jeudi 21 janvier 2021

Une triste nouvelle. Notre camarade JUAN BURCHARD vient de nous quitter



 

Né le 28 avril 1936 à Santiago du Chili, son père JUAN BURCHARD a été un ardent militant Communiste, comme ELBA CHUBRETOVICH sa mère. Une enfance douce dans le quartier " Quinta Normal " au sud de SANTIAGO» avec ses maisons, les larges patios ou des familles nombreuses habitaient, partageant l’espace. Enfant unique il grandit entouré des copains du quartier ou le partage et la solidarité vont être le ciment essentiel pour sa vie future. Il est resté un ami fidèle et attaché à ses origines.

A l’adolescence, départ pour le sud du Chili ou son père va prendre en charge la gestion d’une ferme à COLLIPULLI. Son père très sensible aux dures conditions de travail va entamer une nouvelle organisation de vie, plus sociale et juste. Sa mère, s’attèle à créer une école pour les enfants des travailleurs des champs. Comme la ferme est éloignée de la première ville, ANGOL, Juan BURCHARD qui à 13 ans à l’époque va demeurer dans une petite pension de famille chez « ROSITA ». Son père le dépose et il reste seul avec comme tuteur son professeur. Très vite il apprend la vie d’adulte. Après ce choc ressenti comme un abandon par la force des choses,  cette période sera vécue par Juan BURCHARD comme la plus belle et la plus formatrice, il conquiert son esprit d’indépendance et sa vision du monde qu’il ne cessera de remettre en cause toute sa vie.

A 17 ans il rentre à SANTIAGO où il obtient un Diplôme de comptable à l’institut national de commerce. A 18 ans il rencontre sa femme, fille de mineur de fond dans les mines de cuivre exploitées par les américains. Richesse qui partait du pays sans vergogne. Graciela Gonzalez avait un sens de l’injustice sociale que son père vivait, elle a lutté pour devenir pédiatre et se consacrer à la médecine sociale dans son pays. Pendant ce temps Juan Burchard travaille comme vendeur dans une entreprise d’électroménager ….. Il milite au Parti communiste et consacre du temps à former un syndicat. Il répète plusieurs fois ce cycle dans de nombreux emplois qu’il exerce. Les patrons finissaient par le licencier jugeant le syndicalisme d’un mauvais œil. Il s’est toujours relevé il n’a jamais abandonné la lutte pour la justice. Père de 3 enfants un garçon et deux filles. Il est un père engagé qui suit, comme parent d’élèves, la scolarité de ses enfants, et il veille à l’égalité des chances pour tous les élèves.

Début 1973 Graciela Gonzalez part seule à Paris avec une bourse pour faire une spécialisation dans la néphrologie infantile à l’hôpital des Enfants Malades. L’histoire allait se transformer en une nuit noire le 11 septembre de la même année « Coup d’Etat » avec le début des persécutions, arrestations, disparitions, tortures. Graciela ne pourras plus retourner vivre sous la dictature dans son pays. Entre les mois de septembre et janvier Juan Burchard cache à son domicile des camarades et autres personnes recherchées par la junte militaire. Représailles et perquisitions vont se suivre.

Fin janvier 1974 Juan part pour Paris avec ses 3 enfants répondant à l’appel de son épouse. Le voyage commence par la traversée de la cordillère des Andes vers l’Argentine dans un mini bus où un silence de plomb régnait jusqu’au passage de la frontière. Puis la famille prend un bateau à Buenos Aires vers Barcelone ou son épouse les attendait.

 

Une nouvelle vie d’exilé commence pour lui à 38 ans. Vont suivre des années de militant, d’étudiant travaillant sur tout ce qui se présente. Il lui reste de cette époque le souvenir impérissable de l’accueil de la France et des camarades et d’un PARIS bohème qu’il a adoré. Pour l’anecdote dans un café parisien qu’il fréquentait avec ses amis Sud-Américains un merle dans sa cage qui chantait la marseillaise et savait lui bien parler français !!!!

Les années passant il va travailler dans divers postes, comme salarié dans les assurances, la comptabilité, dans une compagnie de courtage, dans le contrôle automobile etc. En parallèle, il dessine et peint les paysages de son Chili, des toiles pleines de couleurs chargées de sa joie de vivre et de son désir de montrer ses racines. Il organise une série d’expositions à PARIS, à la fête de l’humanité et dans d’autres lieux. A chaque fois réunissant autour de ses toiles les amis …..

 

Enfin il s’installe avec sa femme à ROMAINVILLE où il vécut une trentaine d’années. Sa ville, qu’il appelait tendrement la « REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DE ROMAINVILLE ». Jean, fidèle à ses engagements, est membre du Parti communiste. Et chacun se souvient encore de l’exposition de ses peintures au siège de la section du PCF en janvier 2017.

Juan BURCHARD était une personne très sociale et engagée. Il a dit à ses filles que les plus belles années d’exil, sont celles passées dans sa ville de Romainville avec son épouse. Il y a partagé des moments forts et inoubliables qui sont restées gravées dans sa mémoire jusqu’aux derniers instant de sa vie.

Ses obsèques auront lieu le lundi 25 janvier. On se réunira à 15h00, au  nouveau cimetière -120 rue Paul de Kock

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