Un amendement visant à pouvoir voter en avance a été
déposé au Sénat.
Il y a des jours tranquilles qui prennent
soudain un virage inattendu. Mardi, le gouvernement a sorti un amendement
surprise de son chapeau, visant à permettre pour la toute première fois le vote
par anticipation pour l’élection présidentielle de 2022. La levée de boucliers
a été immédiate et la commission des Lois du Sénat a rejeté cette mesure qui
devrait connaître un sort similaire ce jeudi dans l’Hémicycle. « Nous y
sommes fortement opposés. D’abord, c’est un amendement, ce qui permet au
gouvernement de passer sous le radar du Conseil d’État, et en dehors d’une
discussion parlementaire approfondie », s’indigne Bruno Retailleau. Le
président du groupe LR au Sénat estime que concernant « l’élection
présidentielle, qui est la clé de voûte de nos institutions, on ne peut pas
faire les choses à la va-vite ».
C’est le principal reproche fait à cet
amendement, de la part de tous les élus d’opposition. « On ne lâche pas
comme ça une telle proposition dans la nature sans aucune consultation, ni
étude d’impact. C’est se moquer du Parlement que de procéder de la sorte, par
amendement, en disant que c’est à prendre ou à laisser sans aucun débat
démocratique », insiste le chef de file des députés PCF, André
Chassaigne.
LaREM s’inspire des états-Unis
Le texte rédigé par l’exécutif stipule
qu’il sera possible de voter dans certains bureaux grâce à une machine à voter,
à une « date fixée par décret, durant la semaine précédant le scrutin ». « L’objectif
est de faire baisser l’abstention », assure Christophe Castaner,
président du groupe LaREM à l’Assemblée. « Un tiers des Américains ont
voté par anticipation, permettant avec le vote par correspondance une
participation historique en pleine troisième vague du Covid », ajoute
le député LaREM Roland Lescure.
« Mais la France, ce n’est pas les
États-Unis. En France métropolitaine, il n’y a qu’un seul fuseau horaire. La
France, c’est un vote, le même jour, de la communauté nationale », répond le député PCF Sébastien Jumel. « Je
n’y suis pas favorable, personne n’a travaillé sur ce sujet, on a découvert cet
amendement il y a quelques heures. Je ne vois pas comment on peut tester une
disposition électorale nouvelle sur une élection présidentielle », abonde
le député LR Aurélien Pradié. La Macronie se dit désormais heureuse
d’avoir « ouvert le débat ». À l’occasion d’un amendement déposé en
dernière minute…

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