mardi 19 janvier 2021

L’homme du jour. Jeremy Corbyn



Thomas Lemahieu

Retour aux sources

Leader du Parti travailliste britannique jusqu’à la déroute électorale de décembre 2019, Jeremy Corbyn a été, en un peu plus d’un an, effacé du paysage. Mais voilà qu’il revient, et de loin il faut dire : ce lundi, devant la Haute Cour de justice à Londres, il a engagé la bataille pour obtenir sa ­réintégration dans le groupe parlementaire du Labour et restaurer son honneur. Alors qu’il était parvenu à remettre le parti sur les rails d’une gauche socialiste authentique, après des décennies d’hégémonie blairiste sociale-libérale, et qu’il avait convaincu des centaines de milliers de jeunes militants de le rejoindre, ses nombreux adversaires dans les instances dirigeantes ont instrumentalisé une enquête sur des propos ou des comportements antisémites dans certaines sections locales pour l’évincer purement et simplement. Pas suspect d’une quelconque hostilité raciste envers quiconque, Corbyn reprend par ailleurs le flambeau des luttes pour la justice sociale et la paix dans le monde.

Ce week-end, en compagnie de Yanis ­Varoufakis, de syndicalistes et de dirigeants de la gauche du Labour, il a lancé le mouvement Peace and Justice Project, qui n’a pas vocation à recruter des membres, mais plus à fédérer sur les bases d’un programme antilibéral et anti-austérité : enjeux ­climatiques, sécurités sociale et économique, démocratisation de la société, médias publics, accès aux médicaments et aux vaccins, etc. « Le pouvoir de quelques-uns sur le plus grand nombre repose sur une assise toujours plus fragile », encourage-t-il.

 

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