Midi, samedi dernier, place de Stalingrad à Paris.
L’esplanade devant le bassin de la Villette a gardé une mince couche de neige
des chutes de la veille et le thermomètre pointe toujours en dessous de zéro. À
l’entrée du bâtiment appelé la Rotonde, dû à l’architecte Claude Nicolas Ledoux
au XVIIIe siècle et qui accueille en temps ordinaire un restaurant et une
galerie d’art, s’allonge une file de quelque trois cents personnes. Il s’agit
de jeunes gens, garçons et filles, des couples entre 20 ans et la trentaine,
habillés comme des jeunes le sont par grand froid. Écharpes et bonnets,
smartphones et écouteurs. Rien n’annonce un concert ou une quelconque
manifestation festive. « Excusez-moi, vous pouvez me dire s’il vous
plaît ce que vous attendez ? » Le jeune homme ne comprend pas, c’est
sa copine qui répond, une grande jeune femme plutôt élégante. Elle ne parle pas
très bien français, elle a un léger accent anglais ou américain quand elle dit
cela, en cherchant un peu ses mots : « Là il y a à manger. »
mardi 16 février 2021
« Jeunes », le billet de Maurice Ulrich.
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