Un projet politique, ce sont des femmes et des hommes qui l’incarnent. Leur
parcours, leur origine sociale, leurs combats quotidiens en disent parfois plus
long qu’un tract de campagne. Alors que le Rassemblement national compte pour
la première fois dans l’histoire remporter au moins une région et faire des
scrutins de juin un tremplin pour la présidentielle, le pedigree de ses
candidats écorne sérieusement le vernis du parti d’extrême droite.
Marine Le Pen a beau faire le ménage dès que la nature de ses troupes est
révélée dans la presse, le catalogue devient embarrassant. Dans les Ardennes,
l’un d’entre eux a été condamné pour agression sexuelle sur mineur. Dans la
Creuse, Geneviève Veslin a été prise la main dans le sac négationniste, niant
l’existence de la Shoah. En Gironde, Marta Le Nair publie sur les réseaux
sociaux des propos dignes des pires pamphlets antisémites des années 1930. En
Corrèze, une autre de leurs comparses, Danièle Delavaud, souhaite « faire
sauter les mosquées ». En Bourgogne-Franche-Comté, Julien Odoul, tête de
liste RN aux régionales, plaisante grassement sur le suicide des agriculteurs…
Nulles brebis galeuses ici, tant la liste est loin d’être exhaustive, mais plutôt
le portrait du néofascisme à la française : des repris de justice adeptes de la
loi du plus fort, racistes et antisémites, insensibles aux injustices et aux
souffrances sociales. D’ailleurs la fille Le Pen ne s’en cache plus.
Terminées les envolées
lyriques de 2017 sur « l’argent roi ». « Une dette, ça se rembourse »,
chante-t-elle désormais dans la presse « pro-business » pour rassurer les
marchés financiers et continuer de rallier à elle une partie des élites
économiques. La course aux profits de l’industrie pharmaceutique au détriment
de la santé pour tous ? Le RN s’oppose à la levée des brevets. La hausse des
salaires, la gratuité des services publics, les batailles pour l’emploi, la
culture, l’accès au logement ? Pas non plus dans les priorités de l’autre
présidente des riches, qui préférera toujours les passions tristes aux jours
heureux.

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