vendredi 11 septembre 2020

« L’écart et les attentes », l’éditorial de Maurice Ulrich dans l’Humanité de ce jour !



 Le recyclage, jeudi, de Christophe Castaner à la tête du groupe LaREM à l’Assemblée peut faire sourire. Comme ce qu’un hebdomadaire complaisant annonçait, il y a peu, comme « la grande coalition de Macron ». La grande marée En marche devait noyer gauche et droite dans les sables mouvants d’un monde en voie de disparition. C’est raté. 42 % des personnes dans notre sondage se disent de gauche, plus de 70 % estiment toujours qu’il y a une vraie différence entre droite et gauche. Pour elles, la brève illusion lyrique du macronisme s’est vite dissipée. 80 % pensent que Macron fait une politique de droite, ce qui en conduit 70 % à souhaiter une candidature de gauche unique à l’élection présidentielle.

 

Un sondage reste un sondage mais il est assez clair pour faire sens. L’horizon politique n’est pas éclairci pour autant. La France est devant ce paradoxe, lié au rôle écrasant qu’y joue l’élection présidentielle. Les deux têtes d’affiche qui veulent nous rejouer 2017 n’ont qu’une assise relative dans le pays. Quand 11 % seulement des sondés se disent d’extrême droite, on nous annonce régulièrement des intentions de vote pour Marine Le Pen, sans commune mesure. Emmanuel Macron compte là-dessus.

 

Il semblerait donc que la politique, comme la nature, ait horreur du vide. Les hommes et les femmes qui se reconnaissent dans l’idée de gauche ont en commun nombre d’aspirations, comme l’obligation pour les entreprises de rendre des comptes, comme le refus de l’accaparement des richesses et bien d’autres. Mais il y a un véritable écart entre leurs attentes et l’état des diverses formations se réclamant de la gauche. C’est pourtant à ces attentes qu’elles ont vocation à répondre et non à des appareils, quels qu’ils soient, ou à des ambitions personnelles, d’où qu’elles viennent. De tout cela, il faut ,sans doute, discuter et pas pour 2022, mais pour agir, aujourd’hui, face à la politique en cours. Pour construire, sans réticences ni tabous et sans entre-soi. Les débats annoncés à la Fête de l’Humanité, ce week-end, peuvent y contribuer.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire