On pouvait sourire,
depuis son arrivée à la tête de Danone, des déclarations vertueuses de son PDG,
Emmanuel Faber, concernant la mission du groupe, ses engagements
environnementaux et sociaux. On pouvait tout autant s’indigner de sa traduction
en actes avec entre autres choses deux mille suppressions d’emplois. Les femmes
et les hommes semblaient ne pas avoir pas le même prix que les yaourts à
mission… Quoi qu’il en soit, les deux grands fonds investisseurs de la
multinationale, Bluebell Capital Partners et Artisan Partners, eux, n’ont
regardé qu’une courbe. Celle des dividendes, un peu trop minces, trop light, de
leur point de vue. Emmanuel Faber, sous leur pression, reste président mais
n’est plus directeur général, en application du principe selon lequel s’il
tient toujours le pinceau on lui retire l’échelle. D’où ce rappel d’un
éditorialiste de la presse « économique ». Finis de jouer, car « sauf à
renier la propriété privée, les cadres dirigeants sont employés des
actionnaires ». Pour le reste, on ne demande pas aux requins de se
nourrir de yaourts, même bio.
mardi 9 mars 2021
« Yaourts », le billet de Maurice Ulrich.
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