DÉBAT D’ORIENTATIONS BUDGÉTAIRES : « INTERVENTION DE BRIGITTE MORANNE AU CONSEIL MUNICIPAL DU 04 MARS 2021 »
Débat d’Orientations Budgétaires
Groupe communiste, Anticapitaliste
et citoyen
Cette
année, nous abordons notre débat sur les orientations budgétaires dans un
contexte inédit, la crise sanitaire entraine une incertitude sur nos vies, nos
choix. Elle engendre une crise économique et sociale dévastatrice pour les
populations, les salariés, les étudiants, le tissu économique en général. Une
crise qui atteint le moral des populations, des jeunes et qui entrave l’action
de notre tissu associatif, culturel et sportif de façon plus qu’inquiétante. Les
salarié-e-s, les retraité-e-s, celles et ceux qui se retrouvent privé-e-s
d’emploi et singulièrement les jeunes payent très cher cette situation.
En
Seine Saint Denis, nous savons cette situation est catastrophique. 17,5% de la
population vit désormais sous le seuil de pauvreté, le nombre d’allocataires du
RSA explose. Les responsables du secours populaire, ainsi que d’autres
associations, ne cessent d’alerter sur la gravité de la situation mais aussi
les gestes forts de solidarité qui existent dans notre département. Une partie
de la population se retrouve dans l’incapacité de se nourrir et de se soigner
dignement.
Mais
alors que notre pays a besoin d’une vraie politique de redistribution des
richesses, alors qu’il nous faut d’urgence faire en sorte que l’État et les
collectivités locales disposent de moyens renouvelés pour faire face aux enjeux
sociaux et environnementaux, la loi de finances renonce à soutenir les
territoires et les secteurs qui en ont le plus besoin, pour déverser l’argent
aux grandes entreprises ou pour les plus riches, sans contrôle et sans
contreparties.
-
Aucune mesure visant à rétablir l’équité fiscale entre les petites et les
grandes entreprises
-
Aucune mesure garantissant l’égalité entre les commerces de proximité et les
géants du commerce en ligne qui se sont largement enrichis pendant la crise.
-
Et que dire des collectivités. La réduction des Impôts dits de production,
suite logique des cadeaux faits aux grandes entreprises sur le dos des budgets
locaux, produira des effets de bord renforçant les inégalités territoriales.
Le
choix est clair et assumé : entre le levier d’action publique à la
légitimité démocratique, l’expérience locale, le gouvernement préfère les
logiques du marché privé : fabriquer des clients/consommateurs et non pas
des usagers/citoyens. En pleine crise sanitaire, le gouvernement baisse les
Impôts des entreprises de 10 Milliards. Ainsi, sur les 10 prochaines années,
100 Milliards échapperont à l’Etat pour financer la Santé, les transports en
commun, une politique sociale ambitieuse et les projets des collectivités. Mais
la relance n’existera pas tant que l’investissement public qui s’est effondré
ne sera pas compensé. Les citoyens, en contrepartie de la dette, ont le droit à
un chantage aux réformes dites structurelles : réforme des retraites,
baisse des dépenses et des services publics, loi de transformation de la
fonction publique et réforme de l’assurance chômage.
C’est
dans ce contexte général que la nouvelle majorité municipale construit son
budget 2021 avec la volonté d’améliorer les services à la population. Une
volonté de faire « autrement » qui permet d’entrevoir un changement
dans la trajectoire budgétaire de l’ancienne majorité municipale. Un budget élaboré
pendant 20 ans au détriment des services publics utiles à la population et construit
sur 3 piliers :
-
Compression des budgets de fonctionnement (ponction importante des budgets de
fonctionnement vers l’investissement dès le budget primitif)
- Vente du patrimoine et
du foncier
-
Recours à l’emprunt dont des emprunts toxiques souscrits en 2005 et 2006
Quelles
conséquences aujourd’hui sur ces choix de gestion menées depuis des années ? :
Des
services publics ne répondant pas aux besoins de la population malgré des
dotations de péréquations verticales et horizontales versées chaque année, du
fait du faible revenu fiscal des habitants de Romainville (en 2019, s’élevait à
23048 Euros contre 28525 euros de moyenne nationale). Au fil des années et
malgré le dispositif « Sauvadet », destiné à la résorption des
emplois précaires, le constat est une forte progression du nombre de
contractuels et des emplois précaires en Contrats à Durée Déterminée (CDD) qui
se concentraient sur les Nouvelles Activités Périscolaires (NAP). La compression
des charges en personnels permettait de dégager des marges brutes importantes (jusqu’à
8 Millions d’euros) mais réduisait les services utiles à la population et
dégradait les conditions de travail des personnels.
