Christophe Prudhomme est médecin au Samu
93.
Alors que la crise sanitaire reste au cœur de la vie quotidienne des
Européens, nous avons assisté ces derniers jours à des discussions de marchands
de tapis à Bruxelles.
La presse nous a parlé de cigales et de fourmis, distribuant les bons
points entre les différents pays. L’enveloppe pour « relancer l’économie » a
été le seul sujet de discussion et, comme d’habitude, un « compromis » bancal a
été trouvé. Les libéraux qui nous dirigent n’ont qu’une obsession, l’argent.
Ces derniers mois ont mis en lumière l’absence de politique sanitaire
coordonnée au sein du continent européen. Les frontières se sont fermées.
Chaque pays a adopté ses propres mesures, souvent contradictoires. Il a été,
surtout, mis en évidence l’atrophie du tissu industriel, incapable de produire
les matériels et les médicaments nécessaires. À quoi sert d’avoir créé un des
plus importants « espaces économiques » du monde pour arriver à ce résultat ?
La priorité de ce sommet aurait dû être le retour d’expériences sur cette
crise et l’élaboration d’une stratégie commune pour y répondre, ce d’autant
qu’elle n’est pas terminée.
À cela s’ajoute la question de la mise au point, de la production et de la
distribution du futur vaccin. Je parle sciemment de distribution et non de
commercialisation, car, là aussi, le monde des marchands prédomine.

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