Ah, Giscard, les belles années et les moments heureux
quand, avec Anne-Aymone au coin du feu, il regardait la France au fond des
yeux. Et quand il recevait des éboueurs à l’Élysée pour partager des croissants
au petit déjeuner !… L’Histoire, écrivait jeudi un éditorialiste ému, « n’a
pas encore rendu justice à ce président réformateur ». « Giscard à la
barre ». Brigitte Bardot avait arboré le slogan sur son T-shirt. En fait, on
avait eu Raymond Barre. Son double maléfique, sacré meilleur économiste de
France.
Celui qui avait affirmé que la France, pas celle des
milliardaires mais celle du fond des yeux, « vivait au-dessus de ses
moyens », celui qui avait dénoncé « les porteurs de
pancartes » protestant contre la politique d’austérité qu’il menait
avec arrogance… Tiens, celui aussi qui avait condamné cet attentat, rue des
Rosiers à Paris, qui avait « tué des juifs et des Français innocents »… Mais
il n’y était pour rien, Giscard, ou pour pas grand-chose. Finalement, sans sa
politique à la barre, on garderait le souvenir d’un bon joueur
d’accordéon.

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