Les valeurs proclamées de la République,
elles sont devant nous, inscrites au fronton de nos mairies. Liberté, Égalité,
Fraternité. Fraternité, quand le ministre de l’Intérieur fait peser sur celles
et ceux de nos concitoyens un insupportable soupçon au motif qu’ils
s’approvisionnent dans des rayons « communautaires » ? Quand des migrants sont
traînés à terre aux ordres d’un préfet qui a choisi « (son) camp ». Égalité,
quand s’affichent des fortunes obscènes, quand des actionnaires sont gavés de
dividendes en pleine crise économique et sociale, quand la France compte
désormais dix millions de pauvres ? Liberté, quand le gouvernement s’applique à
en restreindre le champ, de l’article 24 en décrets pris à la sauvette,
quand des experts de l’ONU eux-mêmes rappellent à ses devoirs la France « des
droits de l’homme » ?
Les valeurs de la République sont bafouées
tous les jours. La loi présentée ce mercredi en Conseil des ministres était
annoncée comme devant lutter contre « les séparatismes » qui menaceraient la
nation elle-même. Nul n’en doute, il nous faut mener une lutte sans concession
contre les forces qui se réclament d’un islamisme dévoyé et leurs idéologies
mortifères. Mais ce n’est pas l’objet de la loi. Ne soyons pas dupes, il s’agit
de flatter cette part de l’opinion sensible aux thèses xénophobes, aux
fantasmes du grand remplacement chaque jour nourris par le Rassemblement
national, mais aussi, par certains médias aux tribunes délétères. Faut-il les
nommer ?
Les valeurs de la République ne sont que
des mots, si elles ne vivent pas. Emmanuel Macron aurait évoqué la nécessité,
pour y répondre, de plus de « cohésion nationale ». Décidément, le fameux « en
même temps » qu’on lui prête complaisamment n’est pas autre chose que la
duplicité d’un Janus à double face. Depuis son arrivée au pouvoir, la France
est plus fracturée que jamais par l’instrumentalisation des
« communautarismes » et de l’immigration, par le séparatisme des « premiers de
cordée », par une politique visant à étouffer toute protestation sociale.
Les valeurs de la République sont menacées. Mais c’est
par le pouvoir.

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