C’est un non-événement. Tout ça pour ça. Le fantasme
gaullien d’un gouvernement d’union nationale avait disparu à peine évoqué. La
recherche d’une coalition, tout à fait improbable avec une autre formation que
« Les Républicains », a été écartée par ces derniers, soucieux de ne pas se saborder et
de préserver si ce n’est l’avenir en général, du moins le leur. Ne restaient
plus que les tentatives de débauchage de personnalités compatibles. On pouvait
penser à quelques noms, connus ou que l’on pouvait supposer. Philippe Juvin,
Christian Estrosi. Bilan zéro et même la seule « prise » réelle du
gouvernement, président du
groupe LR à l’Assemblée, Damien Abad, a dû partir pour les raisons que l’on sait.
Côté coulisses de l’Élysée, on n’en évoque pas moins,
sans trop de clairon tout de même, un gouvernement « correspondant à l’ADN du macronisme avec des
profils venus de la société civile et des figures
politiques expérimentées ». C’est de l’ADN en peau de chagrin avec une parité en
trompe-l’œil. On vante comme un succès l’arrivée d’un proche d’Édouard
Philippe, Christophe Béchu. La belle affaire qu’une nouvelle figure de droite
dans une équipe rafistolée. On ne peut toutefois s’y tromper. Tel qu’il est, ce
gouvernement est clairement orienté à droite. Les deux poids lourds Bruno
Le Maire et Gérald Darmanin sont ainsi reconduits sans coup férir et l’on
peut gager qu’ils ne céderont pas une miette de leurs prérogatives. Dans ces
conditions, la recherche de majorités d’idées va se faire à droite, que ce soit
par des votes ou par d’opportunes abstentions de LR, voire du RN.
On ne sait si la première ministre engagera devant
l’Assemblée la responsabilité de son gouvernement en demandant sa confiance.
Quoi qu’il en soit, on peut s’attendre à ce qu’elle mise sur le paquet pouvoir
d’achat annoncé. Un chèque par-ci, une prime par-là, un dégel du point d’indice
bien insuffisant, une augmentation des retraites et des minima sociaux inférieure
à l’inflation. On est très loin du compte et des attentes. Contrairement à la
formule connue, ce gouvernement ne change rien pour que rien ne change.

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