Alexandre Benalla a-t-il encore des liens
souterrains avec l’Élysée et la République en marche ? Selon Mediapart,
l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron, qui s’est reconverti dans le privé en
ouvrant sa société de sécurité et « d’intelligence économique », a rencontré
secrètement, le 28 mai 2020, le président de la Guinée-Bissau, Umaro
Sissoco Embaló, dans un palace parisien. Était également présent Ludovic
Chaker, ex-secrétaire général d’En Marche et actuel conseiller du chef
d’état-major particulier du président de la République. Cette rencontre
intervient alors que, depuis son départ de l’Élysée à la suite de l’affaire qui
porte désormais son nom, Alexandre Benalla s’était vu interdire par la
commission de déontologie de la fonction publique toute relation
professionnelle avec des collaborateurs de l’Élysée, des services publics de
sécurité français ou des autorités publiques étrangères jusqu’au 1 er août
2021.
Le cadre exact et la tenue des échanges
entre Alexandre Benalla, Ludovic Chaker et le président Embaló ne sont pas
connus. Le chef d’État bissau-guinéen, contacté par Mediapart, confirme le
rendez-vous, mais parle de visite « amicale ». Ce n’est pas la
première fois que les réseaux étroits que continue d’entretenir Alexandre
Benalla avec des autocrates africains – Cameroun, Centrafrique, Congo – sont
mis au jour.
En décembre 2018, quelques mois seulement après
l’éclatement de l’affaire et sa suspension, il était reçu par le président
tchadien Idriss Déby, dix jours avant une visite officielle d’Emmanuel Macron
dans l’État du Sahel. Un voyage effectué avec un passeport diplomatique…
qu’il était supposé avoir rendu au Quai d’Orsay. « Ce n’était en aucun
cas un intermédiaire officieux ou officiel », s’était défendu l’Élysée,
assurant que la présidence française n’entretenait « plus aucun
contact » avec Alexandre Benalla.
Cyprien
Caddeo

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