Malgré les régressions
accélérées par la crise, la conquête de l’égalité, loin d’être gagnée, avance
et marque des points importants. Pour la Journée internationale de lutte pour
les droits des femmes du 8 mars, l’Humanité Dimanche fait entendre la voix de
huit femmes de cœur et de combats. DOSSIER
Vivir, Marta, Citlali, Ruth, Yasmina, Alicia, Aranya ou encore Yosra. Ces
huit femmes, personnalités ou méconnues du grand public, portent chacune, à
leur manière, les combats de femmes pour leurs droits au Mexique, en Pologne,
aux États-Unis, en France, en Tunisie, en Inde et au Kenya. Des droits dont on
ne dira jamais assez qu’ils font sens et société pour tous. Ces huit femmes
n’incarnent pas un féminisme, mais des féminismes. Ces dernières années,
ceux-ci se sont imposés dans l’espace public, malgré les préjugés, les blocages
politiques et la farouche opposition de courants politiques conservateurs et
rétrogrades qui refusent de conjuguer l’humanité au féminin et au masculin.
« Je n’ai jamais connu une telle intensité militante : les manifestations,
les médias, les films, les publications, les collages, les blogs… C’est une
immense vague (…) qui porte bien au-delà des cercles militants, partout dans le
monde, avec la force que donnent les réseaux sociaux et l’afflux massif de
jeunes activistes. (…) #MeToo a donné un coup d’accélérateur à un
cycle de mobilisations qui a commencé dans les années 1970. (…) La parole s’est
libérée », soutient l’historienne et spécialiste du genre Christine Bard dans
nos colonnes.
Les luttes des femmes signent des avancées ; elles gagnent des consciences.
L’une des plus belles victoires est venue d’Amérique latine, plus exactement
de l’Argentine où l’interruption volontaire de grossesse
(IVG) est enfin devenue légale en décembre 2020, au terme d’une
âpre bataille menée avec courage par les associations de femmes et des
collectifs citoyens. Mais les discriminations, les violences et les
féminicides, ainsi que les inégalités demeurent béants. La pandémie n’a que
trop rappelé que les femmes – souvent premières de cordée au travail comme
à la maison – sont toujours les principales victimes des régressions en cours
dès lors qu’il y a crise.
Grèves, marches et forums
Si on devait s’en tenir
à un exemple, rappelons que, depuis 1972, date de la première loi sur l’égalité
des rémunérations en France, les femmes continuent de percevoir un salaire d’un
quart inférieur à celui des hommes. À l’occasion de la Journée internationale
de lutte des droits des femmes du 8 mars, syndicats et associations
appellent à une nouvelle grève féministe en France, mais également en Belgique,
en Espagne. Ailleurs, des marches virtuelles, des forums sur le Net, des
banderoles au balcon… l’élan planétaire pour une juste égalité et de nouveaux
droits contourne le virus. L’émancipation des femmes est la condition de
l’émancipation de tous.

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