-
Une politique d’investissement en faveur des promoteurs, les constructions se
sont faites à marche forcée. Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de 2009 a été
modifié 15 fois pour adapter ce document d’urbanisme hélas aux demandes de la
promotion immobilière. Une sur densification au détriment d’espaces verts et
d’espaces publics.
-
De nombreux biens immobiliers du patrimoine de la commune ont été cédés aux
promoteurs, dans des conditions parfois avantageuses pour eux. L’essentiel des réserves
foncières acquises par les anciennes majorités en prévision des besoins en
matière d’équipements publics a été vendu au cours des 20 dernières années.
-
Un taux d’endettement important avec une dette de 1595 Euros/ habitant,
Romainville est devenue la 3ème ville de même strate la plus
endettée d’Île de France.
-
Des investissements lourds comme celui de la cité maraichère (9 Millions
d’Euros dont 4 non visibles car répartis sur d’autres lignes budgétaires) qui
vont peser sur les budgets d’investissement et de fonctionnement pendant
plusieurs années et dans le même temps une insuffisance pour l’entretien de
l’ensemble des bâtiments publics utiles à la population dont la plupart sont de
véritables passoires thermiques.
-
Un patrimoine social composé de 3461 logements dont la ville n’a plus la
maitrise depuis le transfert sans convention préalable à Seine Saint Denis
Habitat en 2017.
Si
le rapport budgétaire met en lumière les fragilités de la structure financière
de notre commune liée à la fois aux budgets contraints des collectivités
territoriales mais aussi à l’héritage de la gestion locale menée depuis 20 ans,
il met aussi en lumière notre volonté politique de renforcer le service public
dans l’intérêt des habitants. Notre
trajectoire s’appuie à la fois sur un renforcement des budgets de
fonctionnement en rendant acceptable les efforts et permettant un équilibre
sans recours à l’emprunt. Des orientations budgétaires à la fois ambitieuses et
construites par une nouvelle équipe avec beaucoup de sérieux et de responsabilité.
Considérant
que les villes représentent le dernier bouclier face aux inégalités sociales,
notre groupe « communiste-citoyen et anticapitaliste » se
félicite du changement de trajectoire budgétaire et des orientations concrètes présentées :
-
Augmentation du budget pour les politiques publiques dédiées à la jeunesse
- Augmentation du budget
culture de 20%
-
Augmentation des budgets dédiés à l’animation des quartiers prioritaires, à la
Santé.
- Augmentation des
subventions aux associations
-
Rattrapage de la masse salariale qui comptait plus de 30 postes vacants et la
volonté de créer des postes pour l’insertion des jeunes.
-
Augmentation de la taxe d’aménagement de 3,5 à 5% pour les promoteurs afin de
financer les aménagements liés à la transformation du territoire avec la
réflexion de faire évoluer ces taux jusqu’au maximum légal de 20%
-
Amélioration et mise en sécurité des équipements et bâtiments vieillissants et
insuffisamment entretenus ces dernières années.
Au
nom de mon groupe, je souhaite remercier les fonctionnaires territoriaux qui
dans des conditions difficiles œuvrent au quotidien pour assurer un service
public de qualité en direction des populations de notre ville.
Brigitte Moranne.

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