Guadeloupéen passionné
Une vague traverse la Guadeloupe en soutien au
militant indépendantiste Luc Reinette. Il s’est vu convoquer par la gendarmerie
nationale, jeudi, après avoir adressé un « message à la jeunesse de la
Guadeloupe ». Il y rappelle la violence de la colonisation et appelle les
jeunes à « arracher la liberté ». Un combat pour l’indépendance de
l’archipel qu’il entend mener « sur tous les fronts », « en bonne
intelligence », « pour et avec le peuple ». Les autorités
estiment que son texte est susceptible d’inciter « à la haine ou la
violence envers un groupe d’individus, du fait de leur origine ». Ce qui
indigne de nombreux militants guadeloupéens, qui estiment que ce sont les
populations noires qui sont historiquement et encore aujourd’hui victimes de
racisme. Un rassemblement a déjà eu lieu en soutien à Luc Reinette. Des
formations indépendantistes se mobilisent en sa faveur, comme le MIR et l’ANG.
Mais aussi des syndicats. Pour la CGTG, Luc Reinette est un « militant
anticolonialiste qui n’a fait que réaffirmer ses convictions ». Des élus de
tous bords, indépendantistes ou non, appellent même à l’apaisement et au respect
de la liberté d’expression. Maryse Etzol, la présidente de la communauté de
communes de Marie-Galante, ne voit « aucun appel à la haine », mais
plutôt « un appel à la construction de nous-mêmes » dans le
message de Luc Reinette. « Si cela est subversif, alors nous sommes des
milliers à réclamer d’être convoqués et entendus », affirme Jacques
Bangou, président du Parti progressiste démocratique guadeloupéen.

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