Vallourec, Enedis, Renault... Fabien Roussel a
rencontré, mardi 19 janvier, des syndicalistes de plusieurs entreprises de
Seine-Maritime. Objectif : travailler aux relocalisations, en lien avec les
mobilisations des salariés en lutte.
« On entre
en période électorale, et les oreilles sont beaucoup plus ouvertes. » Le
secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, démarre sa visite du département
par une rencontre avec l’intersyndicale de Vallourec, entreprise métallurgique
dont le site de Deville-lès-Rouen sera bientôt fermé. Aux syndicalistes qui
cherchent des pistes de reclassement pour leur usine, le député du Nord,
accompagné de la sénatrice Céline Brulin et du député de la circonscription
Hubert Wulfranc, promet d’intervenir auprès du gouvernement. « Nous
avons tout intérêt à peser ensemble auprès du ministère pour obtenir la
réindustrialisation du site », propose Fabien Roussel. « Il
faut obtenir une réunion à Paris. »
Cette journée dans plusieurs entreprises
de la banlieue de Rouen, le secrétaire national du PCF l’a voulue comme un
échange avec les salariés, pour la plupart en prise avec les conséquences de la
désindustrialisation, qu’elle soit liée ou simplement amplifiée par la crise
sanitaire. « Lorsque ces usines ferment, ce sont les salariés qui
payent, et tout le bassin d’emploi avec. » Pas question de laisser
faire, pour les trois parlementaires communistes, qui souhaitent soutenir au
maximum les mobilisations syndicales. Ainsi, à Cléon, ce sont quelque 687
salariés de Renault qui sont invités au « départ volontaire » par
l a direction du groupe.
« Avec ce système économique, on est tous perdants »
Pour l’essentiel, ils travaillent à la
production de moteurs thermiques et de boîtes de vitesses, selon un
syndicaliste de la CGT, Pascal Le Manach. « On leur dit qu’ils ne
servent plus à rien. » « À terme, on ne produira plus ici que de l’hybride
et de l’électrique », regrettent Pascal et ses collègues. Les
salariés seront en grève nationale, le 4 février. « On a investi
fortement pour réduire les émissions de particules fines, il y a un vrai
savoir-faire que nous devons préserver. On ne peut pas tout miser sur
l’hydrogène et l’électrique. On va mener cette bataille avec vous », promet
Fabien Roussel. « Nous allons la mettre au cœur des échéances
électorales à venir. Avec ce système économique, on est tous perdants. Ce sont
des emplois en moins, des recettes fiscales en moins, et un bilan carbone
déplorable avec les délocalisations de sites de production. »
Un peu plus tôt, les trois parlementaires
se sont rendus sur le piquet de grève des salariés d’Enedis, en lutte contre le
plan Hercule qui vise à séparer EDF en trois entités distinctes. Un passage
apprécié. « Nous remercions les élus communistes qui nous soutiennent
et ont réussi à ouvrir des commissions parlementaires. » « Nous avons pu
initier au Sénat un débat sur Hercule », souligne d’ailleurs la
sénatrice Céline Brulin. « Nous mènerons le combat avec vous, pour
vous, mais aussi pour contribuer à la relance de l’économie de notre pays », assure
Fabien Roussel.
En pleine crise sanitaire et en pleine
polémique sur les pénuries de vaccin contre le Covid-19, les trois élus PCF ont
également rendez-vous sur le site de Sanofi à Saint-Aubin-lès-Elbeuf. Le groupe
entend externaliser six usines, dont celle d’Elbeuf, et mettre en concurrence
les sites restants… Ce 19 janvier, les salariés de Sanofi sont en
grève. « Nous sommes un site spécialisé en antibiotiques », expliquent
les syndicalistes aux élus. « Mais Sanofi ne veut pas en faire, parce
que ça ne rapporte pas beaucoup. » Selon eux, « un médicament
qui guérit n’est pas un bon médicament. Sanofi préfère développer des
médicaments qui traitent ». Un syndicaliste rappelle en outre que le
groupe pharmaceutique a perçu un milliard d’euros, en dix ans, en crédits
recherche, « tout en supprimant des emplois ». Pour le
secrétaire national du PCF, « nous avons besoin d’outils législatifs
permettant de réquisitionner des sites de production pour faire des doses de
vaccin ». Et, plus que jamais, de rappeler la proposition de son
parti de créer un « pôle public du médicament ».
Pour terminer, les parlementaires communistes
rencontrent enfin des acteurs de l’événementiel (intermittents, artistes et
entrepreneurs) dans l’auditorium Roland-Leroy de Oissel. « Nous sommes
venus avant tout pour vous écouter », prévient Hubert Wulfranc. Et
l’angoisse est forte : « Les gens ont pris de nouvelles habitudes, ça
ne redémarrera pas de suite » ; « Les collectivités nous attribueront-elles les
mêmes budgets qu’avant la crise ? » ; « Comment va-t-on rembourser les prêts
garantis par l’État ? »... « Nous avons dénoncé des décisions incohérentes », rappelle
alors Fabien Roussel. « On aurait pu maintenir les lieux de culture
ouverts. » De plus, selon lui, « les aides de l’État ne so nt
pas suffisantes ». Et mal faites. Il rappelle ainsi à un entrepreneur
pourquoi il a voté contre les 10 milliards d’euros de réductions fiscales
accordées aux entreprises. « Parce qu’on a accordé cette aide à toutes
les entreprises, y compris les plus grandes, qui vont en absorber la majeure
partie. Alors qu’il aurait fallu accorder une suppression à 100 % de la
taxe foncière et de la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des
entreprises – NDLR) sur deux ans, mais aux 520 000 TPE et PME qui en
ont réellement besoin. »

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