C’est une alerte que nous lançons aujourd’hui dans ces colonnes. Une alerte sur le climat politique d’une extrême dangerosité qui règne depuis quelques mois, aboutissement d’une prétendue « dédiabolisation » d’un parti d’extrême droite dont les représentants et les complices les plus zélés ont leur rond de serviette dans les médias. Le climat des derniers jours, avec la diffusion d’une vidéo insoutenable d’un « ami » de monsieur Zemmour appelant au meurtre de militants communistes et insoumis, a fait franchir un cap dangereux à notre démocratie.
Ce terrorisme d’extrême droite à ciel ouvert, puisque c’est bien de cela
qu’il s’agit, est donc prêt à passer à l’acte. Sans que cela n’émeuve outre
mesure les grands démocrates autoproclamés de notre pays, à en lire certains de
nos confrères. Pire, par la voix de Raphaël Enthoven, idiot utile de Marine Le
Pen, on apprend que Jean-Luc Mélenchon serait plus dangereux que la candidate
d’extrême droite… « Trump plutôt que Chavez », écrit le
prétendu philosophe dans une version 2.0 du « Plutôt Hitler que le
Front populaire ». Déjà, en octobre, le
mot « collabo » avait été tagué par un groupuscule d’extrême droite en lettres
rouges sur le siège du PCF, souillant la mémoire des résistants et
victimes du nazisme.
Oui, le fond de l’air
est brun, et le confusionnisme dans lequel baigne le débat public ne va pas
aider à le dissiper. Dans un tel climat, chacun doit mesurer la portée de ses
paroles. Chaque concession au logiciel idéologique de l’extrême droite est une
munition supplémentaire donnée à Marine Le Pen. Emmanuel Macron porte une
responsabilité majeure en enfermant le débat public dans son duel mortifère
avec le RN. À force de jouer avec le feu, plus que le danger pour le président
lui-même de s’y brûler les ailes, c’est la démocratie qui risque de se
consumer. Notre journal s’est associé à la marche du
12 juin pour les libertés et contre l’extrême droite. Ces derniers
événements renforcent notre détermination.

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