Une vingtaine de maires socialistes,
écologistes et communistes se sont rassemblés, mardi, afin de bâtir un réseau
de partage d’idées et construire des projets communs. Sans pour autant viser la
présidentielle, assurent-ils.
Cent ans après le célèbre Congrès, Tours a à nouveau été, mardi, au cœur
des débats de la gauche, le temps d’une journée. Des élus vert-rose-rouge –
maires, adjoints ou présidents de métropole de vingt et une villes – s’y sont
retrouvés pour un séminaire de travail, à l’invitation du nouvel édile de la
commune, Emmanuel Denis, qui souhaite créer une fédération des mairies de la
« sociale écologie ». Anne Hidalgo (PS, Paris), Bruno Bernard (EELV, métropole
de Lyon), Nathalie Appéré (PS, Rennes), Johanna Rolland (PS, Nantes), Éric
Piolle (EELV, Grenoble), ou encore Léonore Moncond’huy (EELV, Poitiers) ont
notamment fait le déplacement.
« Cette rencontre est une séance de préfiguration de l’avenir, a
indiqué le maire de Tours. Les électeurs ont envoyé un message clair : ils
veulent une accélération de la transition énergétique. Il faut mettre en place
des synergies entre ces villes, notamment celles en avance sur le plan
écologique. Un réseau de villes humanistes. »
Trois thématiques : les solidarités,
l’écologie et la citoyenneté.
L’écologie a donc été largement abordée lors de ce rendez-vous, avec les
questions de la 5G, des transports propres, du développement des réseaux
cyclables, de la transition écologique, du traitement des déchets. Au-delà de
la problématique de l’environnement, les élus ont aussi planché sur les
politiques de la ville en matière d’emploi des jeunes et des précaires,
d’intégration des milieux populaires, d’accueil des réfugiés, de logement et d’économie
sociale et solidaire.
« Nous avons passé la matinée à balayer les différents sujets autour
de trois thématiques centrales, que sont les solidarités, l’écologie et la
citoyenneté. Pour chacun de ces sujets, il sera ensuite nécessaire d’avoir des
échanges réguliers pour construire de vrais projets communs, continuer de
s’inspirer de ce que font les collègues et peser pour lever certaines
contraintes », a détaillé Gaylord Le Chequer, adjoint au maire PCF de
Montreuil, Patrice Bessac.
Le rassemblement de Tours constitue donc la naissance d’un réseau de
convergence d’idées, d’échanges de bonnes pratiques et d’entraide, et non un
nouveau mouvement, avec l’Élysée en ligne de mire, affirment les élus présents.
Il y a quelques jours, dans le Journal du dimanche, le président de la
métropole de Lyon, Bruno Bernard, avait évoqué « une ambiguïté » à ce
sujet et un besoin de « clarifier les choses ». « Cela a été
fait, aucune ambition personnelle ni prospection sur l’avenir de la politique
nationale n’a été mise en avant », a-t-il déclaré, mardi, à la sortie de
la première demi-journée de travaux.
Ce réseau de maires de gauche a toutefois
intérêt à connaître une résonance nationale, selon Nathalie Appéré, maire PS de
Nantes : « Nous ne bâtissons pas ici une nouvelle gauche, mais une gauche
des territoires qui devra se faire entendre au niveau national. C’est
indispensable de lever certains blocages, sur la transition écologique
notamment. Nous avons des combats à porter devant le gouvernement. »
« Évidemment, cette convergence doit aussi permettre de transformer
21 voix de maires en une seule, abonde Anne Hidalgo. Nous sommes des
décentralisateurs. Il faut qu’enfin on sorte de cet archaïsme dans lequel notre
pays est plongé depuis très longtemps, ce jacobinisme, ce colbertisme, qui fait
que tout se décide au niveau des ministères parisiens. » L’élue parisienne
avait déjà annoncé, à la veille du second tour des municipales, la
transformation de sa plateforme « Paris en commun » en « structure politique
pérenne » avec l’objectif de créer une « fédération » en vue notamment de
préparer les prochaines échéances électorales.
D’ici-là, l’ensemble des questions
abordées lors du séminaire tourangeau seront réparties ensuite par groupes de
travail. « Nous avons pris l’habitude avec la crise sanitaire de nous
réunir à distance, c’est ce que nous ferons très régulièrement avec l’ensemble
des maires réunis ici, et d’autres comme Michèle Rubirola à Marseille », a
expliqué Emmanuel Denis. Des rencontres régulières comme celle d’hier sont
également prévues « afin de maintenir une dynamique et de ne jamais perdre
le lien ». Le maire tourangeau espère pouvoir à nouveau tenir ce
rassemblement dans sa ville à la fin de l’année : « Puisque la scission de
la gauche a eu lieu en décembre 1920, nous pourrons fêter ce centenaire en
l’unissant à nouveau. Une sorte de Congrès de Tours inversé. »
Florent Le Du

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