L’Humanité, avec sa plate-forme
numérique l’Humanite.fr, prend l’initiative d’ouvrir ses colonnes
pour repenser le monde, avec l’ambition d’être utile à chacune et chacun
d’entre nous. Cette initiative aura des prolongements avec la publication d’un
hors-série à la fin de l’été et l’organisation de grands débats publics
permettant de prolonger ces écrits.
Une féroce et puissante lutte se développe au cœur de l’actuelle pandémie.
Elle oppose les tenants du monde actuel aux progressistes transformateurs. D’un
côté, celles et ceux qui non seulement veulent dégager le système capitaliste
de toute responsabilité, mais surtout profiter de la situation pour aller
encore plus loin dans l’exploitation des travailleurs et de la nature. De
l’autre, celles et ceux qui pensent que ce nouveau moment porte les germes
d’une société post-capitaliste. D’un côté ceux qui comme toujours poussent à
« une relance » sans condition, de l’autre ceux qui proposent « une
reconstruction ». Nous ouvrons ici un espace pour que ces derniers exposent
leurs propositions et projets d’actions.
La relance selon les critères capitalistes porte en elle les pandémies à
venir, provoquées par la destruction des forêts au profit du soja et de l’huile
de palme, qui détruisent les habitats naturels, l’intensification d’un tourisme
débridé, et une hausse irrémédiable des températures qui risque, avec la fonte
de sols gelés et de glaciers, de libérer des virus enfouis depuis la nuit des
temps.
Les « jours d’après » déjà modélisés dans les officines proches des milieux
d’affaires sont d’ores et déjà des « jours tristes », ceux du chômage record,
d’une restriction nouvelle des libertés, d’un droit du travail taillé sur
mesure pour redémarrer le moteur cahoteux du capitalisme financier, d’un
endettement inouï des États qui permettra aux marchés financiers d’affermir le
chantage exercé contre la démocratie. Voilà en quoi « la relance capitaliste de
l’économie » est grosse de nouvelles crises économiques, sociales, sanitaires,
alimentaires. Cet avenir-là est majoritairement réprouvé. Et le système qui le
porte de plus en plus contesté. Nous avons collectivement le devoir d’inventer
les chemins permettant, selon la formule de Jean Jaurès dans le premier
éditorial de l’Humanité, de progresser vers ce « grand
but d’humanité par des moyens d’humanité ». Fidèle à son fondateur, l’Humanité lance
un grand débat pour faire émerger un tout autre avenir que celui qui nous lie
pieds et poings à l’insécurité de vie imposée par le capitalisme financiarisé
et mondialisé.
Il s’agit moins de décrire la situation que de recueillir ici les idées,
les pensées, les propositions de penseurs et de syndicalistes, de scientifiques
et de responsables associatifs, d’ouvrières, d’élus et de créateurs, de
militants de la paix, comme de citoyennes et citoyens, féministes ou
antiracistes, d’autres aspirant à un monde de justice sociale et
environnementale, de professeurs, de médecins, comme de juristes, magistrats ou
avocats.
Chacune et chacun défendra ici, dans son domaine de connaissance,
d’expérience ou de compétence, une ou deux propositions neuves que nous
mettrons à disposition de la réflexion collective pour réenchanter le monde. Et
le reconstruire ! Tel est l’enjeu. Telle est la tâche des progressistes
attachés à la transformation sociale, environnementale, démocratique et au
désarmement. À leur époque et dans de tout autres conditions, nos aînés avaient
su trouver les réponses avec le programme du Conseil national de la Résistance.
Notre société en porte toujours de fécondes traces.
Des forces immenses se sont levées ces dernières années pour défendre le
droit du travail, le climat, les retraites par répartition, l’égalité
hommes-femmes ou en revêtant un gilet jaune. Les mêmes souvent, comme les
soignants ou les caissières, les enseignants ou les ouvriers de la propreté et
les livreurs, se sont battus à leur poste de travail pour l’intérêt général.
D’autres encore ont été à l’avant-garde des solidarités concrètes au service
des autres.
Ces forces – qui tiennent le pays – produisent du commun. Nous
voulons les aider à se faire entendre mieux encore et à acquérir du pouvoir. Et
pourquoi pas le pouvoir.
Le moment que nous
vivons est un point de bascule. Face à cette urgence, l’Humanité – et sa plate-forme numérique l’Humanité.fr – prend l’initiative
d’ouvrir ses colonnes pour repenser le monde, avec l’ambition d’être utile à
chacune et chacun d’entre nous. Cette initiative aura des prolongements avec la
publication d’un hors-série à la fin de l’été et l’organisation de grands
débats publics permettant de prolonger ces écrits. Qu’ici s’expriment librement
toutes les propositions et idées permettant de remettre le monde sur ses pieds.

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