Maintenant que c’est devenu un mode politico-relationnel validé par
Emmanuel Macron, on peut le lui dire d’« homme à homme » : on n’y comprend pas
grand-chose à sa gestion de la crise sanitaire provoquée par l’épidémie de
coronavirus. Alors que surgit le spectre d’un rebond, voire d’une seconde
vague, la stratégie du chef de l’État et du gouvernement nous semble avoir en
permanence un train – ou plusieurs mois, au choix – de retard. Hier,
à l’Assemblée nationale, le premier ministre a parlé du « développement
du port du masque » et de « l’intensification de notre
politique de dépistage ». Jean Castex a dit, mi-juillet, ce que son
prédécesseur aurait dû lancer mi-mars.
Prenons cette affaire des masques. Ils n’étaient pas plus utiles que cela,
il y a quelques mois. Les voilà désormais obligatoires. Et c’est tant mieux. La
parole des scientifiques, médecins et chercheurs a été entendue. Mais pourquoi
donc attendre quinze jours ? Les tests ? La France allait monter en puissance
comme il se doit avec une capacité de 700 000. Nous voici péniblement à
300 000. Les gestes barrières ? Respectez-les, bons Français. Certes. Mais
pourquoi autoriser des rassemblements, qui sont autant de clusters en
puissance ?
Cela posé, non pour chipoter pour quelques jours ou se faire plaisir avec
une chicaya politicienne, mais soulever la seule question qui vaille : le pays
est-il prêt en cas de rebond de l’épidémie ? « Oui », a
répondu Emmanuel Macron, pas franchement poussé dans ses retranchements, lors
de l’interview party du 14 Juillet. Notons que c’est par l’affirmative que
le chef de l’État avait douteusement validé sa gestion de la première vague, au
mépris des évidences. « Actuellement, à ce jour, nous ne sommes pas
prêts », estime, pour sa part, Yannick Gottwalles, qui dirige les
urgences de l’hôpital de Colmar.
L’introspection – exercice répétitif
auquel se livre Emmanuel Macron depuis le début de la mobilisation des gilets
jaunes – ne vaut que si elle sert à tirer réellement les leçons du passé, non à
éponger sa propre dette d’impopularité. Si le chef de l’État cherche réellement
un nouveau chemin, celui de la fin du déni s’offre à lui.
Par Christophe Deroubaix

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