En février dernier, le président de la République s’était engagé à ce qu’aucun enfant en situation de handicap ne soit privé de scolarisation à la rentrée 2020 et avait annoncé la création de 11 000 postes d’AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap) supplémentaires. En juillet, le premier ministre se disait conscient que ces enfants avaient été plus durement touchés que les autres par la crise sanitaire et assurait que tout était fait pour les accueillir. Sauf que, dans les faits, la réalité est tout autre. Sur les 11 000 postes promis, seuls 4 000 ont été budgétés et, cette année encore, des milliers d’enfants en situation de handicap n’ont pas de solution de scolarisation adaptée à leurs besoins.
Pour eux, le confinement continue d’être
le quotidien, et ce, parfois depuis des années. Or, s’il y a bien une rentrée
où cette question aurait dû être prise à bras-le-corps et réglée, c’est
celle-ci. La crise du Covid a démontré à l’ensemble de la société la difficulté
de « faire école à la maison ». Les parents ont fait l’expérience qu’enseigner
est un métier. Ils ont pu constater combien il était compliqué, voire
impossible, de télétravailler avec des enfants à ses côtés. Et comprendre aussi
combien il était douloureux pour ces jeunes élèves d’être isolés et de ne plus
pouvoir jouer avec leurs copains ou simplement parler avec des enfants de leur
âge. Autant de constats que les familles d’enfants handicapés subissent depuis
des années. Combien de familles dans lesquelles un des parents est obligé de
cesser de travailler pour assumer ce qui devrait être assuré par l’école de la
République ? Sur le site ma rentrée.org, des centaines de témoignages brossent
le tableau de cette rentrée difficile pour ces familles, mais aussi pour les
personnels éducatifs qui, faute de moyens de structure et de formation, ne
peuvent accueillir ces enfants. Ce n’est plus acceptable.
Une école inclusive, c’est une école qui a les moyens
pérennes de s’adapter à ces élèves en situation de handicap. Si ce choix n’est
pas fait, l’école ne sera jamais prête à leur accorder ce à quoi ils ont droit.
Et que l’on ne dise pas que cela coûterait trop cher. Le gouvernement a bien
été capable de trouver 20 milliards d’euros pour les entreprises.

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