mardi 23 juin 2020

« RETOUR AU POLITIQUE », L’ÉDITORIAL DE MAUD VERGNOL DANS L’HUMANITÉ DE CE JOUR !



Le « plus jamais ça » se traduira-t-il dimanche dans les urnes ? À quatre jours du second tour des élections municipales, des rassemblements de la gauche rouge-rose-verte sont en passe de reconquérir les plus grandes villes de France. Ce serait un coup d’arrêt cinglant à la toute-puissance macroniste et son trouble jeu avec l’extrême droite, mais surtout une sacrée bouffée d’espoir pour la suite. Qui mieux que les villes peut faire la démonstration qu’une rupture avec les logiques capitalistes est non seulement possible, mais bougrement efficace pour l’intérêt commun ? Que les alternatives écologiques et sociales sont là, sous notre nez, et qu’il suffit d’un peu de volonté politique pour les mettre en place ? Des maisons de santé en passant par la gratuité des transports, des idées expérimentées au niveau local présentées comme d’absurdes extravagances gauchistes par la droite finiront par s’imposer à l’échelle nationale.

Encore sous le choc de la crise sanitaire, trop acclimaté aux défaites idéologiques et électorales, le camp progressiste aurait tort de sous-­estimer les potentiels du moment. D’autant qu’une chose est certaine : l’élection de dimanche marquera l’effondrement du parti présidentiel et l’échec cinglant de ses tentatives d’implantation locale. Certes, une fois le jouet définitivement cassé, Emmanuel Macron s’en taillera un autre sur mesure pour 2022. Nul doute non plus que le président aura à cœur de tourner rapidement la page des municipales pour démarrer une autre « storytelling » du changement, déjà nourrie de rumeurs de remaniements et autres ravalements de façade.
Mais le sel de la politique n’est pas là. La pandémie planétaire que nous affrontons n’a malheureusement pas fini de démontrer les ravages de la mondialisation capitaliste. Et les macronistes, en dépit de leur communication écœurante, ne tireront aucune leçon de cette expérience. L’heure est pourtant à replacer nos institutions sous l’impératif du bien commun. La politique, trop souvent confiée en sous-traitance aux lobbies et technocrates, est au contraire l’art de concilier le désirable avec le possible. C’est le moment, dimanche, d’en faire la démonstration.

Par Maud Vergnol


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