jeudi 10 juin 2021

Elsa Triolet : une journée d’hommages au moulin de Villeneuve.



 Muriel Steinmetz

Le 12 juin, des comédiens liront des textes de l’écrivaine, des films qu’elle a inspirés seront projetés dans le parc de la demeure où elle vécut et repose aujourd’hui auprès d’Aragon. Entretien avec Guillaume Roubaud-Quashie, qui dirige la Maison Elsa Triolet-Aragon, à Saint-Arnoult-en-Yvelines.

Quel est le but de cette manifestation, qui aura lieu dans la demeure où elle vécut avec Aragon, l’un et l’autre reposant côte à côte, pour l’éternité, dans le parc de la propriété ?

GUILLAUME ROUBAUD-QUASHIE : Le 16 juin 1970, Elsa Triolet s’éteignait à Saint-Arnoult. L’an passé, nous voulions marquer le cinquantième anniversaire de sa mort. La pandémie nous en a empêchés. On l’organise un an après.

La romancière de talent, qui a jeté des ponts entre la France et la Russie au temps de l’Union soviétique, la résistante, le prix Goncourt à la Libération, la muse du grand poète national… comment aborder Elsa Triolet en ses figures multiples ?

GUILLAUME ROUBAUD-QUASHIE : L’ombre attachée à son nom est d’autant plus injuste qu’Elsa Triolet a créé dans beaucoup de domaines. S’agissant de la dimension littéraire, sur laquelle on va mettre le plus l’accent, ce 12 juin, il y aura des conférences avec des écrivains. L’après-midi sera davantage axé sur l’écoute de ses mots. Des comédiennes comme Macha Méril et Catherine Salviat, de la Comédie-Française, et de jeunes acteurs de la MC93 de Bobigny liront des extraits de ses œuvres. Nous voulons mettre en avant cet aspect d’elle, car c’est ainsi qu’elle se définit, notamment dans les préfaces qu’elle écrit : « Qu’est-ce que je suis ? Je suis un écrivain », dit-elle. À l’époque, on ne disait pas « écrivaine ». Nous désirons aussi la montrer à partir de ses mots, dans la chanson. Peu le savent ; elle a été mise en chanson par le truchement de Guillevic. Il y a encore le cinéma, avec, entre autres, le film sur elle, d’Agnès Varda , Elsa la rose (1966), et l’adaptation qu’Amos Gitaï a faite de son roman,  Roses à crédit. Des projections en plein air sont prévues.

Nombreux ont été les livres publiés à son sujet, sans compter les écrits d’Aragon, en prose et en vers. Reste-t-il à découvrir des éléments propres à approfondir la connaissance de cette figure d’exception ?

GUILLAUME ROUBAUD-QUASHIE  : Son rapport à la musique est méconnu. En général, l’œuvre d’Elsa Triolet est à découvrir, surtout pour les nouvelles générations, d’autant qu’elle aborde des sujets d’une très grande actualité. Romancière de la solitude et de la vieillesse, elle a écrit des pages incroyables sur la condition d’étranger. Si on regarde notre monde, on a vraiment besoin de la lire.

Quelles sont les missions de la Maison Elsa Triolet-Aragon ?

GUILLAUME ROUBAUD-QUASHIE : La Maison s’attache d’abord, à Saint-Arnoult et aussi lors d’initiatives hors les murs, à faire rayonner l’œuvre d’Aragon et celle d’Elsa Triolet. La Maison a été d’emblée tournée vers les arts, du fait de la présence d’œuvres in situ. Nous mettons sur pied des expositions. Actuellement, c’est celle de Pierre Buraglio, « Juin poignardé », titre emprunté au poème les Lilas et les roses, d’Aragon. La troisième mission a trait aux archives, soit la recherche autour des œuvres.

 

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