Élisabeth Borne a annoncé ce mercredi la modification des sanctions contre l’inspecteur du travail, accusé d’avoir trop bien mené sa tâche. Ses soutiens réclament à présent l’abandon total des procédures disciplinaires.
C’est une belle victoire pour Anthony
Smith et ses soutiens. Après des semaines de lutte contre la sanction
disciplinaire injuste infligée à l’inspecteur du travail, Élisabeth Borne est
enfin revenue sur ses pas. La ministre du Travail a annoncé à une délégation de
la CGT reçue en visioconférence que l’agent de contrôle ne sera finalement pas
démis de ses fonctions d’inspection, et qu’il conservera son affectation dans
la Meuse, dans sa région d’origine. « C’est une bonne nouvelle »,
a salué Thomas Portes, président du comité de soutien d’Anthony Smith.
Une sanction incompréhensible
L’inspecteur avait appris le vendredi
14 août sa mutation d’office, après 136 jours de suspension disciplinaire,
sans plus d’information sur son nouveau lieu de travail. Originaire de Reims
(Marne), il avait finalement appris plusieurs jours plus tard qu’il prendrait
ses fonctions en Seine-et-Marne, à 200 kilomètres de son domicile. Les raisons
d’une telle sanction relevaient pour tous de l’ordre du mystère, puisqu’il
avait été reproché à l’agent d’avoir trop bien fait son travail. Selon le
ministère du Travail dont il dépend, le fonctionnaire aurait « méconnu de
manière délibérée, grave et répétée les instructions de l’autorité centrale du
système d’inspection du travail concernant l’action de l’inspection durant l’épidémie
de Covid-19 », en exigeant à l’Aradopa, association d’aide à domicile,
qu’elle protège mieux ses salariées. Anthony Smith s’était vu notifié sa mise à
pied alors qu’il s’apprêtait à saisir le juge en référé, tandis que ses
réquisitions auprès de l’Aradopa, notamment de fournir à ses salariées des
masques FFP2, restaient lettres mortes.
Une marée de soutiens
L’annonce de ces sanctions, unanimement
décriées, avait déclenché une marée de soutien pour Anthony Smith. Le mardi
21 juillet, 400 personnes s’étaient réunies à Paris, alors que l’agent de
contrôle était entendu en conseil de discipline. En août, peu après avoir
appris la décision prise par le ministère de muter le fonctionnaire, des
inspecteurs du travail avaient débrayé en signe de protestation et envahi les
bureaux de leur direction.
Si la nouvelle de l’allégement des sanctions à
l’encontre de l’agent de contrôle a été chaudement accueillie par ses soutiens,
ces derniers ne désarment pas pour autant. « Il faut désormais que la
ministre recule totalement en annulant la sanction. Pour nous la mobilisation
et la procédure juridique continue », a indiqué sur Facebook l’inspecteur
du travail Gérald Le Corre, responsable santé/travail à la CGT en Seine-Maritime.
Marie Toulgoat

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