Journaliste au Figaro Magazine et historien relatif, Jean
Sévillia s’inquiète dans une tribune de la demande d’excuses adressée par
l’Algérie à la France à l’occasion du rapatriement sur son sol, pour des
funérailles dignes, des crânes et ossements de résistants à la conquête
coloniale, conservés jusqu’alors au musée de l’Homme, à Paris. Un peu comme des
trophées à l’origine, en tout cas comme autant de témoignages d’une grande
mission civilisatrice face à des peuplades frustes et rebelles.
Mais de quoi la France
devrait-elle s’excuser, feint-il de s’interroger. Une conquête par la violence,
cent trente ans d’occupation, une population soumise aux famines et opprimée,
les massacres de Sétif, les exécutions sommaires, les viols et la torture… Ce
fut, nous dit le surprenant historien, « une expérience commune aux
deux pays »… Bras dessus, bras dessous en somme. Il le concède
toutefois, « dans sa phase de conquête, cette colonisation a été rude
pour les colonisés ». Certes, et après aussi, non ? « Mais il en a
toujours été ainsi depuis la nuit des temps. »

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