Puisque le chef de l’État a l’air affûté
sur la question des modèles qui épousent la modernité, on aimerait solliciter
ses lumières sur celui qui l’inspire en matière de gestion du Covid. Le Conseil
de défense qui s’est tenu vendredi dernier nous a laissé comme un
arrière-goût d’inexpliqué. Pourquoi tant de battage pour si peu ? Pourquoi
laisser filtrer de possibles mesures drastiques, comme des reconfinements
locaux, pour au final rappeler qu’il faut bien porter un masque, bien garder
ses distances et bien se laver les mains ?
On en saura peut-être un peu plus ce
vendredi, avec une nouvelle réunion de ce « Conseil des ministres
restreint, chargé de la politique de sécurité et de défense » (au
passage : pourquoi donc cette instance afin de gérer un problème de santé
publique ?), mais on peut déjà émettre une hypothèse que quelques déclarations
postérieures d’Emmanuel Macron tendraient à accréditer.
Et si cette apparente non-stratégie
relevait en fait d’une stratégie à la Trump, en moins caricatural mais en plus
honteux : privilégier le « business » plutôt que la santé, sous-traiter la
décision nationale à l’échelon inférieur (les États fédérés aux États-Unis, les
préfets en France), mépriser les avis et alertes scientifiques (grossièrement à
Washington, poliment à Paris). En somme : « Laissez (plus ou moins)
faire » la nature.
Puisque nous en sommes à parler modèle, poursuivons.
Quel est celui qui prévaudra dans la gestion politique d’un scandale
économique : la fermeture de l’usine Bridgestone de Béthune, sciemment
organisée par la multinationale ? Il y a, dans la réaction gouvernementale,
beaucoup de mots d’indignation. Même le ministre de l’Économie, habituellement
aussi libéral que placide, trouve la décision « révoltante ». Mais
si de fortes paroles n’étaient pas suivies d’actes aussi forts, cela
reviendrait à « laisser faire » le marché.

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