La crise sanitaire du
Covid-19 a rendu visible les femmes premières de corvée. Les femmes sont :
87 % des soignantes et infirmières, 91 % d’aides-soignantes,
97 % des aides ménagères et aides à domicile, 73 % agentes
d’entretien, 76 % des caissières et vendeuses. La crise a montré la dureté
de leur travail, la division sexuée du travail et mis en évidence un paradoxe
prégnant : toujours en première ligne sur le front des inégalités au
travail et dans la vie, les femmes ont un rôle crucial dans la gestion de cette
crise malgré la réduction drastique des politiques publiques, et pourtant leur
travail n’est pas reconnu à sa juste valeur !
Alors qu’elles représentent plus de la moitié de l’humanité et quelles sont
plus formées dans le cadre scolaire, l’écart salarial reste à ce jour de
26 % entre les hommes et les femmes. Au rythme actuel de rattrapage, il
faudra mille ans pour obtenir l’égalité salariale !
Le refus des violences
sexistes et patriarcales faites aux femmes et les aspirations à l’égalité
montent dans la société, notamment à travers les campagnes sur les réseaux
sociaux, mais aussi dans les manifestations féministes. Nous, féministes et
communistes, sommes de celles qui participent et construisent au quotidien les
mouvements féministes comme des mouvements sociaux de classes.
La déferlante #MeToo a
entraîné un abaissement drastique du seuil de tolérance à l’égard des violences
sexistes et sexuelles. Ce moment historique a révélé au grand nombre leur
caractère massif, systémique, et la nécessité d’évolutions politiques et
législatives d’ampleur, afin d’opérer une véritable transition féministe de
notre société. Cela est en effet devenu nécessaire à venir à bout
d’inacceptables dysfonctionnements qui subsistent dans la prise en charge des
victimes par les autorités publiques, et à opérer un virage culturel global
dans la société française.
Au vu des effets
dévastateurs de ces actes criminels sur les enfants et les jeunes, et de leur
impact sur leur vie adulte, cette question revêt un caractère de santé
publique, et un enjeu crucial pour toute société se prétendant civilisée. Dès
lors, seule l’édiction d’une loi-cadre sur le plan répressif mais aussi
préventif, accompagnée d’une hausse des moyens publics alloués à la lutte
contre les violences sexistes et sexuelles, permettront d’apporter une réponse
suffisante à endiguer ce phénomène gravissime.
Prenez conscience que
comme toute forme de domination, et d’autant plus qu’elle concerne la moitié du
genre humain, la domination patriarcale est un puissant frein au développement
de l’humanité. Le contexte politique, social et économique international comme
national, avec la banalisation des idées d’extrême droite, la montée des
conservateurs sont des signes inquiétants pour les droits des femmes.
Il est de plus en plus
urgent de porter haut notre volonté et nos combats pour l’égalité
professionnelle, le droit à disposer de son corps sans qu’il puisse être acheté
par qui que ce soit, le juste partage des pouvoirs, en France et dans le monde.
Les avancées, réalisées grâce aux luttes et mobilisations des militant·e·s, des
féministes restent fragiles et sont remises en cause régulièrement par les
masculinistes et les politiques d’austérité gouvernementale.
C’est pourquoi nous
nous engageons dans le cadre des mouvements féministes unitaires et dans ces
revendications, et c’est pourquoi nous serons dans la rue pour :
- Réclamer la revalorisation des métiers à
prédominance féminine et de réelles hausses de salaires !
- Nous élever contre notre exploitation, pour
l’égalité salariale femmes-hommes et revendiquer un réel partage des
tâches domestiques et familiales !
- Réclamer des services publics accessibles à
toutes sur l’ensemble du territoire, et notamment des places en crèches.
- Dénoncer et combattre les violences sexistes et
sexuelles, y compris incestueuses, ou encore au travail. Nous voulons un
milliard pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles.
- Dénoncer les discriminations qui se cumulent et
se renforcent : de genre, de classe, de couleur de peau et d’origine,
et lesbo, -bi- et transphobes.
- Lutter contre la violence sexuelle, raciste et
institutionnelle faite aux femmes migrantes, contre leur exploitation,
pour réclamer la liberté de mouvement à travers les frontières et un
permis de séjour illimité et sans conditions !
- Pour que l’accès à l’avortement, aux 3 méthodes
choisies, soit possible partout et même pendant le confinement, pour que
le délai légal soit étendu au-delà de 12 semaines.
Nous serons en grève
ce 8 mars. Comme les femmes de par le monde, nous serons dans la rue à
manifester et revendiquer. Car sans les femmes, le monde s’arrête ! La
place et le travail des femmes dans notre société est centrale pour ouvrir les
chemins d’une nouvelle société humaine, émancipée.
On ne veut plus
attendre !
Hélène Bidard

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