Que faut-il de plus pour prendre la juste mesure de
l’urgence ? Ce lundi 18 juillet 2022
va peut-être entrer dans l’histoire comme le jour où la température moyenne en France aura été la plus élevée depuis le
début des relevés. Proche des 30 °C. Le signe étouffant
d’un réchauffement climatique, non plus observé depuis son canapé comme un film
catastrophe, mais vécu par chacun dans la banalité de son quotidien. Les
alertes des experts du Giec, à propos desquelles certains décideurs politiques
se permettent encore de procrastiner, s’imposent à toute une population comme
une réalité brutale, concrète et brûlante.
Les terribles incendies estivaux ne doivent tromper
personne. La dévastation liée au réchauffement climatique n’a rien de ponctuel.
C’est une catastrophe au long cours qui impacte toute la société. L’exemple de
la sécheresse dans les Hautes-Alpes illustre cette réaction en chaîne aux
conséquences économiques et sociales parfois insoupçonnées. L’aridité des sols ? C’est la baisse du niveau des lacs, l’énergie hydraulique en difficulté, l’irrigation
insuffisante des cultures, la pénurie de nourriture pour les bêtes, les
coûteuses importations, la hausse des prix, la faillite d’exploitations, la
dégradation de la qualité de l’eau, la destruction de la biodiversité, la fuite
du tourisme… Une petite démonstration à l’échelle d’un simple département. Mais
qui témoigne, par extension, de l’ampleur du désastre annoncé et de la réaction
nécessaire.
Or, chacun doit angoisser de voir la France piétiner
là où il faudrait, selon les spécialistes, avancer des mesures « radicales » dans tous
les secteurs. Fin juin, le Haut Conseil pour le climat déplorait que les mesures prises par le gouvernement, déjà épinglé par le
Conseil d’État pour son inaction, soient « insuffisantes pour garantir un avenir vivable ». Engoncé dans sa dévotion à la loi du marché, Emmanuel Macron ne parvient
pas à prendre la mesure de ce combat du siècle. Son appel à plus de « sobriété » lors de l’interview du 14 juillet souligne
ce complet décalage. « Mon quinquennat sera écologique ou ne sera pas », disait-il lors de la
présidentielle. On n’y est pas. Les victimes quotidiennes des dégâts
climatiques se chargeront de lui rappeler : en la matière, le pays n’a pas besoin
de pirouettes sémantiques
mais d’une révolution politique.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire