Face à la menace de la souche apparue au Royaume-Uni
et de la reprise épidémique, le gouvernement a décidé de maintenir toutes les
contraintes sanitaires en vigueur. Et « n’exclut pas » d’avoir à en prendre de
nouvelles, la semaine prochaine.
Alors que les critiques restent vives sur
les lenteurs de la campagne vaccinale, le gouvernement a tenté de rassurer les
Français, jeudi, face à la reprise épidémique qui se dessine. Pas simple, quand
deux clusters du nouveau variant anglais ont été identifiés en Bretagne et en
Île-de-France…
1/. le virus toujours actif, possible durcissement la semaine
prochaine
La situation épidémique « n’est
pas revenue à la normale », a constaté Jean Castex, rappelant que le nombre
quotidien de contaminations avoisinait les 15 000 cas par jour, « soit
trois fois plus que les 5 000 » fixés par Emmanuel Macron le
24 novembre. Et c’est compter sans les possibles conséquences des fêtes,
dont les effets s’observeront « la semaine prochaine ». Autre
motif « d’inquiétude » : les variants anglais et sud-africain du
virus. La mutation observée en Afrique du Sud est « encore peu connue »,
a expliqué Olivier Véran en indiquant que trois cas avaient été recensés en
France. Sur le variant anglais, le ministre a assuré qu’il était « considéré
comme plus contagieux », notamment « chez les enfants », mais
sans occasionner de formes plus graves chez les personnes infectées. « 19
cas » ont été identifiés sur le territoire, mais on va « en
découvrir davantage », a prévenu le ministre.
Pour enrayer sa circulation, Olivier Véran
a indiqué qu’une « surveillance accrue » serait mise en place
dans les établissements scolaires et que chaque « test PCR douteux » ferait
l’objet d’un séquençage en laboratoire. Jean Castex a annoncé des « améliorations » concernant la
stratégie « tester-tracer-isoler ». À partir du 10 janvier, en cas
d’infection ou de contact suspect, « il suffira de s’inscrire sur le
site de l’assurance-maladie pour obtenir un arrêt de travail immédiat,
indemnisé sans jour de carence », a-t-il détaillé. Enfin, le
couvre-feu de 6 heures à 20 heures est maintenu au moins jusqu’au
20 janvier. Dix départements, notamment dans l’est du pays, pourraient
basculer sous un couvre-feu de 6 heures à 18 heures, comme c’est
actuellement le cas pour quinze autres. « Je ne peux exclure que nous
ayons à prendre des mesures nationales supplémentaires dans les prochains
jours », a aussi prévenu Jean Castex.
2/. culture, restaurants, ski... les réouvertures s’éloignent
Ils comptaient obtenir un peu de
« visibilité » sur leur avenir. Les secteurs de la culture, du sport, des
loisirs comme du tourisme d’hiver, de la restauration et des bars ont replongé
dans l’obscurité. Oubliées les possibilités de réouverture évoquées sans
conviction par le gouvernement en décembre. Les fermetures vont se prolonger
tant que la situation sanitaire l’impose. Seule petite loupiote dans ce sombre
avenir : une nouvelle date de « revoyure » a été fixée pour la
plupart de ces secteurs au 20 janvier. Le rendez-vous n’a rien de
réjouissant puisque c’est à ce moment que les statistiques révéleront si les
fêtes de fin d’année ont laissé une facture sanitaire lourde. Les stations de
ski sauront alors si elles ont une chance de mettre en marche leurs remontées
mécaniques, lors des prochaines vacances scolaires qui débutent le
6 février. Même horizon flou fixé à début février pour les musées,
cinémas, théâtres, salles de spectacle, équipements sportifs ou de loisirs. Quant
aux bars et restaurants, aucune réouverture avant « a minima
mi-février », dixit Castex.
3/. vaccination des plus de 75 ans dès le 18 janvier
Enfin, le gouvernement a confirmé sa volonté d’ « aller
plus vite » sur la campagne vaccinale, « principale source
d’espoir » contre la pandémie. « Oui, on a démarré plus lentement
que dans d’autres pays », a reconnu Jean Castex, mais c’était
pour « respecter des principes choisis par la Haute Autorité de santé ».
Ces principes, comme la priorité donnée aux plus fragiles (résidents d’Ehpad ou
personnes vulnérables), sont maintenus. Le gouvernement conserve aussi
l’objectif d’avoir injecté un million de doses d’ici à la fin janvier. Pour ce
faire, il va toutefois rendre possible le fait de différer la deuxième injection
jusqu’à « six semaines après la première », au lieu de trois selon
les préconisations des laboratoires. Le calendrier va aussi être accéléré et la
vaccination proposée dès janvier aux soignants de plus de 50 ans, aux
aides à domicile ou aux pompiers. « Les personnes de plus de
75 ans pourront se faire vacciner à partir du 18 janvier », a
aussi annoncé Jean Castex. Et ce dans des centres dédiés, qui devraient être
environ « 600 à la fin du mois ». Il faudra prendre rendez-vous,
par téléphone ou sur Internet, à partir 14 janvier, pour décrocher un
créneau dans les futurs centres. « On devrait recevoir 78 millions
de doses d’ici l’été, de cinq vaccins différents, dont ceux de Pfizer et de
Moderna, en espérant que les trois autres seront validés d’ici là », a
expliqué Oliver Véran, qui s’est dit conscient de « l’impatience
légitime » des Français.

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