Éric Cantona incarne pour la troisième fois Thomas
Bareski, flic solitaire qui résout des enquêtes délicates en toute liberté.
LE VOYAGEUR
France 3, 21 h 5
Année 1991. Marion s’apprête à fêter ses
8 ans avec ses copains. Son père la filme, au Camescope, pendant les
préparatifs, entre rires et câlins. Quelques minutes plus tard, la fillette a
disparu. Partie ramasser des coquillages pour améliorer la décoration de la
table, elle s’est volatilisée. Ses parents hèlent un gendarme qui passe par là.
Ils poursuivent ensemble une mystérieuse moto décrite par des témoins. En
vain : on est sur la presqu’île de Noirmoutier, et la mer montante a recouvert
le passage vers le continent… Trente ans plus tard, une juge, Claire
(Lubna Azabal), rongée par cette affaire, la remet entre les mains de Thomas
Bareski, flic itinérant, qui a décidé de consacrer sa vie aux affaires non
résolues.
Sans conteste, ce troisième épisode
du Voyageur est aussi le meilleur. Éric Cantona a
désormais posé son personnage et le campe avec panache : il incarne à merveille
cet homme solitaire et bourru qui vit dans sa camionnette avec son chien
malicieux. Bareski a aussi pour vertu de prendre sur lui la douleur des autres.
En l’occurrence celle de la mère de la victime (magnifique Myriam Boyer), celle
de la juge, mais aussi celles des hommes de ce village, tous soupçonnés à un
moment, et qui en ont gardé du chagrin et de la rancœur.
Cet épisode est aussi le plus douloureux : la
disparition non résolue de cette petite fille marque forcément les esprits du
coin, mais au-delà. Si Claire fait appel à Bareski, c’est que son propre père,
gendarme, a enquêté jusqu’à la folie sur cet enlèvement, sans jamais parvenir à
coincer un coupable. Elle forme surtout avec Bareski un duo détonnant : elle
est juge, donc très attachée à la procédure. Il est en rupture de ban, et son
seul but est de rendre à la justice pieds et poings liés les coupables, quelles
qu’en soient les conséquences. L’alliance de ces deux solitudes est d’une vraie
délicatesse dans les non-dits, les regards, la complicité. Bareski sort de sa
zone de confort, et c’est pour le mieux.

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