C’était il y a un an, le 13 avril 2020. En plein premier confinement,
le président de la République prononçait solennellement ces paroles : « Sachons
dans ce moment nous réinventer, moi le premier. » Et d’invoquer « un
autre projet » pour « préparer l’après », à coups
de « plan massif pour notre santé », d’ « indépendance » reconquise
pour l’Europe, l’industrie, l’agriculture… Une stratégie au service du retour
des « jours heureux », plaidait-il, en allusion au programme
du Conseil national de la Résistance.
Emmanuel Macron s’était engagé à tout cela. Qu’en reste-t-il ? La
pandémie n’est pas encore vaincue que, déjà, le « monde d’avant » revient au
galop. Les experts font les comptes et s’apprêtent à adresser la facture aux
Français. Car, oui, de l’argent a été dépensé, pas toujours à bon escient
d’ailleurs, le robinet des aides coulant plus facilement pour les grandes
entreprises que pour les étudiants, les travailleurs de « première ligne »,
l’hôpital et ses personnels. Mais, bon gré, mal gré, cette intervention
publique a permis au pays de tenir, au milieu de mille difficultés héritées des
politiques d’austérité. Et il faudrait revenir à celles-ci, au nom d’on ne sait
quelle discipline budgétaire ?
C’est au contraire d’une
relance que le pays a besoin, mais d’une relance d’un type nouveau, sociale,
écologique, que ne permettra guère le mal ficelé plan franco-européen, faute
d’être adossé à de nouveaux critères d’attribution des fonds publics, liés à
des objectifs chiffrés, à la réalisation contrôlée. Déjà, le CAC 40
a « effacé la crise », entend-on. Mais les salariés restent à
quai. Quel redémarrage est possible sans inversion des priorités ? Si ceux
qui détiennent l’argent ne sont pas mis à contribution ? L’Humanité n’invente
rien : les dix pistes que notre journal avance pour sortir de la crise
appartiennent déjà au débat public, mais la voix des forces qui les soutiennent
est étouffée sous les vaines polémiques ou caricaturée. Il est temps que leurs
paroles gagnent en force.

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