samedi 2 mai 2020

Y a-t-il un nouveau ministère de la propagande ? « Patrick Le Hyaric)


La porte-parole de l’exécutif, Mme Sibeth Ndiaye, a fait la promotion d’une initiative gouvernementale qui vise à ajouter au site d’information du gouvernement des liens entre celui-ci et quelques organes de presse : l’AFP, Libération, Le Monde, France TV et le journal gratuit 20 Minutes. Pour justifier cette opération Mme Ndiaye, orfèvre en matière de vérité, a précisé : « plus que jamais il est nécessaire de se fier à des sources d’informations sûres et vérifiées ».

 Autant pourrait-on comprendre le lien avec l’AFP, autant on ne voit pas sur quelles bases les choix de cette sélection d’articles et de titres de presse ont été faits, et les raisons de l’élimination de tous les autres, dont la presse régionale.

Certains journaux ont-ils été si gênants pour le gouvernement en dénonçant la pénurie de masques, de médicaments, ou de respirateur, après avoir laissé vendre puis  fermer des sites de production à Lyon, Plaintel ou Gersat, qu’ils méritent une mise à l’index ? Des journaux comme l’Humanité qui n’ont cessé de dénoncer avec les salariés et les personnels soignants la maladie austéritaire qui leur et nous fait si mal aujourd’hui, sont-ils jugés importuns par le pouvoir ? Et quand l’Humanité a montré il y a quelques jours que les plans de restructuration envisagés dans la santé publique sont toujours en cours, relève-t-elle de « l’information non sûre et non vérifiée » ?
Non content de contredire ses propres affirmations jour après jour, non content de rejeter ses fautes sur les scientifiques et bientôt les maires, voici que le pouvoir s’érige en juge de la qualité des journaux, des journalistes et d’articles au nom d’une prétendue lutte contre les fausses nouvelles. Quel journal en France a donné une fausse nouvelle depuis le 15 mars ? Qu’on nous les cite !
Loin de moi l’idée de contester la qualité des journaux désignés. Mais il serait utile de savoir s’il y a un accord entre eux et le gouvernement pour cette opération ? Si oui, sur quelle base réelle ? Quoi qu’il en soit, au nom de l’égalité, du pluralisme et de l’indépendance de l’information, ils devraient tous demander à se retirer. La démocratie n’a pas besoin d’un ministère de la propagande. Nous devons tous le refuser.

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