Aurélien Soucheyre
Le gouvernement s’apprête à enterrer l’instauration
d’une dose de proportionnelle aux législatives. Un abandon parmi d’autres
depuis 2017…
Emmanuel Macron serait sur le point
d’abandonner l’une de ses promesses de campagne, à savoir l’instauration d’une
dose de proportionnelle aux élections législatives. Malgré l’insistance de
François Bayrou, qui défend avec constance une telle réforme, l’exécutif
considérerait désormais que le calendrier est bouché d’ici à la fin du mandat,
en 2022. La faute à l’épidémie de Covid-19, qui serait également sur le point
d’obtenir la peau de la réforme des retraites et de celle dédiée à la
dépendance. La faute au gouvernement, aussi, qui priorise le projet de loi sur
les « séparatismes » et celui sur la « sécurité globale ». Deux textes qui ne
faisaient pas partie des engagements de campagne d’Emmanuel Macron en 2017.
« Nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite... »
François Bayrou, devenu haut-commissaire
au Plan, avait pourtant fait de la proportionnelle l’une de ses conditions de
ralliement à Emmanuel Macron en 2017. Mais le projet s’est d’abord fracassé
avec le reste de la réforme institutionnelle préparée par la Macronie, au beau
milieu de l’été 2018 avec l’affaire Benalla. L’objectif de ne pas faire élire
les députés uniquement via un scrutin uninominal à deux tours, circonscription
par circonscription, n’a ensuite jamais été reprogrammé au calendrier
législatif. Tout comme le projet de réduction d’un tiers du nombre de
parlementaires, face à l’hostilité du Sénat. La réforme de l’École nationale de
l’administration (ENA), couplée à celle de la haute fonction publique, a
également été abandonnée en chemin. Il ne s’agit pas du seul engagement ou
promesse qu’Emmanuel Macron laisse de côté, qu’il s’agisse de ceux de 2017 ou
de ceux formulés en réponse au mouvement des gilets jaunes. Le référendum
d’initiative partagée rendu possible dès le rassemblement d’un million de
signatures ? Envolé. La reconnaissance du vote blanc ? Pulvérisée.
Sans oublier, évidemment, cet engagement : « Je
ne veux plus avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou
perdus », promettait Emmanuel Macron en 2017, visant un objectif de
zéro SDF qui est très vite sorti des radars. Du reste, même quand il fait mine
de respecter son programme de campagne, Macron le tord souvent. « Nous
ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions », assurait-il
dans son livret officiel, avant de l’oublier au moment de rédiger la réforme
des retraites. Toujours en 2017, Macron assurait également que « la
réforme de la fiscalité du capital se fera à coût nul », mais entre la
suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et l’instauration de
la flat tax, c’est plus de 1,3 milliard d’euros qui ont été perdus dès la
première année…

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