A l’adolescence, départ pour le
sud du Chili ou son père va prendre en charge la gestion d’une ferme à
COLLIPULLI. Son père très sensible aux dures conditions de travail va entamer
une nouvelle organisation de vie, plus sociale et juste. Sa mère, s’attèle à
créer une école pour les enfants des travailleurs des champs. Comme la ferme
est éloignée de la première ville, ANGOL, Juan BURCHARD qui à 13 ans à l’époque
va demeurer dans une petite pension de famille chez « ROSITA ». Son père le
dépose et il reste seul avec comme tuteur son professeur. Très vite il apprend
la vie d’adulte. Après ce choc ressenti comme un abandon par la force des
choses, cette période sera vécue par
Juan BURCHARD comme la plus belle et la plus formatrice, il conquiert son
esprit d’indépendance et sa vision du monde qu’il ne cessera de remettre en cause
toute sa vie.
A 17 ans il rentre à SANTIAGO où
il obtient un Diplôme de comptable à l’institut national de commerce. A 18 ans
il rencontre sa femme, fille de mineur de fond dans les mines de cuivre
exploitées par les américains. Richesse qui partait du pays sans vergogne.
Graciela Gonzalez avait un sens de l’injustice sociale que son père vivait,
elle a lutté pour devenir pédiatre et se consacrer à la médecine sociale dans
son pays. Pendant ce temps Juan Burchard travaille comme vendeur dans une
entreprise d’électroménager ….. Il milite au Parti communiste et consacre du
temps à former un syndicat. Il répète plusieurs fois ce cycle dans de nombreux emplois
qu’il exerce. Les patrons finissaient par le licencier jugeant le syndicalisme
d’un mauvais œil. Il s’est toujours relevé il n’a jamais abandonné la lutte
pour la justice. Père de 3 enfants un garçon et deux filles. Il est un père
engagé qui suit, comme parent d’élèves, la scolarité de ses enfants, et il veille
à l’égalité des chances pour tous les élèves.
Début 1973 Graciela Gonzalez part
seule à Paris avec une bourse pour faire une spécialisation dans la néphrologie
infantile à l’hôpital des Enfants Malades. L’histoire allait se transformer en
une nuit noire le 11 septembre de la même année « Coup d’Etat » avec le début
des persécutions, arrestations, disparitions, tortures. Graciela ne pourras
plus retourner vivre sous la dictature dans son pays. Entre les mois de septembre
et janvier Juan Burchard cache à son domicile des camarades et autres personnes
recherchées par la junte militaire. Représailles et perquisitions vont se
suivre.
Fin janvier 1974 Juan part pour
Paris avec ses 3 enfants répondant à l’appel de son épouse. Le voyage commence
par la traversée de la cordillère des Andes vers l’Argentine dans un mini bus
où un silence de plomb régnait jusqu’au passage de la frontière. Puis la
famille prend un bateau à Buenos Aires vers Barcelone ou son épouse les attendait.
Une nouvelle vie d’exilé commence
pour lui à 38 ans. Vont suivre des années de militant, d’étudiant travaillant
sur tout ce qui se présente. Il lui reste de cette époque le souvenir impérissable
de l’accueil de la France et des camarades et d’un PARIS bohème qu’il a adoré. Pour
l’anecdote dans un café parisien qu’il fréquentait avec ses amis Sud-Américains
un merle dans sa cage qui chantait la marseillaise et savait lui bien parler
français !!!!
Les années passant il va
travailler dans divers postes, comme salarié dans les assurances, la comptabilité,
dans une compagnie de courtage, dans le contrôle automobile etc. En parallèle, il
dessine et peint les paysages de son Chili, des toiles pleines de couleurs
chargées de sa joie de vivre et de son désir de montrer ses racines. Il
organise une série d’expositions à PARIS, à la fête de l’humanité et dans
d’autres lieux. A chaque fois réunissant autour de ses toiles les amis …..
Enfin il s’installe avec sa femme
à ROMAINVILLE où il vécut une trentaine d’années. Sa ville, qu’il appelait
tendrement la « REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DE ROMAINVILLE ». Jean, fidèle à ses
engagements, est membre du Parti communiste. Et chacun se souvient encore de l’exposition
de ses peintures au siège de la section du PCF en janvier 2017.
Juan BURCHARD était une personne très sociale et engagée. Il a dit à ses filles que les plus belles années d’exil, sont celles passées dans sa ville de Romainville avec son épouse. Il y a partagé des moments forts et inoubliables qui sont restées gravées dans sa mémoire jusqu’aux derniers instant de sa vie.
Ses obsèques auront lieu le lundi 25 janvier. On se
réunira à 15h00, au nouveau cimetière -120
rue Paul de Kock

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