vendredi 4 décembre 2020

« À la barre », le billet de Maurice Ulrich.



Ah, Giscard, les belles années et les moments heureux quand, avec Anne-Aymone au coin du feu, il regardait la France au fond des yeux. Et quand il recevait des éboueurs à l’Élysée pour partager des croissants au petit déjeuner !… L’Histoire, écrivait jeudi un éditorialiste ému, « n’a pas encore rendu justice à ce président réformateur ». « Giscard à la barre ». Brigitte Bardot avait arboré le slogan sur son T-shirt. En fait, on avait eu Raymond Barre. Son double maléfique, sacré meilleur économiste de France.

Celui qui avait affirmé que la France, pas celle des milliardaires mais celle du fond des yeux, « vivait au-dessus de ses moyens », celui qui avait dénoncé « les porteurs de pancartes » protestant contre la politique d’austérité qu’il menait avec arrogance… Tiens, celui aussi qui avait condamné cet attentat, rue des Rosiers à Paris, qui avait « tué des juifs et des Français innocents »… Mais il n’y était pour rien, Giscard, ou pour pas grand-chose. Finalement, sans sa politique à la barre, on garderait le souvenir d’un bon joueur d’accordéon. 

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