Le premier
ministre a annoncé, jeudi soir, un assouplissement plus limité que prévu des
restrictions au 15 décembre. Noël est épargné, mais pas le monde de la
culture.
Face à une
situation épidémique moins favorable que prévu, le gouvernement a décidé de
revoir les mesures d’assouplissement attendues le 15 décembre. « La
situation sanitaire s’est considérablement améliorée ces dernières semaines,
mais, depuis quelques jours, elle marque le pas », a résumé le premier
ministre lors d’une conférence de presse jeudi 10 décembre. « La
partie est loin d’être gagnée », a-t-il ajouté, avant de reconnaître
que l’objectif fixé par Emmanuel Macron de « passer en dessous des
5 000 cas par jour » ne serait pas atteint. 14 000 nouveaux
cas ont ainsi été comptabilisés jeudi. Les conditions climatiques, les
brassages de population liés à la réouverture des commerces et les
rassemblements engendrés par les fêtes de fin d’année font craindre « une
reprise de la deuxième vague » que le gouvernement veut à tout prix
éviter, ayant en tête le rebond épidémique survenu aux États-Unis après
Thanksgiving. Autant de facteurs qui ont poussé l’exécutif à durcir les mesures
initialement envisagées.
1/ Noël sous conditions et couvre-feu plus strict
Le
15 décembre, la France passera effectivement du confinement à un régime de
couvre-feu, qui démarrera dès 20 heures. Il sera « strictement
contrôlé, avec des possibilités de dérogations limitées », a déclaré Jean
Castex. Seule exception : le 24 décembre. Le premier ministre a
évoqué « la place à part » du soir de Noël dans la vie des
Français. Les déplacements seront donc « autorisés » ce
soir-là. Le gouvernement maintient sa recommandation de ne pas se retrouver
à « plus de six adultes à la fois ». Avant de rejoindre un proche
âgé ou vulnérable, « limitez les interactions dans les cinq jours
précédents », a suggéré Jean Castex. Si les Français échapperont aux
restrictions le soir de Noël, il n’en va pas de même pour celui du réveillon du
31. Face à « un moment traditionnellement festif » et
qui « concentre tous les facteurs d’un rebond épidémique », le
gouvernement a décidé que le soir du Nouvel An serait soumis au
couvre-feu. « Nous devons être raisonnables », a exhorté le
premier ministre, appelant à « respecter la règle » et à « rester
chez soi » afin de limiter « au maximum » les
rassemblements dans des lieux clos pouvant favoriser la circulation du virus.
2/ La culture confinée jusqu’au 7 janvier
Le
15 décembre, « si, si…, avait annoncé le président de la
République, les salles de cinéma, les théâtres, les musées pourront
reprendre leur activité ». Depuis jeudi soir, la donne a changé : « Les
rideaux de théâtre ne se lèveront pas, les écrans de cinéma ne s’illumineront
pas », a expliqué Jean Castex. Ni les cirques, ni les musées, avant
trois semaines, c’est-à-dire le 7 janvier. Encore une fois, la ministre de
la Culture, concernée au premier chef, n’était pas conviée à ce point presse…
La rumeur d’une non-réouverture des salles de spectacle et de cinéma courait
depuis quelques jours. Mais le coup est rude pour un secteur qui a toujours
appliqué à la lettre les mesures sanitaires. Tout le secteur s’était préparé à
accueillir les spectateurs en respectant un protocole rigoureux, en réaménageant
les horaires en raison du couvre-feu. La déception et la colère chez les
professionnels sont d’autant plus grandes que les images de gens agglutinés
dans les transports ou les centres commerciaux ne semblent pas déranger le
gouvernement. Même si le ministre de l’Intérieur a demandé aux « préfets
d’être vigilants » vis-à-vis des zones commerciales. Comme il fallait
s’y attendre, aucune mesure concrète compensatoire de soutien aux artistes, aux
techniciens n’a été énoncée. Le mot « intermittence » n’a même pas été
prononcé.
3/ Plus de tests, mais pas d’isolement obligatoire
Le
gouvernement en a aussi profité pour détailler l’adaptation de sa stratégie du
« tester, alerter, protéger ». Sur le premier volet du triptyque, Olivier Véran
a annoncé vouloir atteindre les 100 % (contre 75 % aujourd’hui) de
résultats obtenus « en moins de 24 heures », et « si
possible en moins de 12 heures », via un « système de
bonus-malus », dont il n’a pas précisé le mécanisme. Le ministre a
aussi dit compter sur les tests antigéniques, précisant que 250 000 avaient été
réalisés sur une semaine, un chiffre appelé à progresser. Comme prévu, des
campagnes de tests massives seront organisées dans la région du Havre et de
Charleville-Mézières à la mi-décembre, puis à Roubaix et Saint-Étienne à la
mi-janvier. Mais à la question de savoir si les Français devaient aller se
faire dépister avant Noël, il a répondu par la négative. Un afflux massif de
tests risquerait de « saturer les labos » et de conduire à du
relâchement dans les comportements. « N’utilisez pas le test comme un
totem d’immunité », a plaidé Olivier Véran. Sur la question de
l’isolement des cas positifs, le premier ministre a indiqué que l’idée
d’une « obligation » ne « faisait pas consensus ».
Le gouvernement devrait donc se contenter d’un « accompagnement
renforcé »

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