Le monde tremble, les Bourses flambent. Le
Dow Jones a clôturé à 30 000 points la semaine dernière, son plus-haut
historique. Point de départ de cette euphorie boursière : l’annonce de vaccins
anti-Covid. Et l’on nous dit : « Les marchés sont rassurés. » Mais
rassurés de quel point de vue ? L’emploi s’effondre, la pauvreté explose, des
milliers de PME risquent la faillite… Ce qui rassure les marchés est que toutes
ces catastrophes ne les empêcheront pas de spéculer. Au contraire.
La spéculation sur la vie des gens est
même de celles qui rapportent le plus. Les contrats passés par la Commission
européenne avec six firmes pharmaceutiques ont fait bondir leurs actions. Les
propriétaires de Moderna et Pfizer sont devenus milliardaires en quelques
jours. L’argent public finance les coûts de recherche et de production. Les
profits et les plus-values remplissent les poches des actionnaires. Et, cerise
sur le gâteau, le brevet du vaccin reste la propriété exclusive du labo. Une
véritable martingale.
Se pose, au passage, une question : à
subordonner le temps de la recherche scientifique au temps de la spéculation,
qu’en est-il de la sécurité médicale ? Car dans la course à l’échalote
vaccinale, le seul perdant est le patient. Déjà, Robespierre dénonçait la
spéculation sur la vie jugeant que « nul homme n’a le droit d’entasser
des monceaux de blé à côté de son semblable qui meurt de faim ». « La
première loi sociale, écrivait-il, est celle qui permet à tout
être humain d’exister ; toutes les autres lois sont subordonnées à celle-là. »
Mettre les vaccins « hors marché », les reconnaître
comme « biens publics mondiaux » ! C’est ce que porte l’initiative citoyenne
européenne engagée par des dizaines d’organisations et associations partout en
Europe. Objectif, un million de signatures pour dire « Pas de profit sur la
pandémie » (noprofitonpandemic.eu). Un premier pas pour remettre à l’ordre du
jour « la première loi sociale ».

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