Inconscience, provocation ou cynisme ?
Comment qualifier la volonté de Sanofi, laboratoire et géant du médicament, de
supprimer 400 postes dans la recherche et développement, cela en pleine
pandémie de Covid-19 et alors que les laboratoires français sont à la peine
quant au développement d’un vaccin ? Cerise sur le gâteau, Sanofi et le
gouvernement étudient la possibilité pour le groupe pharmaceutique français
d’utiliser ses chaînes de production pour produire les vaccins anti-Covid
développés par d’autres laboratoires. Un échec au pays de Pasteur qui ne doit
rien au hasard.
Depuis dix ans, les choix du géant du
médicament ne sont dictés que par une seule boussole, la rentabilité maximale
pour permettre la distribution de dividendes record… quitte à tuer la poule aux
œufs d’or en la plumant. Avec ce nouveau plan de suppression de postes, on se
rend compte que, sur les dix dernières années, Sanofi aura supprimé quelque
3 000 chercheurs, soit la moitié de ses postes dans le secteur de la
recherche et développement. Une perte de compétences qui a des conséquences
dramatiques, comme le prouve le retard de la France dans la recherche du
vaccin. Dans ce contexte, la suppression de 1 000 postes en France,
dont 400 dans la recherche, est d’autant plus scandaleuse que Sanofi a touché
plus de 1 milliard d’euros de crédit d’impôt recherche, et que
l’entreprise a déversé 4 milliards euros de dividendes.
Sanofi n’est que le dernier exemple qui démontre qu’il
faut mettre en place des dispositifs permettant d’imposer aux entreprises des
décisions relevant de critères autres que le profit et la rentabilité, en
créant des pôles publics avec des critères de gestion libérés de la dictature
du profit dans un certain nombre de secteurs. Mais aussi en attribuant aux
travailleurs des pouvoirs nouveaux, de propositions, de blocage et d’alerte,
sur l’ensemble des décisions de l’entreprise. Sanofi prouve que cela serait
salutaire pour toute la société.

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