dimanche 29 novembre 2020

« Jusqu’au retrait », l’éditorial de Maud Vergnol dans l’Humanité.



C’est ce que redoutait le gouvernement. La Marche des libertés a donné lieu samedi à des mobilisations inattendues et spectaculaires un peu partout en France. Si des centaines de milliers de personnes ont bravé les difficultés du contexte sanitaire pour manifester leur refus de la loi « sécurité globale », c’est qu’ils savent que l’État de droit est à l’article (24) de la mort. Les citoyens se sont déconfinés pour défendre leurs droits essentiels, attaqués par le gouvernement : la liberté de manifester, la liberté d’expression, la liberté d’informer, mais aussi le droit à la sécurité, donc à un contrôle public des forces de police. Bref, tous les piliers d’une République que l’incendiaire ministre de l’Intérieur prétend vouloir « renforcer », alors qu’il organise le chaos en jetant la police dans les bras de l’extrême droite.

Quelle plus grande insécurité que vivre dans un pays où les citoyens n’ont plus confiance en leurs gardiens de la paix ? Gérald Darmanin est allé tellement loin que sa loi vire déjà à la crise politique, provoquant des couacs à répétition dans une majorité divisée et affaiblie. Grâce au travail des journalistes et députés de l’opposition, le front citoyen ne cesse de s’élargir. Pourtant, Emmanuel Macron, à qui incombe la responsabilité de retirer ce texte, se contente jusqu’ici de couvrir son ministre et d’assurer le service minimum. Le président, si prolixe pour expliquer aux Français comment aérer leur intérieur, se montre beaucoup plus avare pour dénoncer les violences policières et s’exprimer sur ce projet de loi absurde et dangereux.

L’affaire est si grave que le monde entier s’émeut de voir la France, « le pays de la liberté » prompt à donner des leçons de démocratie, se transformer en « Absurdistan autoritaire ». Face à l’indignation générale, le gouvernement est forcé de manœuvrer en recul. C’est une première victoire. Toute la loi peut être mise au placard. La journée de samedi a rappelé combien la force du peuple est immense quand il se rassemble. Ne lâchons rien, jusqu’au retrait.

 

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