier. On est sur du
sable », mesure-t-il. Le politologue se montre sévère à l’égard de
Jean-Luc Mélenchon : « Commenter un second tour dans lequel il ne
figure pas, c’est une posture de perdant. » Et c’est tout le piège de
ce débat sur le « front républicain » entretenu par la
majorité.

UN candidat unique de la Gauche dès le 1er tour me semble la seule possibilité pour éviter le duel Macron Le Pen!
RépondreSupprimerMais QUI?
Discutons dès maintenant ça Urge! Et que les électeurs de Gauche soient consultés!
Ce n'est pas seulement aux dirigeants des partis d'en décider!
Vive la Démocratie!
CE commentaire est de Paulette Simon
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