Dans ce Brésil où la haine et l’obscurantisme de l’extrême droite sèment la
mort à tour de bras, une lueur perce enfin. L’annulation des condamnations, qui
avaient conduit Lula derrière les barreaux, redonne des couleurs à la gauche
brésilienne et aux démocrates, qui ont eu raison de clamer son innocence.
Quelle gifle pour ses détracteurs et les petits putschistes qui ont eu tôt fait
de l’habiller en taulard !
Cette décision ne met pas un terme à la cabale dont l’ex-président a été
victime, ainsi que d’autres dirigeants du Parti des travailleurs. Elle ne
lave pas l’affront, ni les 580 jours de prison qu’il a dû purger. Espérons
d’ailleurs que les suites de la procédure désigneront les commanditaires de
cette persécution politico-judiciaire, dont la finalité était d’écarter la
gauche du pouvoir et de faire main basse sur les joyaux économiques. À
commencer par le juge Sergio Moro, auteur de la sentence contre Lula, mais sans
preuve, de ses propres aveux, et qui, par la suite, s’est vu gratifier d’un
poste de ministre par Jair Bolsonaro pour bons et loyaux services. Sans lui,
l’avènement de l’extrême droite n’aurait pas eu lieu. C’est vrai également des
procureurs de l’opération « Lava Jato »; qui ont détourné le juste combat
contre la corruption à des fins politiques. Et si l’heure des comptes n’a pas
encore sonné, rappelons toutefois que le point de départ du délitement
démocratique a été le coup d’État parlementaire contre la présidente Dilma Rousseff;
que nous avions eu l’honneur d’accueillir à la Fête de l’Humanité en 2019.
Aujourd’hui, ne boudons
pas notre plaisir. Sans doute parce que notre journal a pris une part active à
la campagne internationale réclamant la libération de Lula, là où d’autres ont
cru bon de taire ou, pire, de tordre les faits. Lula briguera peut-être la
présidence en 2022. Cette donne rebat les cartes car, malgré les tombereaux
d’insultes, la popularité de l’ancien métallo demeure intacte. Libéré et
vraiment libre !

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