Les sénateurs LR ont voté pour repousser l’âge de
départ à 63 ans et invitent le gouvernement à reprendre ses travaux.
En toute décontraction. Il est
19 heures, samedi au Sénat, quand la majorité LR vote un amendement. Que
prévoit-il ? Le report de l’âge de départ à la retraite à 63 ans, et
l’allongement de la durée de cotisation à 43 annuités. « En pleine
épidémie, en pleine crise sanitaire, sociale et économique, les sénateurs LR
remettent en selle la réforme des retraites du gouvernement, comme si de rien
n’était », s’indigne la sénatrice PCF Laurence Cohen.
Au moment même où la pauvreté explose, c’est encore
plus scandaleux. LAURENCE COHEN, SÉNATRICE PCF
Car l’amendement LR réactive aussi la
conférence de financement sur les retraites, qui était au cœur du projet de
l’exécutif. Elle avait été abandonnée au printemps dernier, après qu’Édouard
Philippe eut utilisé le 49-3 pour faire passer en force un texte à la fois
massivement rejeté par les Français et totalement décrédibilisé par la
situation économique liée au Covid. « La droite fait comme si tout cela
n’existait pas. Et elle a refusé toutes nos propositions de financement
permettant de ne pas pousser l’âge de départ, car son objectif est au final de
livrer les retraites aux assurances privées. Au moment même où la pauvreté
explose, c’est encore plus scandaleux », ajoute Laurence Cohen.
Lire aussi : Retraites et
chômage : Castex ira au bout... mais plus tard
La fin des exonérations et des régimes spéciaux pour
les revenus du capital, la modulation des cotisations sociales et patronales et
l’égalité salariale entre les hommes et les femmes rapporteraient pourtant plus
de 130 milliards d’euros aux caisses de retraite. « Mais
l’urgence, c’est évidemment de travailler plus longtemps, alors que des
centaines de milliers de jeunes sont au chômage… », ironise la parlementaire
communiste. Reste à savoir si le gouvernement et la majorité LaREM, sauteront
sur cet amendement lors du retour du texte consacré au budget de la Sécurité
sociale à l’Assemblée nationale. « L’exécutif a tout intérêt à ne pas
mettre le feu aux poudres avec un projet aussi rétrograde et clivant », prévient
Laurence Cohen.

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